La Libye, un nouvel Irak ?

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Re: La Libye, un nouvel Irak ?

Message  Non2 le Dim 10 Avr - 4:44

Loatse a écrit:rhooôoo, un adepte du docteur guillotin !!! :affraid:
Non, pas vraiment, même si parfois des monstruosités et des hypocrisies m'y font penser ...
Loatse a écrit:Manque de bol pour la France (et la Libye), on ne nous a pas demandé notre avis... Sad
Tu en connais beaucoup, des décisions de première importance pour lesquelles on demande l'avis des gens ? :evil:

PS : désolé de ne répondre qu'après avoir posté mon propre article, mais j'en ai profité que j'avais mon [Ctrl]+[C] disponible ...

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Re: La Libye, un nouvel Irak ?

Message  Non2 le Dim 10 Avr - 5:06

Pour ce post : http://luniverselle.forumactif.org/t708p60-la-libye-un-nouvel-irak#7218 , j'ai la mention "interdite dans votre pays". Pour y avoir accès lorsque c'est le cas, le plus facile est d'aller ici : http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=24095 et cliquer sur la phrase en bleu (lien) "Il a dit auparavant" qui se trouve quelques lignes avant le titre "La propagande guerrière". Ainsi l'appel de la vidéo se fait depuis le Canada et on peut la voir.

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Re: La Libye, un nouvel Irak ?

Message  Non2 le Jeu 14 Avr - 23:36

Dans les articles que je découvre aujourd'hui, il y en a deux qui me paraissent essentiels sur le fond, tous deux trouvés sur le réseau Voltaire. L'un concerne l'implication européenne dans la guerre contre la Libye, et l'autre concernant les nouvelles façons de faire des États-Unis, la fin de la globalisation forcée et des guerres d'occupation et la sous-traitance des guerres US à l'OTAN.

http://www.voltairenet.org/article169417.html
Libye : l’ « aide humanitaire » des groupes de combat de l’UE se prépare
par Manlio Dinucci*

Après la Bosnie-Herzégovine (2004), la RDC (2006), le Tchad et la Républicaine centrafricaine (2008), la Force d’intervention militaire de l’Union européenne va se déployer en Libye. Dotée d’un budget de 7,9 millions d’euros répartis entre les États membres, elle sera mobilisable sur requête de l’Office humanitaire des Nations Unies (OCHA) et devrait fournir des moyens de transports, de soins, et de communication. A la différence des missions précédentes, l’Eufor pourrait se trouver en situation réelle de combat, ce qui l’intégrerait de facto dans l’opération de l’OTAN.

Après avoir refusé de participer à la guerre en Libye, le gouvernement allemand se ravise : l’Allemagne — a annoncé le ministre des Affaires étrangères Guido Westerwelle — est prête à envoyer des troupes pour « fournir de l’aide humanitaire aux civils libyens ». Elles feront partie de l’opération « Eufor Libya » (Force de l’Union européenne en Libye), que l’UE s’apprête à lancer. L’objectif officiel est de « soutenir les agences humanitaires dans leurs activités ». Les groupes de combat de l’UE s’en occuperont, en habits de « coopérants ».

Ce sont des groupes militaires de la dimension d’un bataillon, chacun de 1 500 soldats, hautement entraînés pour être projetés avec un préavis de 15 jours dans des « zones de crise lointaines, comme celles des États défaillants ». Les groupes de combat, employés généralement « mais non exclusivement » sur mandat de l’ONU, conduisent des « opérations de combat dans un environnement extrêmement hostile (désert, jungle, etc.) ». Leur mission est de « préparer le terrain à de plus grandes forces de maintien de la paix »

Le quartier général de l’opération « Eufor Libya », dont dépendent les groupes de comnbat de l’UE, est localisé à Rome, sur l’aéroport « Francesco Baracca » de Centocelle. Commandé par le contre-amiral Claudio Gaudiosi de l’état-major italien. Il fait partie du Commandement opérationnel du sommet inter forces (Coi), qui planifie et dirige les opérations militaires à l’étranger, ainsi que les manœuvres interforces et multinationales dans le cadre de l’OTAN. Le « mérite » de la constitution de la Coi, par la loi n. 25 du 18 février 1977, revient au premier gouvernement Prodi (centre-gauche NdT) qui lança la restructuration des sommets des forces armées, en augmentant les pouvoirs du chef d’état-major concernant les opérations militaires à l’étranger. Juste à temps pour la guerre contre la Yougoslavie et les suivantes en Afghanistan, Irak et Libye, auxquelles ont participé les forces militaires italiennes. Le Coi a maintenant une ultérieure satisfaction : l’attribution au contre-amiral Gaudiosi du commandement des groupes de combat de l’UE pour l’opération « Eufor Libya ».

Étant donné que les USA ne sont pas disponibles pour envoyer des troupes en Libye, celles de l’UE entrent en jeu. Ce sera leur premier véritable test sur le terrain. Tandis que les plus grandes puissances européennes, mais pas l’Allemagne, participent individuellement à l’opération « Protecteur unifié » sous le commandement de l’OTAN (c’est-à-dire étasunien), en attaquant depuis le ciel et la mer les forces gouvernementales libyennes afin d’ouvrir la voie aux rebelles, l’Union européenne en tant que telle s’apprête à débarquer des troupes militaires en Libye. Formellement pour fournir de l’aide humanitaire aux civils, en réalité pour soutenir les rebelles et préparer le terrain à des forces plus grandes de « maintien de la paix » sous drapeau européen, OTAN ou autre. Leur premier objectif sera d’occuper les zones clé de l’industrie énergétique libyenne, formellement pour les protéger des forces de Kadhafi ou pour garantir un cessez-le-feu, en réalité pour couper Tripoli de sa source fondamentale de revenus.

Deux scénarios se dessinent ainsi : ou une Libye « balkanisée », divisée en deux ou plusieurs états ethnico-tribaux, avec les plus grosses réserves énergétiques aux mains d’un gouvernement ami disposé à toute concession, ou une situation de type irako-afghan, avec le renversement de Kadhafi et son remplacement par un administrateur des intérêts coloniaux des États-Unis et de l’Europe unie.
Manlio Dinucci
Traduction Marie-Ange Patrizio
Source Il Manifesto (Italie)
http://www.voltairenet.org/article169417.html

http://www.voltairenet.org/article169393.html
La Libye et la nouvelle doctrine stratégique US
par Thierry Meyssan

L’opération militaire alliée en Libye marque un changement stratégique majeur. Washington a renoncé à une guerre d’occupation et a sous-traité à ses alliés les opérations terrestres à venir. Thierry Meyssan décrit le nouveau paradigme stratégique des Etats-Unis : la globalisation forcée est interrompue, l’ère des deux mondes commence.

On dit souvent que les généraux ne voient pas venir les changements et préparent la prochaine guerre comme si elle devait ressembler à la précédente. Il en va de même pour les commentateurs politiques : ils interprètent les nouveaux événements non pour ce qu’ils sont, mais comme s’ils répétaient ceux qui les ont précédés.

Lorsque des mouvements populaires ont renversé Zine el-Abidine Ben Ali en Tunisie et Hosni Moubarak en Égypte, beaucoup ont cru assister à une « révolution du jasmin » [1]et une « révolution du lotus » [2], à la manière des révolutions colorées que la CIA et la NED ont organisées à la chaine depuis la disparition de l’URSS. Certains faits semblaient leur donner raison, comme la présence d’agitateurs serbes au Caire ou la diffusion de matériels de propagande [3]. Mais la réalité était toute différente. Ces révoltes étaient populaires et Washington tentait sans succès de les détourner à son profit. En définitive, les Tunisiens et les Égyptiens n’aspiraient pas à l’American Way of Life, mais au contraire à se débarrasser de gouvernements fantoches manipulés par les États-Unis.

Lorsque des troubles sont survenus en Libye, ces mêmes commentateurs ont essayé de récupérer leur retard sur la réalité en nous expliquant que, cette fois-ci, il s’agissait d’un soulèvement populaire contre le dictateur Kadhafi. Ils accompagnaient alors leurs éditoriaux de doux mensonges présentant le colonel comme un éternel ennemi de la démocratie occidentale, oubliant qu’il collaborait activement avec les États-Unis depuis huit ans [4].

Pourtant, à y regarder de plus près, ce qui se passe en Libye est d’abord la résurgence de l’antagonisme historique entre la Cyrénaïque d’un côté, la Tripolitaine et le Fezzan de l’autre. Ce n’est que secondairement que ce conflit a pris une coloration politique, l’insurrection s’identifiant avec les monarchistes, bientôt rejoints par toutes sortes de groupes d’opposition (nassériens, khomeinyistes, communistes, islamistes etc…). En définitive. À aucun moment l’insurrection ne s’est étendue à l’ensemble du pays.

Toute voix qui dénonce la fabrication et l’instrumentation de ce conflit par un cartel colonial rencontre des protestations. L’opinion majoritaire admet que l’intervention militaire étrangère permet au peuple libyen de se libérer de son tyran, et que les bavures de la coalition ne peuvent être pires que les crimes de ce génocidaire.
Or, l’Histoire a déjà démontré la fausseté de ce raisonnement. Par exemple, nombre d’Irakiens opposés à Saddam Hussein et qui ont accueilli en sauveurs les troupes occidentales disent, huit ans et un million de morts plus tard, que la vie était meilleure dans leur pays du temps du despote.

Surtout, ce jugement se fonde sur une série de convictions erronées :

- Contrairement à ce qu’affirme la propagande occidentale et à ce que semble créditer la proximité chronologique et géographique avec la Tunisie et l’Égypte, le peuple libyen ne s’est pas soulevé contre le régime de Kadhafi. Celui-ci dispose encore de légitimité populaire en Tripolitaine et au Fezzan ; régions où le colonel a fait distribuer des armes à la population pour résister à l’avance des insurgés de Cyrénaïque et des puissances étrangères.

- Contrairement à ce qu’affirme la propagande occidentale et à ce que semblent accréditer des déclarations furieuses du « frère Guide » lui-même, Kadhafi n’a jamais bombardé sa population civile. Il a fait usage de la force militaire contre des putschistes sans prendre garde aux conséquences pour la population civile. Cette distinction n’a pas d’importance pour les victimes, mais en droit international elle sépare les crimes de guerre des crimes contre l’humanité.

- Enfin, contrairement à ce qu’affirme la propagande occidentale et au romantisme révolutionnaire d’opérette de Bernard Henry Lévy, la révolte de Cyrénaïque n’a rien de spontanée. Elle a été préparée par la DGSE, le MI6 et la CIA. Pour constituer le Conseil national de transition, les Français se sont appuyés sur les renseignements et les contacts de Massoud El-Mesmari, l’ex-compagnon et confident de Kadhafi qui a fait défection en novembre 2010 et a reçu asile à Paris [5]. Pour rétablir la monarchie, les Britanniques ont réactivé les réseaux du prince Mohammed el-Senoussi, prétendant au trône du Royaume-Uni de Lybie, actuellement réfugié à Londres, et ont distribué partout le drapeau rouge-noir-vert au croissant et à l’étoile [6]. Les États-uniens ont pris le contrôle économique et militaire en rapatriant de Washington des Libyens en exil pour occuper les principaux ministères et l’état-major du Conseil national de transition.

Au demeurant, ce débat sur la pertinence de l’intervention internationale est l’arbre qui cache la forêt. Si nous prenons un peu de recul, nous nous rendons compte que la stratégie des grandes puissances occidentales a changé. Certes, elles continuent à user et à abuser de la rhétorique de la prévention du génocide et du devoir d’intervention humanitaire des grands frères, voire du soutien fraternel aux peuples en lutte pour leur liberté pourvu qu’ils ouvrent leurs marchés, mais leurs actes sont différents.

La « doctrine Obama »

Dans son discours à la National Defense University, le président Obama a défini plusieurs aspects de sa doctrine stratégique en soulignant ce qui la distinguait de celles de ses prédécesseurs, Bill Clinton et George W. Bush [7].

Il a d’abord déclaré : « En un mois seulement, les États-Unis ont réussi, avec leurs partenaires internationaux, à mobiliser une vaste coalition, à obtenir un mandat international de protection des civils, à stopper l’avance d’une armée, à éviter un massacre et à établir, avec leurs alliés et partenaires, une zone d’exclusion aérienne. Pour bien mettre en perspective la rapidité de notre réaction militaire et diplomatique, rappelons que dans les années 1990, lorsque des populations se faisaient brutaliser en Bosnie, il a fallu plus d’un an à la communauté internationale pour intervenir avec des moyens aériens afin de protéger ces civils. Il nous a fallu cette fois seulement 31 jours. »

Cette rapidité contraste avec la période de Bill Clinton. Elle s’explique de deux manières.
D’une part les États-Unis de 2011 ont un projet cohérent —nous allons voire lequel—, alors que dans les années 90, ils hésitaient entre profiter de la disparition de l’URSS pour s’enrichir commercialement ou pour édifier un empire sans rival.
D’autre part, la politique de la « réinitialisation » (reset) de l’administration Obama, visant à substituer la négociation à l’affrontement, a porté partiellement ses fruits avec la Russie. Bien que celle-ci soit une des grandes perdantes économiques de la guerre de Libye, elle en a accepté le principe — même si les nationalistes Vladimir Poutine [8]ou Vladimir Chamov [9] en ont des aigreurs d’estomac—.

Puis, dans le même discours du 28 mars 2011, Obama a poursuivi : « Notre alliance la plus efficace, l’OTAN, a pris le commandement de l’application de l’embargo sur les armes et de la zone d’exclusion aérienne. Hier soir, l’OTAN a décidé de prendre la responsabilité supplémentaire de la protection des civils libyens. (…) Les États-Unis joueront (…) un rôle d’appui - notamment au niveau du renseignement, du soutien logistique, de l’assistance à la recherche et au sauvetage, et du brouillage des communications du régime. Du fait de cette transition vers une coalition plus vaste, fondée sur l’OTAN, les risques et les coûts de ces opérations - pour nos soldats et nos contribuables - se trouveront considérablement réduits. »

Après avoir mis la France en avant et avoir feint de traîner les pieds, Washington a admis avoir « coordonné » toutes les opérations militaires depuis le début. Mais ce fut pour annoncer immédiatement le transfert de cette responsabilité à l’OTAN.
En termes de communication intérieure, on comprend bien que le Prix Nobel de la paix Barack Obama ne souhaitait pas donner l’image d’un président entrainant son pays dans une troisième guerre en terre d’islam après l’Afghanistan et l’Irak. Néanmoins cette question de relations publiques ne doit pas faire oublier l’essentiel : Washington ne veut plus être le gendarme de la planète, mais entend exercer un leadership sur les grandes puissances, intervenir au nom de leur intérêt collectif et en mutualisant les coûts. Dans cette perspective, l’OTAN est appelée à devenir la structure de coordination militaire par excellence, à laquelle la Russie, voire plus tard la Chine, devraient être associées.

Enfin, le président Obama a conclu à la National Defense University : « Il y aura des occasions où notre sécurité ne sera pas directement menacée mais où nos intérêts et nos valeurs le seront. L’histoire nous met face à face parfois avec des défis qui menacent notre humanité et notre sécurité communes - intervenir dans le cas de catastrophes naturelles, par exemple ; ou prévenir un génocide et préserver la paix ; assurer la sécurité régionale et maintenir le flot du commerce. Ce ne sont peut-être pas des problèmes uniquement américains mais ils nous sont importants. Ce sont des problèmes qui méritent d’être résolus. Et dans ces circonstances, nous savons que les États-Unis, en tant que nation la plus puissante du monde, seront souvent appelés à apporter leur aide ».

Barack Obama rompt avec le discours enflammé de George W. Bush qui prétendait étendre au monde entier l’American Way of Life par la force des baïonnettes. S’il admet déployer des moyens militaires pour des causes humanitaires ou des opérations de maintien de la paix, il n’envisage la guerre que pour « assurer la sécurité régionale et maintenir le flot du commerce ».

Ceci mérite une explication approfondie.

Le changement stratégique

Par convention ou par commodité, les historiens appellent chaque doctrine stratégique du nom du président qui la met en œuvre. En réalité, la doctrine stratégique est aujourd’hui élaborée au Pentagone et non plus à la Maison-Blanche. Le changement fondamental n’a pas eu lieu avec l’entrée de Barack Obama dans le Bureau ovale (janvier 2009), mais avec celle de Robert Gates au Pentagone (décembre 2006). Les deux dernières années de la présidence Bush ne ressortent donc pas de la « doctrine Bush », mais préfigurent la « doctrine Obama ». Et c’est parce qu’il vient de triompher que Robert Gates envisage de se retirer avec la fierté du travail accompli [10].

Pour me faire mieux comprendre, je distinguerai donc une « doctrine Rumsfeld » et une « doctrine Gates ».
Dans la première, l’objectif est de changer les régimes politiques, un à un, partout dans le monde, jusqu’à ce qu’ils soient tous compatibles avec celui des États-Unis. Ce qui est appelé « démocratie de marché » étant en réalité un système oligarchique dans lequel de pseudos-citoyens sont protégés de l’arbitraire de l’État et peuvent choisir leurs gouvernants à défaut de pouvoir choisir leurs politiques.
Cet objectif a conduit à l’organisation de révolutions colorées comme à l’occupation de l’Afghanistan et de l’Irak.

Or, indique Barack Obama dans le même discours : « Grâce aux sacrifices extraordinaires de nos troupes et la détermination de nos diplomates, nous sommes pleins d’espoir quant à l’avenir de l’Irak. Mais le changement de régime a pris huit ans, a coûté des milliers de vies américaines et irakiennes et près de mille milliards de dollars. Nous ne pouvons nous permettre que cela se reproduise en Libye. »

Bref, cet objectif d’une Pax Americana, qui à la fois protégerait et dominerait tous les peuples de la terre, est économiquement irréalisable. De même d’ailleurs que l’idéal de convertir l’humanité entière à l’American Way of Life.

Une autre vision impériale, plus réaliste, s’est progressivement imposée au Pentagone. Elle a été vulgarisée, par Thomas P. M. Barnett dans son ouvrage The Pentagon’s New Map. War and Peace in the Twenty-First Century (La Nouvelle carte du Pentagone. Guerre et paix au XXIe siècle).

Le monde futur serait divisé en deux. D’un côté le centre stable, constitué autour des États-Unis par des pays développés et plus ou moins démocratiques. De l’autre une périphérie, livrée à elle même, en proie au sous-développement et à la violence. Le rôle du Pentagone serait alors de garantir l’accès du monde civilisé qui en a besoin aux richesses naturelles de la périphérie qui ne sait pas s’en servir.

Cette vision suppose que les États-Unis en soient plus en compétition avec les autres États développés, mais deviennent leur leader de sécurité. Cela paraît posible avec la Russie, dans la mesure où le président Dmitry Medvedev a ouvert la voie à une collaboration avec l’OTAN lors du défilé commémoratif de la fin de la Seconde Guerre mondiale, puis lors du sommet de Lisbonne. Ce sera peut-être plus compliqué avec la Chine dont la nouvelle équipe dirigeante semble plus nationaliste que la précédente.

La division du monde en deux zones, stable et chaotique, où la seconde n’est que le réservoir de richesses naturelles de la première, pose évidemment la question des délimitations. Dans l’ouvrage de Barnett (2004), les Balkans, l’Asie centrale, presque toute l’Afrique, les Andes et l’Amérique centrale sont rejetées dans les ténèbres. Trois États membres du G20 —dont un est également membre de l’OTAN— sont voués au chaos : la Turquie, l’Arabie saoudite et l’Indonésie. Cette carte n’est pas figée et des repêchages restent possibles. Ainsi, l’Arabie saoudite est en train de gagner ses galons en écrasant dans le sang la révolte à Bahreïn.

Puisqu’il n’est plus question d’occuper de pays, mais uniquement de tenir des zones d’exploitation et de procéder à des raids lorsque c’est nécessaire, le Pentagone se doit d’étendre à toute la périphérie le processus de fragmentation, de « remodelage », amorcé au « Proche-Orient élargi » (Greater Middle-East). Le but de la guerre n’est plus l’exploitation directe d’un territoire, mais la déstructuration de toute possibilité de résistance. Le Pentagone se concentre sur le contrôle des voies maritimes et les opérations aériennes pour sous-traiter autant que possible les opérations terrestres à ses alliés. C’est ce phénomène qui vient de débuter en Afrique avec la partition du Soudan et les guerres de Libye et de Côte d’Ivoire.

Si, au regard du discours démocratique, le renversement du régime de Mouammar Kadhafi serait un objectif gratifiant, il n’est ni nécessaire, ni souhaitable du point de vue du Pentagone. Dans la « doctrine Gates », mieux vaut le maintien d’un Kadhafi hystérique et humilié dans un réduit tripolitain qu’une Grande Libye capable un jour de résister à nouveau à l’impérialisme.

Bien sûr cette nouvelle vision stratégique n’ira pas sans mal. Il y aura ces flux de migrants, toujours plus nombreux, fuyant l’enfer de la périphérie pour accéder au paradis du centre. Et il y aura ces incorrigibles humanistes pour penser que le paradis des uns ne doit pas s’édifier sur l’enfer des autres.

C’est ce projet qui est en jeu en Libye et c’est par rapport à lui que chacun doit se déterminer.

Thierry Meyssan
Source Komsomolskaïa Pravda (Fédération de Russie)

[1] « Washington face à la colère du peuple tunisien », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 23 janvier 2011.
[2] « L’Égypte au bord du sang », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 31 janvier 2011.
[3] « Le manuel états-unien pour une révolution colorée en Égypte », Réseau Voltaire, 1er mars 2011.
[4] « Mon album de famille, par Mouammar Kadhafi » (pastiche), Réseau Voltaire, 25 mars 2011.
[5] « La France préparait depuis novembre le renversement de Kadhafi », par Franco Bechis, Réseau Voltaire, 24 mars 2011.
[6] « Quand flottent sur les places libyennes les drapeaux du roi Idris », par Manlio Dinucci, Réseau Voltaire, 1er mars 2011.
[7] « Allocution à la Nation sur la Libye », par Barack Obama, Réseau Voltaire, 28 mars 2011.
[8] « Remarks on the situation in Libya », par Vladimir V. Putin, Voltaire Network, 21 mars 2011.
[9] « L’ambassadeur Chamov accuse Medvedev de trahison en Libye », Réseau Voltaire, 26 mars 2011.
[10] « Robert Gates sur le départ », Réseau Voltaire, 7 avril 2011.
http://www.voltairenet.org/article169393.html


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Re: La Libye, un nouvel Irak ?

Message  Loatse le Dim 1 Mai - 4:11

Bordel de merde ! (scusez moi, je suis en colère !)

Communiqué de l'OTAN /

L’Otan a assuré ne pas viser des individus dans ses frappes.....

«toutes les cibles de l’Otan sont de nature militaire et ont été clairement liées aux attaques systématiques du régime Kadhafi sur la population libyenne et les zones peuplées. Nous ne visons pas les individus», a souligné le général Bouchard.

Or,

Le porte-parole du gouvernement libyen a annoncé que le plus jeune fils du leader libyen Mouammar Kadhafi, Saif al-Arab Kadhafi, ainsi que trois de ses petits-enfants, avaient été tués dans la nuit de samedi à dimanche au cours d’une frappe aérienne de l’Otan, à laquelle le leader libyen aurait échappé.

«Il s’agissait d’une opération visant à assassiner directement le dirigeant de ce pays», a accusé le porte-parole.

Samedi soir, trois explosions avaient été entendues à Tripoli en provenance du secteur de Bab al-Aziziya, qui abrite le complexe du colonel Kadhafi, après un survol d’avions de l’Otan.

On va finir par nous faire croire que les pauvres petits enfants (tous trois agés de moins de 12 ans) dormaient dans des installations militaires !!!!

Abject !!!

ps : je rappele qu'en 1986, un déluge de bombes américaines s'étaient abattues sur l'une des résidences de Muhammar kadhafi tuant sa fille adoptive...






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Re: La Libye, un nouvel Irak ?

Message  Non2 le Dim 1 Mai - 5:30

Où qu'on regarde, il n'y a pas beaucoup d'uniformes parmi les victimes des bombardements ...


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Re: La Libye, un nouvel Irak ?

Message  Loatse le Dim 1 Mai - 12:55

Ce ne sont "que" des dommages collatéraux disent ils..... Sad

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Re: La Libye, un nouvel Irak ?

Message  Non2 le Lun 2 Mai - 18:41

Couler l'Afrique serait bien le but de l'agression de la Libye :
http://bellaciao.org/fr/spip.php?article116698
de : Manlio Dinucci
lundi 2 mai 2011 (23h27)
Traduction : m-a patrizio

L’invasion de la Libye, contrairement à ce qui se dit, a déjà commencé.

Sont en train de l’effectuer les unités d’assaut qui, opérant depuis longtemps sur le territoire libyen, ont préparé la guerre : ce sont les puissantes compagnies pétrolières et les banques d’investissement étasuniennes et européennes.

Quels sont les intérêts en jeu ? Cela émerge d’un article du Wall Street Journal, le réputé quotidien d’affaires et de finance (For West’s Oil Firms, No Love Lost in Libya). Après l‘abolition des sanctions en 2003, les compagnies pétrolières occidentales ont afflué en Libye avec de grandes attentes, mais ont été déçues. Le gouvernement libyen, sur la base d’un système connu sous le nom d’Epsa-4, concédait les licences d’exploitation aux compagnies étrangères qui laissaient à la compagnie étatique (National Oil Corporation of Libya, Noc) le pourcentage le plus élevé du pétrole extrait : étant donnée la forte compétition, ce pourcentage arrivait à environ 90%. « Les contrats Epsa-4 étaient ceux qui, à l’échelle mondiale, contenaient les termes les plus durs pour les compagnies pétrolières », dit Bob Fryklund, auparavant président de la société étasunienne ConocoPhillips en Libye.

Les raisons apparaissent ainsi clairement -par une opération décidée non pas à Bengazi mais à Washington, Londres et Paris- de la création par le Conseil national de transition de la « Libyan Oil Company » : un involucre vide, semblable à une des sociétés clé en mains, prêtes pour les investisseurs dans les paradis fiscaux. Elle est destinée à se substituer à la Noc, quand les « volontaires » auront pris le contrôle des zones pétrolifères. Sa mission sera de concéder des licences à des conditions extrêmement favorables pour les compagnies étasuniennes, britanniques et françaises. Seraient par contre pénalisées les compagnies qui, avant la guerre, étaient les principales productrices de pétrole en Libye : avant tout l’Eni (Société nationale des hydrocarbures, italienne, NdT) qui a payé en 2007 un milliard de dollars pour s’assurer les concessions jusqu’en 2042, et l’allemande Wintershall qui venait au deuxième rang. Plus pénalisées encore seraient les compagnies russes et chinoises, à qui Kadhafi a promis le 14 mars (2011) de donner les concessions pétrolières retirées aux compagnies européennes et étasuniennes. Les plans des « volontaires » prévoient aussi la privatisation de la compagnie d’Etat, qui serait imposée par le Fond Monétaire International en échange d’ « aides » pour la reconstruction des industries et infrastructures détruites par les bombardements des « volontaires » mêmes.

Il apparaît aussi clairement pourquoi a été créée, en même temps, à Bengazi, la « Central Bank of Libya », autre involucre vide mais avec une mission future importante : celle de gérer formellement les fonds souverains libyens -plus de 150 milliards de dollars que l’Etat libyen avait investi à l’étranger- quand ils seront « dégelés » par les Etats-Unis et par les plus grandes puissances européennes. Qui les gèrera effectivement est démontré par le colosse bancaire britannique Hsbc, principal « gardien » des investissements libyens « congelés » au Royaume Uni (environ 25 milliards d’euros) : une équipe de hauts fonctionnaires Hsbc est déjà au travail à Bengazi pour lancer la nouvelle « Central Bank of Libya ». Il sera facile pour Hsbc et d’autres grandes banques d’investissement d’orienter les investissements libyens en fonction de leurs stratégies.

Un de leurs objectifs est de couler les organismes financiers de l’Union africaine, dont la naissance a été rendue possible en grande partie par les investissements libyens : la Banque africaine d’investissement, avec siège à Tripoli ; la Banque centrale africaine, siège à Abuja (Nigeria) ; le Fond monétaire africain, siège à Yaoundé (Cameroun). Ce dernier, avec un capital programmé à plus de 40 milliards de dollars, pourrait supplanter en Afrique le Fond monétaire international, qui a jusqu’à présent dominé les économies africaines en ouvrant la voie aux multinationales et aux banques d’investissement étasuniennes et européennes. En attaquant la Libye, les « volontaires » (1) essaient de couler les organismes qui pourraient un jour rendre possible l’autonomie financière de l’Afrique.

(1) L’auteur se réfère ici à la communauté internationale

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

Edition de dimanche 1er mai 2011 de il manifesto

http://www.ilmanifesto.it/archivi/fuoripagina/anno/2011/mese/04/articolo/4553/

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Re: La Libye, un nouvel Irak ?

Message  Loatse le Mar 3 Mai - 8:40


mais... les russes et les chinois vont-ils accepter sans rien dire que la promesse de concession prétrolière leur soit soufflée sous le nez par les occidentaux ????

Les Etats unis et l'europe prendraient ils le risque de se facher avec la chine alors que la bank of china a ses succursales à Bruxelles et aux USA, que le yuan va s'imposer sur les marchés boursiers, qu'une rupture des échanges entre nos pays et la chine risque de provoquer la faillite de l'oncle sam et par voie de conséquence la nôtre... ????

Quand aux russes, Je n'imagine même pas la tête à poutine si on leur fait un coup pareil....




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Re: La Libye, un nouvel Irak ?

Message  Non2 le Mar 3 Mai - 9:59

Les USA et l'Europe ont déjà pris le risque de se fâcher avec la Chine et la Russie. Un des buts des l'agression de la Libye est de les empêcher de s'implanter en Afrique. Regarde sur la carte, compte le nombre de pays qu'ils doivent survoler pour intervenir et note lesquels ce sont.



La question est donc plus "la Russie et la Chine seraient-elles disposées à déclencher une nouvelle guerre mondiale pour sauvegarder leurs intérêts en Libye ?". Et auraient-ils les moyens de ravitaillement nécessaires pour ce faire ? Lorsque la guerre est choisie comme moyen d'arriver à ses fins comme l'ont choisi nos pays, les équilibres entre monnaies ne comptent plus, ou en tous cas beaucoup moins qu'en temps normal. Ces équilibres seront rétablis plus tard par le vainqueur.

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Re: La Libye, un nouvel Irak ?

Message  Loatse le Mar 3 Mai - 11:08

J'ai tout de même un doute... A qui la chine vendrait elle le produit de son industrie si prolifique si l'Europe et les Etats unis n'étaient plus ses clients ???

Qui y perdrait le plus, finalement ?

M'enfin j'ai du mal à comprendre cette guerre autour de quelques puits de pétrole.. Puisque d'une manière ou d'une autre, ces réserves ne sont pas inépuisables.. que petit à petit d'autres sources d'énergie se mettent en place, qu'il y a d'autres matières qui remplacent avantageusement le pétrole et donc le plastique. Evidemment ce sont des matières plus résistantes, ce qui ne ferait pas le bonheur des marchands de produits que l'on se doit de renouveller souvent...

Idem pour les grands groupes pétroliers, les états pour qui les taxes sur le pétrole sont une mine d'or...

Incroyable, ta carte, non 2 ! Je me suis demandée si j'avais la berlue en constatant que les pays qui séparent la chine de la libye sont... l'afghanistan, l'Iran, la Syrie et l'Egypte... Ca bouge pas mal là bas en ce moment ! Suspect




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Re: La Libye, un nouvel Irak ?

Message  Non2 le Mar 3 Mai - 11:44

Loatse a écrit:J'ai tout de même un doute... A qui la chine vendrait elle le produit de son industrie si prolifique si l'Europe et les Etats unis n'étaient plus ses clients ???

Qui y perdrait le plus, finalement ?
Admettons que la Chine devienne la puissance globale dominante, que lui servirait de rester l'usine du monde ? Le contrôle des marchés lui rapporterait plus et elle pourrait déléguer la production aux pays vaincus.
Loatse a écrit:M'enfin j'ai du mal à comprendre cette guerre autour de quelques puits de pétrole.. Puisque d'une manière ou d'une autre, ces réserves ne sont pas inépuisables.. que petit à petit d'autres sources d'énergie se mettent en place, qu'il y a d'autres matières qui remplacent avantageusement le pétrole et donc le plastique. Evidemment ce sont des matières plus résistantes, ce qui ne ferait pas le bonheur des marchands de produits que l'on se doit de renouveller souvent...

Idem pour les grands groupes pétroliers, les états pour qui les taxes sur le pétrole sont une mine d'or...
La question reste posée, mais le capitalisme a une vue sur les profits à court terme.
Loatse a écrit:Incroyable, ta carte, non 2 ! Je me suis demandée si j'avais la berlue en constatant que les pays qui séparent la chine de la libye sont... l'afghanistan, l'Iran, la Syrie et l'Egypte... Ca bouge pas mal là bas en ce moment ! Suspect
Tu commences à comprendre les intérêts géostratégiques de ces pays ? Mais tu as loupé quelques pays, comme l'Arabie Saoudite et Israël. Et pour la Russie, il y a la Turquie et le Grèce.

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Re: La Libye, un nouvel Irak ?

Message  Non2 le Sam 14 Mai - 4:30

L'implication de la monarchie saoudienne est énorme dans les contre-révolutions, en Libye, en Syrie, au Bahreïn, à tel point que des généraux US s'étonnent de devoir se fier, pour leurs bombardements, à des hommes connus pour être des hommes de Ben Laden ! (voir "La contre-révolution au Proche-Orient")

Extrait :
...
En Libye, les Sudairi ont transféré des combattants armés en Cyrénaïque avant que les franco-britanniques ne donnent le signal de l’insurrection contre le pouvoir de la Tripolitaine. Ce sont eux qui ont distribué des armes et des drapeaux rouge-noir-vert à l’étoile et au croissant, symboles de la monarchie senoussi, protectrice historique des Frères musulmans.
Leur objectif est d’en finir avec le trublion Kadhafi et de restaurer le prince Mohammed sur le trône de ce qui était jadis le Royaume-Uni de Libye.
C’est le Conseil de coopération du Golfe qui, le premier, a demandé une intervention armée contre le gouvernement de Tripoli. Et c’est, au sein du Conseil, la délégation saoudienne qui a conduit les manœuvres diplomatiques pour que la Ligue arabe cautionne l’attaque par les armées occidentales.
De son côté le colonel Kadhafi avait assuré dans plusieurs discours qu’il n’y avait pas de révolution en Cyrénaïque, mais que son pays devait faire face à une opération de déstabilisation d’Al Qaïda ; des propos qui ont fait sourire, à tort, et qui furent confirmés par le commandeur de l’US Africom en personne : on se souvient du malaise du général Carter F. Ham, commandant des premières opérations militaires états-uniennes avant qu’il ne soit relevé par l’OTAN. Il s’était étonné de devoir choisir ses cibles en s’appuyant sur des espions au sol connus pour avoir combattu les forces alliées en Afghanistan : en clair, les hommes de Ben Laden.

Le Bahreïn, quant à lui, se présente comme un royaume indépendant depuis 1971. En réalité, il est toujours un territoire gouverné par les Britanniques. Ceux-ci avaient choisi en leur temps comme Premier ministre le prince Khalifa et l’ont maintenu à ce poste depuis 40 ans sans discontinuer, après la fiction d’indépendance et encore aujourd’hui. Une continuité qui n’est pas pour déplaire aux Sudairi.
Le roi Hamad a accordé une concession aux États-Unis qui ont installé au port de Juffair le quartier général naval du Central Command et la Ve flotte. Dans ces conditions, la demande populaire de monarchie constitutionnelle signifie l’accès à une véritable indépendance, la fin de la tutelle britannique, et le départ des troupes US. Une telle évolution ne manquerait pas de faire tâche d’huile en Arabie saoudite et de menacer les bases du système.
Les Sudairi ont convaincu le roi du Bahreïn d’écraser tout espoir populaire dans le sang.

Le 13 mars, le secrétaire US à la Défense Robert Gates est venu installer la coordination des opérations à Manama, lesquelles ont débuté le lendemain avec l’entrée de troupes spéciales saoudiennes, placées sous le commandement du prince Nayef et connues comme « les Aigles de Nayef ».
En quelques jours, tous les symboles de la contestation ont été détruits, y compris le monument public érigé jadis sur la place de la Perle. Des centaines de personnes sont mortes ou portées disparues. La torture —qui avait été presque abandonnée depuis une dizaine d’années— a été à nouveau généralisée. Les médecins et infirmiers qui ont soigné des manifestants blessés ont été arrêtés dans leurs hôpitaux, incarcérés au secret, puis traduits devant des tribunaux militaires.
...
http://www.voltairenet.org/article169815.html

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Re: La Libye, un nouvel Irak ?

Message  Non2 le Dim 5 Juin - 10:15

Après avoir fait des tests d'interopérabilité entre les matériels européens et étasuniens, le blocus du port de Tripoli a été renforcé et les hélicoptères français, britanniques et étasuniens sont venus en renfort de l'aviation très probablement pour préparer l'invasion de la Libye.

Extrait de "LIBYE : Les hélicoptères de combat préparent le débarquement" :
...

Comme le Congrès a confirmé l’opposition de Washington à envoyer des troupes en Libye, pour ne pas s’embourber dans une autre guerre épuisante de longue durée, le scénario qui se profile est celui d’un débarquement -sous commandement et appui Usa- de troupes françaises, britanniques, italiennes et autres, éventuellement sous l’égide d’ « Eufor Libya » (Forces de l’Union européenne en Libye) pour « fournir de l’aide humanitaire aux civils libyens ».

...

C'est sûr qu'avec tout ça sur le râble, les civils seront « protégés » ... Suspect :
Paveway, Hellfire, Predator/Reaper, Gazelle, Tigre, Apache, Typhoon, Tornado, Ocean, Tonnerre, Bataan ...

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Re: La Libye, un nouvel Irak ?

Message  Non2 le Sam 11 Juin - 19:45

Les troupes de l'OTAN et les "rebelles" se conduisent maintenant comme une meute de chiens enragés ... pale

De plus en plus voyou : Les crimes de guerre de l’OTAN en Libye (Veterans Today)
Susan LINDAUER

C’est une histoire que CNN ne couvrira pas. Tard dans la nuit des coups à la porte dans la ville de Misurata. Des soldats armés sortent des jeunes femmes libyennes de leurs lits avec leurs armes. En embarquant les femmes et les adolescentes dans des camions, les soldats jettent ces femmes dans des séances de viols collectifs par des rebelles de l’OTAN – ou bien les violent devant leurs maris ou leurs pères. Quand des rebelles de l’OTAN finissent leur sport de viol, ils tranchent les gorges des femmes.

Selon des rapports de réfugiés, les viols sont désormais des actes de guerre courants dans les villes tenues par les rebelles, et font partie d’une stratégie militaire organisée.

Joanna Moriarty, qui fait partie d’une délégation d’investigation internationale, visitant Tripoli cette semaine, rapporte également que des rebelles de l’OTAN sont passés de maisons en maisons à Misurata, demandant aux familles s’ils soutiennent l’OTAN. Si les familles répondent par la négative, elles sont tuées sur place. Si les familles disent qu’elles veulent rester au combat, les rebelles de l’OTAN prennent pour les terroriser une approche différente. Les portes "de maisons neutres" sont complètement obturées et soudées, rapporte Moriarty, prenant au piège les familles à l’intérieur. Dans des maisons libyennes, les fenêtres sont typiquement protégées par des barreaux. Ainsi quand les portes d’une maison sont soudées, les habitants libyens sont enfermés dans leurs propres maisons, où les forces de l’OTAN peuvent être sûres que des familles entières mourront lentement de faim.

Cela se passe quotidiennement. Ce ne sont pas des événements isolés. Et les soldats de Kadhafi ne sont pas responsables. En fait, des familles pro-Kadhafi et "neutres" sont la cible de ces attaques. Il est probable que l’OTAN ait essayé de tirer parti de ces évènements dans l’espoir de les imputer aux forces de Kadhafi. Ces attaques cependant commencent à avoir un effet contraire.

Flashback en Serbie

Ces événements sont sinistrement évocateurs du conflit de la Serbie dans les Balkans avec ses camps de viol tristement célèbres – sauf qu’aujourd’hui l’OTAN elle-même commet ces crimes de guerre – comme s’ils avaient appris de leurs ennemis la pire tactique de terreur qui soit.

Leurs actions seraient catégorisées comme crimes de guerre, comme celles du leader serbe, Slobodan Milosevic, sauf que l’OTAN ne se permettra pas de faire face à l’accusation. Pour l’OTAN, les lois internationales semblent être réservées à l’adversaire.

L’OTAN a tort. Tant que les gouvernements de l’OTAN fournissent le financement, les fusils d’assaut, l’entrainement et la formation militaire, les conseillers au sol, les véhicules de soutien et l’aviation, ils sont entièrement responsables des actions de leurs soldats dans la zone de guerre. Les rebelles de Libye ne sont pas une force de combat en guenille non plus. Grâce aux largesses de l’OTAN, financées par les contribuables étatsuniens et européens, ils sont entièrement parés d’uniformes militaires, défilant dans les rues avec des véhicules militaires pour que tout le monde puisse les voir.

Et on les voit vraiment. À Washington, le Congrès se plait à prétendre que l’Amérique ne s’est pas impliquée dans les réalités quotidiennes de la planification militaire. Cependant les réfugiés ont observé des soldats étatsuniens, britanniques, français et israéliens à proximité des soldats rebelles attaquant des civils.

"Les parties de viol" sont les exemples les plus obscènes de la perte de contrôle moral de l’OTAN. Un père en pleurs a dit à la délégation d’investigation comment il y a environ deux semaines des rebelles de l’OTAN avaient ciblé sept ménages distincts, enlevant une fille vierge dans chaque famille pro-Kadhafi. Les rebelles étaient payés pour chaque fille enlevée, de même qu’ils sont payés pour chaque soldat libyen qu’ils tuent – comme des soldats mercenaires. Ils ont embarqué les filles dans des camions et les ont emmenées dans un bâtiment où elles ont été enfermées dans des pièces séparées.

Les soldats de l’OTAN ont continué à boire de l’alcool, et à se saouler. Alors le leader leur a dit d’aller violer les filles vierges selon le mode du viol collectif. Quand ils eurent fini de violer les filles, le leader de l’OTAN leur a dit de trancher les seins des filles vivantes et de les lui apporter. Ils l’ont fait alors que les filles étaient vivantes et hurlant de douleur. Toutes les filles sont mortes de mort affreuse. Alors leurs seins coupés ont été emmenés sur une place locale et ont été mise en place pour orthographier le mot "putain".

Le père affligé a parlé lors d’une convention d’ouvriers, suivie par la délégation d’enquête internationale. Il pleurait ouvertement, comme chacun d’entre nous le ferait. Les délits de l’OTAN en Libye sont aussi épouvantables et impardonnables que la castration de la Syrie et la mutilation du garçon de 13 ans qui a choqué le monde. Pourtant dès que l’OTAN s’avère être en position de culpabilité coupable, les média occidentaux regardent avec dégoût dans la direction opposée.

Certains d’entre nous prêtent attention. Nous pouvons voir que l’OTAN est devenue le voyou en Libye. Et le peuple libyen lui-même considère cela comme impardonnable. La semaine dernière, 2000 chefs tribaux se sont réunis à Tripoli pour mettre sur pied une Constitution pour leur pays, comme demandé par le gouvernement britannique. Notoirement, des navires de guerre britanniques et des drones américains ont bombardé les rues de Tripoli avec des bombes à bunker et des missiles pendant des jours et des nuits à proximité même de l’endroit où les chefs tribaux se réunissaient. De Tripoli, cela donnait le terrible sentiment que les Anglais essayaient d’empêcher le peuple libyen de mettre sur pied cette constitution.

Les chefs tribaux condamnent l’agression britannique

Voici ce que ces 2000 chefs tribaux avaient à dire de l’agression britannique, dans une déclaration approuvée unanimement le 3 juin. Le scheik Ali, le leader des chefs tribaux, l’a transmise à Joanna Moriarty et d’autres membres de la mission internationale.

"Le peuple libyen a le droit de se diriger lui-même. Des attaques constantes depuis le ciel, à toutes les heures du jour (et de la nuit) ont complètement perturbé les vies des familles de Libye. Il n’y a jamais eu de combat à Tripoli, et pourtant nous sommes bombardés chaque jour. Nous sommes des civils et nous sommes tués par les Anglais et par l’OTAN. Les civils sont des gens sans armes à feu, cependant les Anglais et l’OTAN protègent seulement les croisés armés de l’Est en agissant comme leur armée d’attaque. Nous avons lu les résolutions de l’ONU et il n’y a aucune mention de bombarder des civils innocents. Il n’y a aucune mention d’assassiner les autorités légitimes dans toute la Libye."

"Le peuple libyen a le droit de choisir ses propres leaders. Nous avons subi l’occupation par des pays étrangers pendant des milliers d’années. Ce n’est qu’au cours des 41 dernières années que nous les Libyens avons pu jouir de notre propre propriété. Ce n’est qu’au cours des 41 dernières années que nous avons vu noRéactions tribalestre pays se développer. Ce n’est qu’au cours des 41 dernières années que nous avons vu tous les Libyens jouir de meilleures conditions de vie tout en sachant que nos enfants auront une vie meilleure que ce que nous avons eu. Mais maintenant avec les Anglais et les attentats à la bombe de l’OTAN sur notre pays, nous assistons à la destruction de notre infrastructure nouvelle et développée."

"Nous des leaders voyons la destruction de notre culture. Nous des leaders voyons des larmes dans les yeux de nos enfants à cause de la crainte constante" de la "pluie de terreur" dans les cieux de Libye des Anglais et des attentats à la bombe de l’OTAN. Nos vieillards souffrent de problèmes du cœur, de diabète accru et de perte d’énergie. Chaque jour nos jeunes mères perdent leurs bébés à cause du stress des Anglais et des attentats à la bombe de l’OTAN. Ces bébés perdus sont l’avenir de la Libye. Ils ne peuvent jamais être remplacés. Nos armées ont été détruites par les Anglais et les attentats à la bombe de l’OTAN. Nous ne pouvons pas nous défendre d’attaques de qui que ce soit."

"En tant que chefs tribaux de Libye, nous devons demander : pourquoi les Anglais et l’OTAN ont-ils décidé d’engager cette guerre contre le peuple libyen ? Il y a un nombre limité de dissidents à l’est de la Libye qui a initié une insurrection armée contre notre autorité légitime. Tout pays a le droit de se défendre contre une insurrection armée. Pourquoi donc la Libye ne peut-elle pas se défendre ?"
"Les chefs tribaux de Libye exigent que tous les actes d’agression, par les Anglais et par l’OTAN, contre le peuple libyen s’arrêtent immédiatement.

Le 3 juin 2011."
Ceci donne-t-il à penser que l’OTAN dispose une stratégie gagnante ? S’il en est ainsi, ils devraient y penser à deux fois. Même si Kadhafi tombe, l’OTAN n’a aucun espoir de se débarrasser de l’entièreté de structure tribale de la Libye, qui comprend toutes les familles et les clans. Au lieu de cela, avec chaque missile qui percute un nouveau bâtiment, l’OTAN est en train de perdre la bataille pour les cœurs et les esprits du peuple libyen.

Réactions tribales

Le peuple libyen résiste. Ce rapport est arrivé de Tripoli aujourd’hui. Il n’est pas édité et décrit une réaction dans la guerre tribale de la Ville de Darna à l’Est, où l’on suppose que la rébellion est la plus forte :

"Des gens ont trouvé le corps de Martyr Hamdi Jumaa Al-Shalwi dans la ville de Darna, à l’Est de la Libye. Sa tête avait été coupée et placée ensuite devant le siège social de la Sécurité Intérieure de Dernah. Cela s’est passé suite à un kidnapping au point de contrôle Herich. En réponse à cela, la famille Al-Shalwi a érigé une tente d’obsèques pour recevoir des condoléances, où a été hissé le drapeau vert [de la Libye]. Après les obsèques la ville entière de Darna est montée avec toutes ses tribus qui comprennent : la famillle Abu Jazia, la famille Al-Shalwi, les familles Quba, les familles Ain Marra. Après cela, la famille Al-Shalwi et la tribu Bojazia ont attaqué le siège social du Conseil Transitoire et ont tué tous les rats (les rebelles) et des drapeaux verts ont été hissés. En outre, le fils de Sofian Qamom a été tué, de même que deux membres d’ Al Qaeda ont été tués par les résidants de la ville de Darna. Le drapeau du Jamahiriya libyen a été hissé au-dessus de Darna après les heurts. "

CNN n’a rien rapporté de tout ceci. Les médias conventionnels continuent à faire croire aux étatsuniens à de faux progrès sur la guerre libyenne. Les étatsuniens sont hors jeu vis-à-vis des échecs de l’effort de guerre. Par conséquent, les Libyens perdent confiance vis-à-vis du potentiel d’amitié avec l’Ouest. Un champion peu probable pourrait rétablir cette confiance. Pour le moment une équipe d’avocats internationaux est en train de préparer des griefs d’urgence pour le compte des chefs tribaux et du peuple libyens. La Communauté de Paix Internationale pourrait contribuer considérablement à la reconstitution de la confiance de la Libye envers l’Ouest en soutenant cette action de droits de l’homme. En effet, le peuple libyen et les chefs tribaux méritent notre soutien. Ensemble nous devons exiger que l’OTAN fasse face à la aux accusations pour crime de guerre, sur base de ces exemples ainsi que d’autres.

Il doit être exigé des gouvernements de l’OTAN qu’ils paient pour dommages et intérêts financiers aux familles libyennes, de la même façon que ce que les Etats-Unis et la Grande-Bretagne exigeraient pour le compte de leurs propres citoyens dans des circonstances identiques. Le monde ne peut pas tolérer des doubles standards par lesquels des nations puissantes abusent de citoyens impuissants. Les conventions internationales de guerre de Genève doivent être mises en application et la force égale de la loi doit être appliquée.

Le Combat pour Misurata

Quoique les attaques soient étendues, certains des pires abus se produisent à Misurata. La ville dispose du seul grand port en Libye et traite le transport pour le pays, y compris les plus grands dépôts pétroliers et à gaz. L’OTAN fera tout pour prendre la Ville.

Des réfugiés rapportent que le drapeau à l’Étoile de David israélien a été hissé sur la plus grande Mosquée de Misurata le deuxième jour des combats, des actions visant à humilier et contrarier à la population locale.

Des forces de l’OTAN ont coupé l’approvisionnement alimentaire et médical partout dans le pays. Mais le poisson est abondants dans des eaux méditerranéennes. Des pêcheurs courageux ont pris leurs bateaux du port, et essayent de récolter le poisson pour la population affamée. Pour entraver leur persévérance, des drones américains et des avions de guerre britanniques tirent des missiles sur les bateaux de pêche, visant délibérément des navires non-militaires pour les déloger.

Pourtant malgré toute sa puissance de feu et ses avantages tactiques, l’OTAN semble être en train de perdre. Selon la délégation d’enquête aujourd’hui, beaucoup de rebelles ont quitté) Misurata et sont repartis en bateau pour Benghazi. La majeure partie du centre de Misurata est maintenant libre et sous contrôle militaire central. Le peuple libyen a abattu deux hélicoptères de combat près de la ville de Zlitan. Et bien qu’Al Jazeera ait montré toute une histoire sur un soulèvement majeur contre Kadhafi à Tripoli, une des femmes d’un leader tribal vit dans la rue qui aurait supposément été au centre de la manifestation et aurait déclaré qu’elle n’a vu aucune foule depuis sa fenêtre. Et il n’y a pas de bus à Tripoli comme ceux qui ont été décrits dans la vidéo d’Al Jazeera.

On doit se demander : quel genre de société l’OTAN pense-t-elle créer si Kadhafi peut en fait être expulsé, ce qui semble très peu probable ? Washington et Londres n’ont-ils rien appris de leur échec en Irak ? La cruauté et la dégradation des forces de l’OTAN alimentent déjà des haines profondes qui continueront pour la génération suivante.

Qui pourrait être fier de tels "alliés" ? Sûrement pas le peuple libyen.

Des soldats de l’OTAN ne valent guère mieux que des voyous. N’importe qui d’autre serait étiqueté de terroriste. Plus inquiétant, il peut être garanti que les actions de l’OTAN auront des conséquences sérieuses à long terme sur la stabilité politique en Libye. Des vendettas se forment entre des tribus et des clans familiaux et celles-ci se poursuivront pendant des décennies. Les exactions (de l’OTAN) font preuve d’une vision à extrêmement court terme et sont autodestructives.

L’OTAN devrait prendre cet avertissement à cœur : ses soldats ne sont pas à l’abri de répercussions juridiques. La Communauté Internationale de Paix agit dors et déjà pour soutenir les droits naturels de la Libye aux Nations unies. Beaucoup d’entre nous dans la Communauté Internationale de Paix défendront les femmes de Libye. Et nous exigerons une accusation pour crimes de guerre et des dommages et intérêts financiers majeurs envers les gouvernements de l’OTAN, pour le compte du peuple libyen.

Personne ne croit à l’histoire de l’OTAN selon laquelle Kadhafi est le parti coupable. Nous savons que Washington, la Grande-Bretagne, la France, l’Italie – et Israël sont ici les véritables criminels.

Les femmes assassinées de Misurata auront la justice. l’OTAN peut compter dessus.

Susan Lindauer

ex-correspondante américaine pour la Libye aux Nations unies.

Article paru 7 juin 2011 sur http://www.veteranstoday.com/2011/0...

Traduction copyleft Jean-Luc Guilmot - 11 juin 2011

Cet article peut être réimprimé en tout ou en partie avec l’attribution à l’auteur.
Susan Lindauer a couvert la Libye aux Nations unies comme correspondante américaine de 1995 à 2003 et a initié des pourparlers pour le Procès de Lockerbie. Lanceuse d’alertes sur les événements du 11-Septembre, au même titre que la turco-américaine Sibel Edmonds, elle est l’auteur du livre Préjudice Extrême : L’histoire terrifiante du Patriot Act et les dissimulations du 11/9 et de l’Irak qui relate son calvaire en tant que deuxième Américaine non arabe à avoir été inculpée au travers des lois Patriot Act, et à avoir dû faire face à des accusations secrètes, des preuves secrètes, des témoignages secrets d’un jury d’accusation, ainsi qu’à des menaces de détention illimitée.
http://www.legrandsoir.info/de-plus-en-plus-voyou-les-crimes-de-guerre-de-l-otan-en-libye-veterans-today.html

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Re: La Libye, un nouvel Irak ?

Message  Non2 le Lun 13 Juin - 20:43

Le plus gros navire du monde, l'USS George HW Bush (CVN77) est en route pour la Libye après avoir participé à des manœuvres simulant la vraie guerre ....

L'article complet : http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=25263

La présentation du "bébé" par l'US Navy :


Si mes souvenirs sont bons, l'ONU n'avait autorisé qu'une "no fly zone" ... pale

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Re: La Libye, un nouvel Irak ?

Message  Loatse le Mar 14 Juin - 10:16

Oui mais bon, entre ce que l'onu dit et ce que l'Otan décide....

Impressionnant, ce dispositif militaire ! (très belles photos dans l'article de mondialisation ca) Même les suédois sont présents// ca en fait du monde pour quelques rafales lybiens (s'il en reste) et deux vieux chars.... Suspect

Tous ces développements pointent vers un dangereux processus d’escalade militaire, qui pourrait potentiellement s’étendre au-delà des frontières libyennes. Les implications économiques et géo-stratégiques de cette guerre vont beaucoup plus loin.

Au vu du nombres de navires, il est vrai qu'on se pose des questions... Il lui reste quoi à kadhafi comme armement pour résister à tout cela ??? Ca me semble incohérent et disproportionné...

Toujours est il qu'un nombre de plus en plus important de lybiens et de travailleurs venant d'afrique fuient ce pays (on les comprend !), un bon nombre d'entre eux vers l'europe et l'italie ou déjà sont entassés des milliers de tunisiens dans des conditions plutôt très précaires...
Pendant ce temps, ce sont les massacres en Syrie et même situation avec déjà 8000 réfugiés syriens en turquie...

Je sens qu'en plus, on court vers une catastrophe humanitaire de grande ampleur...

je serais soupconneuse, je dirai que tout cela obéit à un calendrier bien précis... Si tout le proche orient s'enflamme dans la même année, c'est tout de même étrange..comme si l'on voulait redessiner le monde.. Suspect


Dernière édition par Loatse le Mar 14 Juin - 10:37, édité 3 fois

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Re: La Libye, un nouvel Irak ?

Message  Loatse le Mar 14 Juin - 10:34

La russie suit ca de près... on est vraiment dans une situation très délicate là euh je dirai même explosive... Sad

Un excellent article sur le sujet (voir les commentaires également très intéressants pour la plupart)
http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/et-si-la-guerre-avait-deja-95936


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Re: La Libye, un nouvel Irak ?

Message  Non2 le Mar 14 Juin - 11:31

Pour la Syrie, je me demande ce qui s'y passe réellement.

Pour le redessinage de la carte du monde, on est en plein dedans, c'est sûr.

Pour l'article AgoraVox, je me suis demandé si on parle bien de la même planète ... quel est le pays arabe qu'on aie aidé à se débarrasser de sa dictature . Heureusement les gens qui ont posé des commentaires semblent mieux au fait de la réalité que celui qui a écrit l'article.

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Re: La Libye, un nouvel Irak ?

Message  Loatse le Mar 14 Juin - 12:37

Pour l'article AgoraVox, je me suis demandé si on parle bien de la même planète ... quel est le pays arabe qu'on aie aidé à se débarrasser de sa dictature

Il faudrait que je relise l'article demain, j'ai les yeux qui se ferment tous seuls, là... Sans doute l'auteur veut il parler du soutien aux "révolutionnaires lybiens".. (?) aux tunisiens, aux egyptiens (après la bourde de notre ex ministre)

Proverbe loatsien : quand tu sens que le vent tourne, change ton parapluie de côté... :P
ce qui vaut pour le vent, vaut aussi pour la politique... ainsi va le monde que les plus petits se rangent toujours du côté du plus fort ou celui en passe de le devenir et la victime d'aujourd'hui peut devenir le dictateur de demain... Rolling Eyes

En syrie, des massacres de l'armée sont perpétrés sur le peuple syrien... mais il faut que je vérifie une chose dont on ne nous parle que peu ou pas... qu'en est il des antagonismes (le mot est faible) entre chiites et sunnites dans ces régions, pourtant il y a quelques temps encore, ils se massacraient pas mal entre eux en iraq (surement encore !)... C'est sans doute pour cela qu'il n'est pas certain du tout qu'une fois la lybie libérée de kadhafi, la guerre ne se poursuive pas dans cette région...

Le proche orient de toute façon, c'est un bourbier... à voire l'iraq, l'afghanistan, dés que l'on met un pied là bas, c'est sans fin...

Certains disent que l'iran chiite est derrière toutes ces révolutions avec l'appui des frères musulmans, bref que la perse et les pays arabes à majorité sunnite vont se dresser prochainement les uns contre les autres de manière beaucoup plus spectaculaire..
Je suis sûre que tout est beaucoup plus complexe que ce que l'on veut nous faire croire.. je me méfie autant des américains que des iraniens... :evil:

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Re: La Libye, un nouvel Irak ?

Message  Non2 le Mar 14 Juin - 13:25

Loatse a écrit:[Il faudrait que je relise l'article demain, j'ai les yeux qui se ferment tous seuls, là... Sans doute l'auteur veut il parler du soutien aux "révolutionnaires lybiens".. (?) aux tunisiens, aux egyptiens (après la bourde de notre ex ministre)
Moi aussi il me faudra le relire, je fatigue aussi. Mais on n'a soutenu aucun de ceux que tu cites, il a fallu faire avec les Tunisiens et les Egyptiens. Quant aux Libyens, ce ne sont pas vraiment des révolutionnaires, il s'agit d'une tentative de coup d'état dirigée depuis l'occident, pas d'un mouvement populaire.
Loatse a écrit:En syrie, des massacres de l'armée sont perpétrés sur le peuple syrien...
D'après nos médias ! Les autres sources font état de perturbateurs étrangers armés qui s'infiltrent dans les manifestations autorisées et qui se mettent à tirer à la fois sur les gens et sur les forces 'armée et police). Va savoir qui dit vrai ....
Loatse a écrit:... Certains disent que l'iran chiite est derrière toutes ces révolutions avec l'appui des frères musulmans, bref que la perse et les pays arabes à majorité sunnite vont se dresser prochainement les uns contre les autres de manière beaucoup plus spectaculaire..
Ben non ! Si l'Iran est bel et bien majoritairement chiite, les frères musulmans sont une organisation sunnite. Donc en principe, là où sont les uns, les autres n'y sont pas.
Loatse a écrit:Je suis sûre que tout est beaucoup plus complexe que ce que l'on veut nous faire croire.. je me méfie autant des américains que des iraniens... :evil:
Au moins autant, oui.

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Re: La Libye, un nouvel Irak ?

Message  Loatse le Mer 15 Juin - 12:56

OPERATIONS EN LIBYE

Des élus américains portent plainte contre Obama


Des élus de la Chambre des représentants américaine ont déposé une plainte mercredi devant un tribunal fédéral à Washington contre la décision du président Barack Obama de se passer du feu vert du Congrès pour lancer les opérations militaires en Libye.

La plainte appelle à « protéger les plaignants et le pays » face à la politique du président Obama en Libye.

Les plaignants, une dizaine d’élus des deux bords menés par le démocrate Dennis Kucinich et son collègue républicain Walter Jones, reprochent au président d’avoir « unilatéralement » engagé les forces américaines contre le régime de Mouammar Kadhafi « sans déclaration de guerre du Congrès », ce qui constitue selon eux, une violation de la constitution. Les élus affirment également que l’action de l’administration a été lancée en violation du traité de l’Atlantique nord ratifié par le Congrès américain et que l’utilisation de fonds pour l’opération en Libye sans l’accord du Congrès est anticonstitutionnelle.

Enfin, ils estiment que la loi américaine de 1973 ou « Loi sur les pouvoirs de guerre » (« War Powers Resolution ») conçue pour limiter les pouvoirs présidentiels sur le déclenchement des guerres, n’a pas été respectée par le président Obama. La loi stipule que sans autorisation du Congrès, un retrait doit être entamé après 60 jours et entièrement achevé après 90 jours. Cette dernière limite sera atteinte dimanche.

Mardi, le président de la Chambre des représentants américaine, John Boehner, a mis en garde M. Obama au sujet d’une éventuelle poursuite des opérations militaires américaines en Libye sans autorisation du Congrès. La Maison Blanche a indiqué qu’elle répondrait à cette demande, mais pour l’administration l’intervention américaine, « limitée » et sous la houlette de l’Otan, ne nécessite pas d’autorisation du Congrès.

(La Presse de Tunisie)

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Re: La Libye, un nouvel Irak ?

Message  Non2 le Ven 24 Juin - 11:18

Voilà comment les "rebelles" libyens traitent leurs prisonniers.

ATTENTION !
Cœurs sensibles s'abstenir !

La première vidéo est particulièrement horrible,
La première et la dernière vidéos sont particulièrement horribles,
les autres sont pires que les vues de Guantanamo ou Abu Graïb.

http://obamaslibya.com/


Edit : explicatins sur le contenu des vidéos : http://bellaciao.org/fr/spip.php?article118450

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Re: La Libye, un nouvel Irak ?

Message  Non2 le Jeu 30 Juin - 9:19

Un aperçu de la situation en Libye par un journaliste qui s'y est rendu indépendamment. Il est particulièrement intéressant par ce qu'il renseigne un rapport détaillé de la situation fait par le CIRET-AVT (Centre International de Recherches et d'Études sur le Terrorisme & l'Aide aux Victimes du Terrorisme), téléchargeable ici :
http://www.intal.be/files/rapport-libye.pdf


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Re: La Libye, un nouvel Irak ?

Message  Non2 le Sam 2 Juil - 6:51

Le massacre de Somran

Pour une fois, Thierry Meyssan ne nous livre pas une analyse froide des évolutions géopolitiques. Il relate les faits dont il est témoin : l’histoire de son ami l’ingénieur Khaled K. Al-Hamedi. Une histoire faite d’horreur et de sang où l’OTAN incarne le retour de la barbarie.

Réseau Voltaire | Tripoli (Libye) | 1er juillet 2011


L’International Organization for Peace, Care and Relief (IOPCR) est particulièrement active en Algérie, en Iran, au Soudan et en Palestine. Elle porte secours aux victimes des catastrophes naturelles et des conflits armés. Son action exemplaire à Gaza et en Cisjordanie est saluée par tous. Ici Khaled el-Hamedi reçoit la médaille du courage des mains du Premier ministre Ismail Haniyeh. Il a identiquement été décoré par Mahmoud Abbas.
C’était une fête de famille à la libyenne. Tous étaient venus célébrer le troisième anniversaire du petit Al-Khweldy. Les grands parents, les frères et sœurs, les cousins et cousines se pressaient dans la propriété familiale de Sorman, à 70 kilomètres à l’ouest de la capitale : un vaste parc dans lequel ont été construites les petites villas des uns et des autres, de sobres maisons de plain-pied.

Aucun luxe tapageur, mais la simplicité des gens du désert. Une ambiance paisible et unie. Le grand-père, le maréchal Al-Khweldy Al-Hamedi, y élevait des oiseaux —C’est un héros de la Révolution qui a participé au renversement de la monarchie et à la libération du pays de l’exploitation coloniale. Tous sont fiers de lui—. Le fils, Khaled Al-Hamedi, président de l’IOPCR, une des plus importantes associations humanitaires arabes, y élevait des biches. Une trentaine d’enfants couraient en tous sens au milieu des animaux.

On préparait aussi le mariage de son frère Mohammed, parti sur le front combattre les mercenaires étrangers encadrés par l’OTAN. La cérémonie devait avoir lieu ici aussi dans quelques jours. Sa fiancée était déjà radieuse.

Personne n’avait remarqué que, parmi les invités un espion s’était infiltré. Il faisait mine d’envoyer des twitters à ses amis. En réalité, il venait de déposer des balises et il les reliait par le réseau social au QG de l’OTAN.

Le lendemain, dans la nuit du 19 au 20 juin 2011, vers 2h30 du matin, Khaled rentre chez lui après avoir visité et secouru des compatriotes qui fuient les bombardements de l’Alliance. Il est assez proche de sa maison pour entendre le sifflement des missiles et leurs explosions.

L’OTAN en tire huit, de 900 kilos chacun. L’espion avait placé les balises dans les différentes villas. Dans les chambres à coucher des enfants. Les missiles sont tombés à quelques secondes d’intervalles. Les grands parents ont eu le temps de sortir de leur maison avant qu’elle ne soit détruite. Il était déjà trop tard pour sauver enfants et petits-enfants. Lorsque le dernier missile a frappé leur villa, le maréchal a eu le réflexe de protéger son épouse de son corps. Ils venaient de franchir la porte et ont été projetés par le souffle de l’explosion une quinzaine de mètres plus loin. Ils ont survécu.

Quand Khaled arrive, ce n’est que désolation. Sa femme, qu’il avait tant aimée, et l’enfant qu’elle portait ont disparus. Ses enfants pour lesquels il aurait tout donné, ont été broyés par les explosions et l’effondrement des plafonds.

Les villas ne sont que ruines. Douze corps déchiquetés gisent sous les décombres. Des biches touchées par les éclats agonisent dans leur enclos.

Les voisins qui ont accouru cherchent en silence des preuves de vie dans les gravois. Mais il n’y a aucun espoir. Les enfants n’avaient aucune chance d’échapper aux missiles. On extrait le cadavre décapité d’un bébé. Le grand-père récite des versets du Coran. Sa voix est ferme. Il ne pleure pas, la douleur est trop forte.

À Bruxelles, les porte-parole de l’OTAN ont déclaré avoir bombardé le siège d’une milice pro-Kadhafi afin de protéger la population civile du tyran qui la réprime.

Nul ne sait comment la chose avait été planifiée par le Comité des cibles, ni comment l’état-major a suivi le déroulement de l’opération. L’Alliance atlantique, ses généraux tirés à quatre épingles et ses diplomates bien pensants, ont décidé d’assassiner les enfants des familles des leaders libyens pour casser leur résistance psychologique.

Depuis le XIIIe siècle, les théologiens et les juristes européens prohibent l’assassinat des familles. C’est un des fondements même de la civilisation chrétienne. Il n’y a guère que la mafia pour passer outre ce tabou absolu. La mafia, et maintenant l’OTAN.

Le 1er juillet, alors qu’1,7 million de personnes manifestaient à Tripoli pour défendre leur pays contre l’agression étrangère, Khaled est allé sur le front apporter du secours aux réfugiés et aux blessés. Des snipers l’y attendaient. Ils ont tenté de l’abattre. Il a été gravement touché, mais selon les médecins ses jours ne sont pas en danger.

L’OTAN na pas fini sa sale besogne.

Thierry Meyssan
http://www.voltairenet.org/Le-massacre-de-Sorman (les photographies dans l'article original sont notées avec copyright, je ne les ai donc pas transmises)

Edit :
Un autre article sur les manifestations à Tripoli :
http://www.voltairenet.org/1er-juillet-2011-manifestation

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Re: La Libye, un nouvel Irak ?

Message  Non2 le Mer 13 Juil - 3:14

Une attaque de l'OTAN contre un centre de commandement militaire :
http://vimeo.com/26309684

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