La Libye, un nouvel Irak ?

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Re: La Libye, un nouvel Irak ?

Message  Non2 le Ven 26 Aoû - 23:33


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Re: La Libye, un nouvel Irak ?

Message  Loatse le Sam 27 Aoû - 0:44

Pétard j'ai pas rêvé hier, j'ai bien lu quelque part que l'équipe du réseau voltaire sur place avait été rapatrié par avion... faut que je retrouve la source...

je lis ceci dans ton lien du grand soir... :

La rébellion armée à Tripoli est dirigée par l’ancien émir du Groupe islamique des combattants libyens (GICL), Abdelhakim Belhadj, arrêté en 2004 par les Américains en Asie et livré par la suite à la Libye, écrit jeudi le quotidien algérien EL Khabar.

En mars 2010, Saïf al Islam Kadhafi, fils du leader libyen, a libéré Belhadj dans le cadre de l’amnistie de centaines d’islamistes libyens. Le groupe de Belhadj qui était, selon les autorités libyennes, lié à la nébuleuse terroriste Al-Qaïda, a renoncé par la suite à la lutte armée, ce qui a rendu possible l’amnistie.

Toujours est-il, indique le journal, que c’est justement l’ancien émir d’un groupe islamiste qui a été désigné pour délivrer Tripoli des pro-Kadhafi. Cela prouve que le salafisme (mouvement sunnite revendiquant un retour à l’islam des origines, fondé sur le Coran et la Sunna, ndlr) prédomine au sein de l’opposition libyenne armée.

si l'info est avérée exacte, bonjour l'obsurantisme en prévision.. pauvres libyens !

Mais comme je vois que l'info vient d'algérie je me pose des questions.. hier j'étais sur un site marocain ou tout le monde se fichait sur la figure avec des noms d'oiseaux (algériens et marocains), les seconds accusant l'algérie d'être pro kadhafiste et d'avoir mis à disposition du colonel des combattants du polisario... (c'est pas kadhafi qui en était l'instigateur de cette organisation ?)

Les tribus qui au départ se sont soulevés contre kadhafi auraient donc été infiltrées par des salafistes.. ???(d'après les sources libyennes pro kadhafi, des qataris auraient été combattus)..

c'est le merdier le plus complet... Sad

Ca se confirme, c'est pire que je ne croyais... pale j'ai pas de mots pour exprimer ce que je ressens là.. c'est immonde !

http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/massacre-de-noirs-par-les-rebelles-99651






Dernière édition par Loatse le Sam 27 Aoû - 5:52, édité 2 fois

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Re: La Libye, un nouvel Irak ?

Message  Non2 le Sam 27 Aoû - 4:05

http://www.michelcollon.info/Actualite-sur-l-invasion-de.html
27 août 2011
Tripoli. Suivez les évènements.

Les informations provenant de Libye sont difficiles à vérifier. Investig'Action tentera de vous informer de manière la plus juste possible. Si vous avez des contacts sur place, envoyez-nous des informations (Rubrique Nous écrire)

Les mercenaires sont-ils tous noirs ?


L'Union africaine refuse de reconnaître le Comité National guerrier

L'UA a refusé vendredi de reconnaître la légitimité du Conseil national de transition en Libye, jugeant la situation militaire encore trop instable, et réitérant à la place ses appels au dialogue, pourtant restés sans réponse depuis le début du conflit.

Les responsables de l'UA estiment que leurs efforts de paix en Libye ont été sabotés par l'intervention militaire de l'Otan contre le régime Kadhafi, menée selon eux au prix d'une distorsion du mandat initial de l'Onu visant à protéger les populations civiles.

"Pour des raisons multiples, nos efforts n'ont pas abouti aux résultats escomptés", a reconnu le président de la Commission de l'UA, Jean Ping, en ouvrant vendredi les débats du Conseil de paix et de sécurité de l'organisation. Source : Afrik53

La tête de Kadhafi
Alors qu'il était reproché (sans preuve) au régime de Kadhafi d'avoir embauché des mercenaires, l'opposition libyenne propose de l'argent à des chasseurs de prime et pour « tout membre de son entourage qui tuera ou capturera Kadhafi se verra accorder une amnistie ou une grâce pour les crimes qu’il a pu commettre. » Moustapha Abdeljallil, le président du Conseil national de transition (CNT).

Des militants pacifistes noirs massacrés par les "démocrates" de Benghazi

Lors de son voyage en Libye (juillet 2011), des membres d'Investig'Action avaient interviewé des étrangers (Cameroun, Nigéria, Palestine) et des Libyens installés dans un campement en face de la résidence présidentielle pour démontrer leur solidarité avec le pays où ils pouvaient vivre dignement. Selon AP, ils ont été exécutés de sang froid, certains ayant les mains attachées dans le dos (deux douzaines de corps).

Où est la protection des civils ? En quelques jours, ces rebelles ont tué et torturé plus de personnes que les 6000 morts de Benghazi qui n'ont jamais existé. Chiffre qui a servi de prétexte à l'intervention.



Voir la vidéo de Reuters

Voir les photos de la mission http://www.michelcollon.info/Massacre-de-Noirs-par-les-rebelles

Les interviews de ces hommes paraitront dans le livre qui sortira prochainement Libye, Otan et Médiamensonges

Michel Collon : “J’ai rencontré ces personnes lors de ma mission à Tripoli. J’ai pu converser avec certains. Ce n’étaient nullement des “mercenaires” comme nous le prétendent les “rebelles” et les médias. Les uns étaient des Libyens à la peau noire (une grande partie de la population est de type africain en fait), les autres étaient des civils venus de pays d’Afrique noire et séjournaient en Libye depuis longtemps. Tous soutenaient Kadhafi justement parce qu’il s’opposait au racisme et qu’il traitait Arabes et Africains sur pied d’égalité.
Au contraire des “rebelles” de Benghazi, connus pour leur racisme anti-Noirs et qui se sont rendus coupables d’atrocités épouvantables et systématiques dès les premiers jours de guerre. Le paradoxe, c’est que l’Otan prétend apporter la démocratie et qu’il s’allie à une section libyenne d’al Qaeda et à des racistes du type Ku Klux Klan !”

Irak, Afghanistan, Libye et...
Un général US évoque la suite




Epuration clanique

« Il s’agit beaucoup moins de combats que d’une traque des derniers fidèles du colonel Kadhafi, ou plutôt des artisans du système Kadhafi, des petits fonctionnaires qui servaient directement l’État, qui sont regroupés dans ce quartier d’Abou Slim, dans des barres d’immeubles et qui, eux, n’ont pas eu la ressource pour prendre la fuite, pour échapper à la sanction de la rébellion. Ce à quoi on assiste aujourd’hui est certainement la phase la plus triste de la guerre en Libye, avec ses colonnes de rebelles qui s’acharnent sur ce quartier, sur ces gens, ces familles qui sont réfugiées dans ces barres d’immeubles [...].
Nous sommes dans une phase d’épuration qui semble absolument incontrôlée, notamment cette bande de Misrata, la ville martyre de la Libye, qui est remontée jusqu’à Tripoli pour exercer sa vengeance. » Source : Matthieu Mabin, envoyé spécial de France 24 à Tripoli

Les hopitaux devenus des charniers

Après avoir coupé l'eau et l'électricité de certains quartiers dont celui de l'hôpital (Abou Slim), les rebelles sont responsables de la mort de 80 patients, seulement 17 rescapés emmenés par le CICR. L'AFP dénonce l'armée comme responsable alors qu'elle s'y trouvait pour protéger les blessés des forces semant la terreur dans Tripoli.

OTAN à la tête d'Al-Qaida à la tête des rebelles

La rébellion armée à Tripoli est dirigée par l'ancien émir du Groupe islamique des combattants libyens (GICL), Abdelhakim Belhadj, arrêté en 2004 par les Américains en Asie et livré par la suite à la Libye, écrit jeudi le quotidien algérien EL Khabar.

En mars 2010, Saïf al Islam Kadhafi, fils du leader libyen, a libéré Belhadj dans le cadre de l'amnistie de centaines d'islamistes libyens. Le groupe de Belhadj qui était, selon les autorités libyennes, lié à la nébuleuse terroriste Al-Qaïda, a renoncé par la suite à la lutte armée, ce qui a rendu possible l'amnistie. Source : RIA Novosti

Attaque sur les diplomates non-alignés

Les ambassades du Venezuela et de l Algérie ont été attaquées par les forces de l opposition originaire de Benghazi. Les ambassades de France et des USA se portent bien.

Résolutions de l'ONU encore bafouées. Des soldats occidentaux au sol.

Après avoir armé et conseillé les rebelles, les forces spéciales françaises et britanniques se sont-elles lancées à la poursuite du colonel Kadhafi à Tripoli ? C'est ce que sous-entend le quotidien britannique The Daily Telegraph en affirmant que des membres des SAS (Special Air Service), qui ont joué « un rôle clé dans la coordination de la bataille de Tripoli », ont désormais reçu pour instruction de se concentrer sur la traque du Guide libyen et de ses fils. Camouflées en habits civils et en tenues locales, ces forces seraient équipées des mêmes armes que les troupes d'opposition libyennes.

L'ONU a été un outil pour l'invasion de la Libye plutôt qu'un instrument de paix et de protection des civils.

Le président colombien reçoit le CNT

Juan Manuel Santos a rencontré à Bogota des membres de l'opposition libyenne qui se sont "engagés à respecter les droits de l'homme (DH)".
La Colombie, plus grand allié des USA en Amérique latine, a vu des centaines de militants des DH assassinés en quelques années. Cinq millions de paysans ont du fuir leurs terres pour laisser la place aux multinationales. Toute opposition est considérée comme terroriste et les gouvernements successifs refusent tout dialogue avec ses propres "rebelles". Plus de 7.000 prisonniers politiques sont incarcérés.

Récemment le Premier ministre canadien a affirmé, lors de la signature d'accords de libre échange avec la Colombie : « Nous ne pouvons bloquer la progression d'un pays comme celui-ci pour des raisons qui relèvent du protectionnisme, et utiliser les droits de l'homme comme couverture pour le faire. »

Voir : Interview exclusive du président colombien : « Plutôt que de parler des véritables victimes »

Michel Collon sur Russia Today



Place verte reprise

Le peuple de Tripoli appuyé par l'armée libyenne a repris dans la nuit la place verte occupée par des groupes de rebelles, qui avait été aidé par les forces britanniques et françaises, depuis le début de la semaine. Pendant ce temps, les médias de masse se demandent où donc peut bien être le leader libyen.

JEUDI 25 AOÛT

Selon la BBC, la place verte de Tripoli...



Les "Libyens" sont tellement heureux d'avoir été libérés qu'ils brandissent des drapeaux ... indiens !

Voir la vidéo de la BBC :



L'opposition libyenne (CNT) demande 5 milliards de dollars appartenant à l'Etat libyen

Les comptes de l'Etat libyen, ouverts dans plusieurs banques étrangères (estimé à 70 Md), se font vider petit à petit. Sous prétexte de payer les salaires des travailleurs, la hiérarchie rebelle a demandé de débloquer 5Md.

Cette spoliation sera un coup dur pour le développement en Afrique. La Libyan Arab African Investment Company a effectué des investissements dans plus de 25 pays, dont 22 en Afrique sub-saharienne, en programmant de les augmenter dans les cinq prochaines années, surtout dans les secteurs minier, manufacturier, touristique et dans celui des télécommunications. Les investissements libyens ont été décisifs dans la réalisation du premier satellite de télécommunications de la Rascom (Regional African Satellite Communications Organization) qui, mis en orbite en août 2010, permet aux pays africains de commencer à se rendre indépendants des réseaux satellitaires étasuniens et européens, en réalisant ainsi une économie annuelle de centaines de millions de dollars.

Le FMI veut récupérer son monopole.

Le partage du gâteau se met en route

Le Figaro affiche en une, deux articles sur la question du pétrole, dont "Redistribution du pétrole libyen en vue".

Alors que le conflit n'est pas terminé, les négociations sont déjà en cours. Selon les analystes, Total et Eni pourraient sortir grands gagnants de la redistribution des cartes dans le secteur grâce au soutien précoce apporté par Rome et Paris à la rébellion.

La Chine et la Russie risquent de perdre leurs contrats pour ne pas avoir soutenu l'agression occidentale. Les deux pays incluaient dans leurs contrats le développement d'infrastructure à long terme. Par contre le Qatar entrerait sur le marché.

Les 35% appartenant à l'Etat libyen seront revendus aux entreprises étrangères. Les bénéfices partiront dans les banques du Nord.

Journalistes menacés. Silence de RSF.

Alors que les journalistes internationaux ont été transférés vers un autre lieu par la Croix Rouge. Certains d'entre eux dont Thierry Messan ont failli être enlevés.

Déjà deux journalistes vedettes de la télévision libyenne sont aux mains des rebelles. Leur vie est en danger.

Selon Telesur, les rebelles tirent sur le lieu où sont regroupés les journalistes depuis plusieurs heures.

Il semblerait que les rebelles ne veulent pas que l'on montre ce qui se passe dans les rues de Tripoli.

Amnesty International s'inquiète. L'AFP non.

« Le risque pour les civils augmente avec chaque nouvelle journée de violences à Tripoli ; pas uniquement pour les personnes prises dans les combats mais également parce que les conditions pourraient devenir extrêmement difficiles si les quartiers résidentiels venaient eux aussi à être le théâtre d'affrontements, car l'approvisionnement en vivres, en eau et en électricité serait probablement affecté », a déclaré Malcolm Smart, directeur du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d'Amnesty International (AI).

Alors que l'AFP reprenaient les communiqués de AI lors des affrontements à Benghazi en février /mars pour dénoncer les violences, cette fois aucun journaux n'évoquent les inquiétudes de l'ONG.

LUNDI 23 AOÛT :

Les bombardements de l’OTAN sèment peur et mort parmi les civils à Tripoli alors que son mandat est de les protéger :

Bilan des services médicaux libyens 1856 morts Plus de 6.000 blessés, à 14H42 de très nombreux enfants parmi les victimes bilan de cette nuit. Les chirurgiens opèrent à la lampe de poche dans certains blocs en attendant le rétablissement de l'électricité, l'Otan s'attaquant aux installations électriques. Les hélicoptères de l'OTAN ont mitraillé la foule en panique, pendant que des hommes armés débarquaient depuis des bateaux de l'OTAN. L'hôpital central de Tripoli a été touché par des roquettes. Des scènes de massacre ont été décrites. Des femmes sont emportées comme « butin de guerre ».

Les bombardements ont repris vers 10h 20 ce matin. Ils sont dirigés sur quelques objectifs précis sur lesquels l’OTAN s’acharne. Les combats ont repris autour de l’hôtel où sont toujours retranché des dirigeants libyens et la presse étrangère.

Le Parti socialiste français favorable au massacre des civils de Tripoli :

Martine Aubry : "C'est avec plaisir que nous voyons les rebelles entrer dans Tripoli, la capitale où ils auraient pu entrer plus tôt, si la communauté internationale s'était mobilisée plus tôt comme je l'avais demandé".
"Nous avons soutenu l'intervention de la France derrière l'ONU, bien évidemment. Il fallait le faire"

Don d'ubiquité de Kadhafi :

Difficile de localiser le dirigeant libyen car il est à la fois en Algérie, au Venezuela, en Angola, au Zimbabwe ou encore au fond d'un bunker (sa résidence), ou bien, il est à Syrthe, son "bastion. Pour les habitants de Benghazi, il a même été annoncé mort.

Des journalistes au travail menacés de morts, d'autres blessés :

L’ordre a été donné par de soi-disant "journalistes" US d’abattre Mahdi Darius Nazemroaya (Global Research Center - Canada) et Thierry Meyssan (Réseau Voltaire). Trois Etats ont offert leur protection diplomatique, aux collaborateurs du Réseau Voltaire. Cependant, piégés dans la ville, ces derniers n’ont aucun moyen de rejoindre leurs ambassades. Ils seraient sous la protection de l'agence de presse Xinhua.

Dr Franklin Lamb , directeur de Americains pour la Paix au Moyen-Orient, qui partageait des renseignements et des informations sur YouTube, a été touché à la jambe par un sniper près de son hôtel.

Le journaliste Mahdi Nazemroaya, situé dans un hôtel du centre de Tripoli avec la presse internationale, affirme que les journalistes sont pris pour cible par les rebelles et les forces de l'OTAN qui les soutiennent. Alors qu'il parle à RT (Russian Today), les tirs peuvent être entendus.
" Les zones où les journalistes internationaux sont installés sont ciblés pour semer la panique" , a t-il soutenu. "L'OTAN a fait tout le travail. C'est une guerre de l'OTAN. Ils ont bombardé toute la nuit, sans arrêt. Ils ont bombardé la ville entière."
"Mais les défenseurs de la ville ne sont pas pessimistes", continue Nazemroaya.
" La situation est de plus en plus tendue ", a déclaré Nazemroaya. "Les membres du personnel de l'hôtel sont de retour avec des fusils. Ce sont des volontaires, pas des soldats. Ils sont confiants." (22/08 - 19h52) - Source : RT

Hugo Chavez condamne à nouveau l'action de l'Otan :

Dans un communiqué datant de dimanche soir, le Président vénézuélien a à nouveau condamné l'action de l'OTAN. « Les gouvernements démocratiques européens (...) démolissent Tripoli avec leurs bombes »

Des convois camions remplis de milliers de volontaires et d'hommes armés se dirigent vers Tripoli pour protéger la capitale de la Libye :

Des milliers de volontaires des tribus de Ben Walid, Sirte, Sebha, Awlad Slimane, Al Mogarha, Worchafana, Tarhona, Al Siane, Al Ziyayna, Al Hsone, Worfala (1 500 000 d'habitants), ainsi que d'autres sont venus de partout de Libye pour soutenir les habitants de Tripoli ainsi que l'armée contre les attaques des rebelles et de l'OTAN.

GDF Suez et Total, ils signent les plus fortes hausses ce lundi à la Bourse de Paris (+5% et +4,1%).

Les deux titres caracolent en tête du CAC 40 ce lundi. Ils profitent de la perspective d'un rétablissement des exportations de pétrole et de gaz libyens en cas de victoire des insurgés, ainsi que de possibles futurs contrats. D’après des analystes interrogés par l’agence Reuters, les entreprises françaises et italiennes pourraient émerger comme les grands gagnants de la redistribution des cartes en Libye du fait du fort soutien dont ont fait preuve Paris et Rome à l'égard des rebelles. Ce malgré leurs liens avec le régime de Kadhafi. Source : EasyBourse

Possible démission du chef rebelle :

Le chef du Conseil national de transition (CNT), l'organe politique de la rébellion en Libye, a évoqué aujourd'hui sa possible démission pour protester contre les actes de vengeance perpétrés selon lui par certains combattants rebelles sur le terrain. "Je salue l'action des chefs des révolutionnaires, j'ai confiance en leur parole, mais certains actes de quelques-uns de leurs hommes m'inquiètent", a déclaré Moustapha Abdeljalil, évoquant "des actes de vengeance". AFP

Informations réunies par Cédric Rutter - Investig'Actio


PS : je regarde ton post dès que j'ai fini Wink

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Re: La Libye, un nouvel Irak ?

Message  Non2 le Sam 27 Aoû - 4:18

Je ne sais pas ce qu'en disent les Algériens et les Marocains, mais je suppose qu'ils sont divisés sur le sujet en fonction de leurs opinions et de l'info qu'ils ont.
(c'est pas kadhafi qui en était l'instigateur de cette organisation ?)
Je croyais que le Front Polisario venait de Mauritani ou du Maroc, mais je ne connais pas bien.

Les tribus qui au départ se sont soulevés contre kadhafi auraient donc été infiltrées par des salafistes.. ???(d'après les sources libyennes pro kadhafi, des qataris auraient été combattus)..
Elles sont formées DEPUIS LE DEPART de salafistes et de partisans de l'ancienne royauté coloniale.
Les Qataris n'étaient pas sensés être là, mais d'après ce que j'en ai lu, ils ont été massacrés par les troupes légales libyennes.

ps : non 2, le premier article d'agoravox "le dictateur kadhafi" était à prendre au second degré.. Il est très interessant, l'auteur sous une forme d'humour noir a bien rendu les dessous des opérations de l'otan...
Trop vu d'articles, je ne sais pas duquel tu parles. Pas même le temps de lire celui de ce post-ci. Wink

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Re: La Libye, un nouvel Irak ?

Message  Non2 le Dim 28 Aoû - 12:08

Présence de narco-paramilitaires colombiens du côté des rebelles

Ces escadrons de la mort coupable de milliers d'assassinats, persécutions, tortures, massacres en Colombie sont présent en Libye et font part de leur expérience auprès des dîts "combattants de la liberté".

Officiellement démobilisé, plusieurs de leurs membres sont apparus au Venezuela, au Honduras, en Afghanistan et en Irak. Le paramilitarisme colombien s'est formé grâce aux USA et aux divers gouvernements colombiens pour lutter contre les guerillas et "nettoyer" de ses habitants les secteurs riches en ressources naturelles. Leur principale source de revenu provient du trafic de drogue. Désormais, ils louent également leurs services à l'étranger. Source : Parlamento latinoamericano

Chasse à l'homme meurtrière par les mercenaires de l'OTAN

Syrte connaît depuis hier soir une série de bombardements sans discernement par les avions de l'OTAN. Selon, l’éditeur-web "True about Libya", il y a 390 de morts.

Cet après-midi, la chaine de télévision Alrai a confirmé ce chiffre relatif au nombre de morts et ces bombardements massifs dont la population civile est victime. La situation humanitaire est toujours catastrophique. Il n’a ni l’eau potable, ni l électricité depuis plus d'une semaine. Ainsi une crise alimentaire et un calvaire sur le plan de la santé existent après la destruction totale des stocks d’alimentation et des médicaments par les avions de l'OTAN.

La destruction de la société libyenne ?
Un investissement pour l'avenir.


L'intervention de la France en Libye est un "investissement sur l'avenir", a estimé vendredi le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, dans un entretien au quotidien Aujourd'hui en France/Le Parisien.

"Quand on m'interroge sur le coût de l'opération - le ministère de la Défense parle de 1 million d'euros par jour - je fais remarquer que c'est aussi un investissement sur l'avenir", a-t-il déclaré.

Plus de 150 pays ne reconnaissent pas le CNT

A chaque fois qu'un nouveau pays reconnait l'organe politique menant la rebellion en Libye, les médias s'empressent d'en faire un article. Pour le moment trois pays refusent explicitement de le faire : le Venezuela, l'Algérie et le Zimbabwe. Il reste donc plus de 150 pays qui ne se prononcent pas dont la Suède, l'Inde, la Russie, l'Afrique du Sud...

Un quartier paisible de Tripoli pillé au nom de quelle liberté ?



Ex-chef de l'Etat Sud Africain (1999 - 2008) et figure de l'ANC, Thabo Mbeki est en colère



Evoquant les bombardements aériens de l'OTAN en Libye, mais aussi l'implication française dans le conflit ivoirien, Mbeki a appelé à des protestations de masse sur tout le continent.

« La question que nous devons nous poser est : pourquoi sommes-nous si silencieux ? Ce qui est arrivé en Libye peut très bien être un signe précurseur de ce qui peut arriver dans un autre pays. Je pense que nous devons tous examiner ce problème, parce que c'est un grand désastre. Je pense que nous devons tous examiner ce problème, parce que c'est un grand désastre.
Nous ne pouvons pas dire que nous sommes incapables d'empêcher ces pouvoirs occidentaux d'agir comme ils agissent parce qu'ils agiront de cette manière demain. Je pense que nous pouvons, pourvu que nous agissions et qu'ils voient que s'ils continuent ce type d'actions, ils rencontreront la résistance de tout le continent africain. Mais malheureusement, notre voix est trop faible et nous devons faire quelque chose pour la rendre plus forte et pour revendiquer clairement le droit des Africains de décider de leur propre avenir. »

Ses propos interviennent à un moment de violence extrême sur l'Afrique. Et de prise de conscience de certains milieux, jusque-là plutôt conservateurs et complaisants avec les Occidentaux. Ainsi, l'on a entendu Jean Ping, le secrétaire général de l'Union africaine charger Louis Moreno Ocampo, procureur près la Cour pénale internationale, le qualifiant de « plaisantin » après ses manœuvres politico-judiciaires contre Muammar Kadhafi. Il l'a invité à dire le droit au lieu de faire de la politique et s'est demandé pourquoi il n'y avait que des Africains qui étaient poursuivis devant la Cour pénale internationale.

600 combattants d'al-Qaida libérés par les dénommés "combattants de la liberté"

La plupart de ces hommes ont combattus contre les USA en Irak. Kadhafi s'était engagé avec Washington de lutter contre le terrorisme. Son armée avait alors capturé des éléments dangereux. Ils sont désormais libres. Source : CNN
http://www.michelcollon.info/Actualite-sur-l-invasion-de.html

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Re: La Libye, un nouvel Irak ?

Message  Non2 le Dim 28 Aoû - 20:44

Les journalistes du Réseau Voltaire ont quitté Tripoli

Dimanche 28 août 2011, 18h10 GMT - D’après le centre de crise du ministère français des Affaires étrangères, les journalistes français du Réseau Voltaire ont embarqué sur un bateau et ont maintenant quitté la Libye. Le Réseau Voltaire remercie la cellule de crise pour son efficacité, ainsi que toutes les personnes qui ont aidé à l’évacuation de ses journalistes. Le Réseau Voltaire est très touché par les messages de soutien reçus ces derniers jours.
http://www.voltairenet.org/Les-journalistes-du-Reseau

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Re: La Libye, un nouvel Irak ?

Message  Loatse le Lun 29 Aoû - 0:18

merci non2 . "Tout le monde" est à l'abri me semble t'il.... Smile

non 2 dit : « La question que nous devons nous poser est : pourquoi sommes-nous si silencieux ?

Parce que mal informés ou plutôt désinformés dirais-je...


Paradoxal Tariq Ramadan.... Suspect

ABIDJAN - L`intellectuel musulman Tariq Ramadan a affirmé samedi à Abidjan "craindre" pour l`après Mouammar Kadhafi en Libye, jugeant le Conseil national de transition (CNT), organe politique de la rébellion à Kadhafi, de "groupe composite de personnes qu`on ne contrôle pas".

"Je salue la disparition du régime de Kadhafi (...) qui était un dictateur. :evil:

Par contre, j`ai beaucoup de doutes et de questions sur ce qu`on nous propose comme alternative future", a déclaré M. Ramadan, professeur dEtudes islamiques contemporaines à Oxford, dans un entretien à l`AFP.

"Une dictature est une chose négative (...) mais contrôler la démocratie à distance ne veut pas dire qu`on a offert la liberté aux citoyens africains", a-t-il poursuivi, affichant ses "craintes pour l`après Kadhafi".

"Aujourd`hui on nous présente comme des libérateurs, un groupe de personnes, un CNT qui est un composite de personnes qu`on ne contrôle pas", a souligné l`intellectuel, petit-fils du fondateur des Frères musulmans en Egypte.

"On se pose des questions (...) comment aller aussi vite dans la reconnaissance d`un CNT quand les membres qui le constituent sont aussi hétéroclites et pour certains d`entre eux, ont le passé particulièrement sujet à caution", a-t-il ajouté.

Interrogé sur le lien entre le CNT et les réseaux islamistes, il a répondu: "le CNT n`est pas lié à l`islamisme radical ou à des réseaux d`extrémistes, mais certains (membres) sont issus des frères musulmans". Shocked

L`intellectuel musulman influent mais controversé, invité du Conseil supérieur des Imams de Côte d`Ivoire (Cosim), a également critiqué l`intervention armée occidentale dans la crise libyenne.

"Je ne vois pas d`un très bon oeil l`intervention de l`Otan en Libye. Il fallait faire quelque chose, c`est une évidence. En empêchant les forces de Kadhafi de sévir sans forcement aller jusqu`à une intervention armée", a-t-il souligné.

http://news.abidjan.net/h/408855.html


Il faudra un jour qu'on me définisse exactement et sans ambiguité la notion de dictature... des citoyens qui bénéficient tous d'un logement, de prix spéciaux pour la nourriture des familles nombreuses, des aides pour aller étudier à l'étranger et la liberté et l'égalité pour les femmes... si ceci était une dictature alors j'aurais aimé vivre en libye (nonobstant la température :lol: )

Que vont elles devenir ????


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Re: La Libye, un nouvel Irak ?

Message  Non2 le Lun 29 Aoû - 11:06

La dictature ? A Rome, c'était un état de la république pendant lequel on confiait tous les pouvoirs civils et militaires à un seul homme, supposé régler un problème, une crise. Il n'avait ces pouvoirs que pendant 6 mois, renouvelables une seule fois sur décision du sénat. Depuis le sens du mot a évolué, essentiellement par la suppression de la durée. Actuellement il est surtout utilisé pour désigner des régimes politiques non élus et/ou agressifs envers leurs propres peuples, ou qu'on veut faire passer pour tels. Le mot "dictature" est généralement opposé au mot "démocratie", qui désigne un pays où les prisonniers d'opinion n'ont pas droit au statut de prisonnier politique.

Les femmes de Libye ? J'ai bien peur qu'elles ne perdent tous leurs acquis et qu'elles retournent faire un tour du côté du Moyen-Âge. pale

A part ça, il y a du neuf pour les journalistes :
Lundi 29 août 2011, 16h GMT - Les journalistes du Réseau Voltaire sont arrivés au port de La Valette, à Malte, ce lundi 29 août 2011. Thierry Meyssan, Mahdi Darius Nazemroaya, Mathieu Ozanon et Julien Teil sont sains et saufs. La journaliste britannique de Press TV Lizzie Phelan, également en danger, était avec eux, ainsi que l’équipe de TeleSur. Walter E. Fauntroy, ancien membre du Congrès des États-Unis et ancien assistant de Martin Luther King, a eu lui aussi la vie sauve.

Le bateau qui leur a permis de quitter la Libye est une petite embarcation prévue pour 12 personnes. Elle a finalement accueilli 52 réfugiés en plus des membres de l’équipage. Il lui a fallu 36 heures pour rejoindre Malte sur une mer agitée.

Avant le départ, la liste des passagers a fait l’objet d’intenses négociations et a été validée par les différentes autorités qui contrôlent maintenant Tripoli. Jusqu’au dernier moment, les journalistes du Réseau Voltaire et leurs amis ont craint de ne pouvoir embarquer. Au dernier instant, une personne, dont nous ne connaissons pas le nom, a été arrêtée par les rebelles sur le bateau.

52 personnes ont pu fuir et garder la vie sauve. Elles ont laissé derrière elles beaucoup d’amis.

À son arrivée à Malte, Thierry Meyssan a tenu à remercier toutes les personnes qui ont apporté leur soutien : « Merci à tous. Votre mobilisation a été formidable. Nous vous devons la vie. »
Réseau Voltaire
http://www.voltairenet.org/Les-journalistes-du-Reseau
Ouf ...

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Re: La Libye, un nouvel Irak ?

Message  Loatse le Mar 30 Aoû - 23:07

Ouf ! c'est déjà ça....

NOUVELLES DU FRONT - SYRTE BOMBARDEE PAR L OTAN




Pour la troisième journée consécutive, des avions de l’OTAN lancent des missiles et bombardent massivement la ville de Syrte, ville natale de Mouammar Kadhafi, ne permettant pas à quiconque de s’échapper. Le périmètre de la ville est entouré de points de contrôle « rebelle », derrière lesquels se trouvent des unités des forces spéciales de la Grande Bretagne, de la France, du Qatar et des Émirats arabes unis.


La sortie de la ville est complètement bloquée. Ni les femmes, ni les enfants ne sont autorisés à la quitter. Les hommes qui tentent de quitter la ville avec leurs familles, sont capturés puis fusillés. Leurs familles sont renvoyées dans la ville sous les bombardements. « Il n’y a pratiquement aucun moyen d’enterrer les cadavres », a déclaré dans une lettre qui a été reçu à Argumenty.ru ce matin. L’auteur est un ancien officier de l’armée soviétique et des services spéciaux russes, qui est maintenant à Syrte.

Ilya Korenev, cet ancien officier de l’URSS et des forces spéciales russes, est un ancien lieutenant-colonel, que la rédaction d’Argumenti.ru a précédemment qualifié de « source », et qui assume être proche au colonel Kadhafi, a décidé de mentionner son nom dans la lettre.

« Dans la ville jusqu’à présent pas de troupes (ndlr : pas "d’armée" loyaliste, stricto sensu) : les rebelles ou les forces spéciales n’ont osé entrer. Dans la nuit il y avait beaucoup de petites provocations afin d’essayer d’établir la présence et l’emplacement de troupes gouvernementales. Plusieurs petites escouades de rebelles ont tenté une action pour sonder dans la nuit et les reconnaître, mais ils ont été détruits. En même temps, un avion de reconnaissance télécommandés d’espionnage sans pilote "drone"était en l’air, qui a répertoriait les défenses de la ville. Une heure après, les attaques aériennes ont commencé sur les cibles ainsi repérées. Cependant, les défenseurs de la ville avaient déjà quitté leurs positions pour d’autres endroits », écrit le lieutenant-colonel.

Selon lui, "la situation ressemble au terrible hiver de 1995 à Grozny, Tchétchénie, où tout ce qui bougeait était bombardé, sans aucun bon système de guidage ou sans coordonnées précises. La seule différence était que la Russie et l’armée de l’air n’avaient pas beaucoup de combustible, donc les vols n’étaient pas aussi intenses que ceux d’aujourd’hui. Pour le moment, les forces aériennes de l’OTAN sont en opération quasiment 24 h/24.

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1812

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Re: La Libye, un nouvel Irak ?

Message  Non2 le Mer 31 Aoû - 0:45

52 retrouvés, des milliers de perdus ... pale

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Re: La Libye, un nouvel Irak ?

Message  Non2 le Mer 31 Aoû - 12:59

31 août 2011

Exode des Touaregs libyens vers l'Algérie

Les "combattants de la liberté" ou "rebelles" pratique depuis plusieurs semaines l'épuration. Des images de torture et de massacre de personnes noires circulent. En outre, les communautés touaregs franchissent les frontières algériennes pour demander protection, l'ONU ne les incluant apparemment pas dans la Résolution 1973 censée protéger les civils libyens.

Bombardements intensifs sur Syrte

Selon un journal russe (Argumenti), la ville dîte de Kadhafi serait sous le feu permanent de l'OTAN, tandis que les rebelles bloqueraient les sorties.

Le prétexte du pilonage de cette ville de 80.000 habitants est que Kadhafi s'y trouverait également, en plus d'être en Algérie ou au Zimbabwe. Tous les massacres en cours et à venir seront justifiés par la quète absurde du dirigeant libyen encore reconnu par 150 pays.

50.000 morts depuis le début de l'attaque des habitants de l'est de la Libye avec l'OTAN protectrice des civils

Ce chiffre est toutefois de source incertaine car il provient du CNT qui avaient déjà inventé 6.000 morts avant l'agression occidentale. Ce chiffre peut être sous ou sur-estimé. Mais après les coupures d'eau et d'électricité par les rebelles et les nombreuses exactions en cours, ce chiffre devrait augmenter rapidement.

Manifestation à Bruxelles :

* Vendredi 2 septembre de 16h à 18h, devant la Gare Centrale
* Plus d'informations ici (facebook)

Manifestation à Paris

* Samedi 3 septembre à partir de 14h, place de la République
* Plus d'informations ici

Mardi 30/08 :

Invasion Total après le portection partiel des populations

Le groupe Total participera à une mission de sociétés françaises organisée le mois prochain en Libye.
"Nous n'en sommes pas au stade de la signature de contrats mais de comprendre comment le CNT gère cette crise et quelles sont les mesures urgentes dont il a besoin pour redémarrer la machine pétrolière qui rapporte 95% des revenus du pays, afin qu'elle puisse reprendre rapidement", a déclaré à Reuters Michel Casals, responsable de la Chambre de commerce franco-libyenne. Des experts régionaux issus d'autres grands groupes comme Alstom, EADS, Thales ou encore Alcatel Lucent prendront part à cette mission, ainsi que des représentants de sociétés plus petites du secteur hospitalier ou pétrolier.

Lundi 29/08 :

Des travailleurs serbes emprisonnés pour être Serbe

Alors que les ressortissants des pays de la coalition ont pu être évacués durant ces derniers jours, que les Africains sub-sahariens ont été tués ou ont pu fuir en Tunisie. Cinq Serbes sont encore retenus par les rebelles en raison de leur nationalité. Sans avoir jamais été combattants, ils sont considérés comme des collaborateurs du régime. Source : Boctok

"La guerre n'est pas finie" selon un communiqué de l'OTAN

La coalition a décidé de continuer à fournir une "aide" au CNT jusqu'à ce que tout "reste" du régime de Kadhafi soit éliminé.

Durera-t-elle aussi longtemps que celles en Afghanistan et en Irak ?

L'Algérie menacée à son tour

Les frontières avec la Libye sont fermées suite à l'annonce de la présence de membres de la famille Kadhafi en Algérie.

L'OTAN défend la liberté des peuples


Merci à Yacine pour cette image
...
http://www.michelcollon.info/Actualite-sur-l-invasion-de.html

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Re: La Libye, un nouvel Irak ?

Message  Non2 le Ven 2 Sep - 4:09

Suite au refus de l'Algérie de prendre parti pour les "rebelles" de l'OTAN, aux crimes commis par eux en Libye et aux attentats de Cherchell ce 26 août (voir ici et ), les forces de gauche en Algérie, et particulièrement le PADS (Pari Algérien pour la Démocratie et le Socialisme) en appellent à une union des Algériens dans un esprit patriotique pour contrer une éventuelle et probable agression de l'OTAN contre l'Algérie.

PARTI ALGERIEN POUR LA DEMOCRATIE ET LE SOCIALISME

FACE AUX CONSEQUENCES DANGEREUSES DANS LA REGION DE LA VICTOIRE MILITAIRE DES PUISSANCES IMPERIALISTES EN LIBYE

FRONT POPULAIRE ANTIIMPERIALISTE PATRIOTIQUE DEMOCRATIQUE PROGRESSISTE POUR FAIRE ECHOUER LES PLANS IMPERIALISTES!

Les puissances impérialistes ont fini par abattre le régime libyen après 5 mois de bombardements barbares à l'aide des engins de mort les plus sophistiqués. 20 000 raids aériens et tirs de missiles meurtriers ont été effectués contre la Libye! L'OTAN, encore une fois a révélé sa véritable nature: une organisation militaire de brigandage créée, maintenue et renforcée pour piller le monde et dominer les peuples, écraser les tentatives de renversement du capitalisme, conserver et étendre par la force la plus brutale les zones d'influence vitales à l'expansion des intérêts des oligarchies financières et militaro-industrielles qui gouvernent les pays capitalistes. Tout l'arsenal militaire réuni des USA, de la France et de la Grande-Bretagne a été mobilisé pour détruire le potentiel de défense libyen, les infrastructures économiques vitales, priver d'eau, d'électricité, de vivres et de médicaments les populations favorables au régime. Assoiffer, affamer les populations, paralyser le fonctionnement des hôpitaux ou carrément les détruire, tuer sans risque à partir du ciel des milliers de civils, pousser à un nouvel exode centaines de milliers d'Africains venus gagner leur vie en Libye après avoir fui leurs pays d'origine appauvris par le pillage impérialiste, français en particulier: c'est cela le véritable crime contre l'humanité qui a été commis par les puissances impérialistes en Libye! L'encadrement politique de l'Etat et de la société opposé à l'agression a été décimé par les attaques ininterrompues des drones US et des hélicoptères envoyés par Sarkozy, guidés sur place par des centaines d'agents spéciaux britanniques assistés de traîtres à la Libye.

L'INTERVENTION DES PUISSANCES IMPERIALISTES DANS UN CONFLIT INTERNE N'EST RIEN D'AUTRE QU'UNE EXPEDITION COLONIALE QUI LEGALISE LE DROIT D'INGERENCE SOUS N'IMPORTE QUEL PRETEXTE

Elle a été camouflée sous le prétexte hypocrite et grossièrement mensonger de défense des populations civiles en révolte contre le pouvoir d'El Gueddafi.
Les buts de cette opération sont clairs: s'emparer du pétrole libyen, transformer la Libye en base militaire pour contrôler l'ensemble de l'Afrique du Nord et les pays du Sahel, préparer la prise de possession des richesses pétrolières algériennes, intervenir d'une manière ou d'une autre en Algérie pour placer à sa tête les forces politiques les plus antinationales en exploitant à leurs propres fins les contradictions internes, le mécontentement social et les luttes pour les libertés démocratiques. Les buts sont de tenir en respect les peuples tunisien et égyptien pour les empêcher de transformer leur soulèvement contre les tyrans déchus, tyrans soutenus pendant des dizaines d'années par ces mêmes puissances qui prétendent aujourd'hui soutenir les processus démocratiques, en véritables révolutions démocratiques populaires assurant la justice sociale et affranchissant les pays arabes de la domination impérialiste directe ou indirecte. Leur hantise est la formation d'un régime égyptien authentiquement révolutionnaire rejetant les accords du Camp David, soutenant la lutte du peuple palestinien pour son Etat débarrassée de l'occupation sioniste, et celle du peuple syrien pour la libération du Golan à un moment où il est en butte aux complots concertés de l'impérialisme, des monarchies du Golfe, des intégristes. Les buts sont également de renforcer les positions mondiales globales des puissances impérialistes dominantes en vue de trancher les conflits ouvert ou latents qui les opposent à la Chine et à la Russie, de briser toute tentative de remodelage progressiste des rapports économiques internationaux. Dans la course au pillage des richesses pétrolières de la Libye et des pays qui résistent encore à leur diktat, chaque grande puissance impérialiste espère ramasser le maximum de dividendes aux dépens de ses rivales.

Ces buts véritables n'ont rien à voir avec un quelconque soutien à l'aspiration légitime des peuples arabes à mettre fin à l'arbitraire et au despotisme de leurs dirigeants, encore moins à se débarrasser de la dictature des régimes bureaucratico-compradores au service des multinationales et de leurs Etats impérialistes, à choisir librement des dirigeants fermement décidés à promouvoir un développement économique indépendant qui assure le progrès à leurs peuples.

Rien n'est plus contraire à la vérité que d'affirmer que les agresseurs n'ont fait que soutenir les "insurgés" de Benghazi. Ce sont les puissances impérialistes qui ont été "épaulées" dans leur agression contre la Libye par une coalition de forces sociales les plus réactionnaires et les plus antinationales. Le fer de lance de cette coalition ce sont les nostalgiques de la monarchie renversée en 1969, les islamistes intégristes fanatiques - boutefeux de l'insurrection armée- partisans d'un Etat théocratique que le régime libyen a combattu à juste raison, les fractions bureaucratico-compradores corrompues du régime libyen, ralliées à l'impérialisme. Ces dernières fractions ont en fait organisé un coup d'Etat en suscitant les troubles armés de Benghazi avec le soutien assuré des puissances impérialistes dans le cadre d'une action coordonnée et préparée de longue date avec elles. Elles ont exploité le mécontentement populaire provoqué par les mesures socio-économiques antipopulaires et antinationales qu'elles ont elles-mêmes imposées depuis 2003 et dont elles ont largement profité sans que leur soif d'enrichissement ait été étanchée. Ces fractions étaient en conflit de plus en plus violent avec l'aile patriotique et plus ou moins antiimpérialiste représentée de fait par El Gueddafi à cause de son refus de satisfaire leur tentative d'accaparement directe des richesses nationales à travers les privatisations, la libéralisation du commerce extérieur, la remise en cause en profondeur des lois qui régissent l'exploitation des hydrocarbures. Elles ne se sont pas dressées contre El Gueddafi pour "démocratiser" la Libye mais pour prendre le contrôle total et absolu de l'Etat, instaurer la dictature d'une oligarchie alliée à l'impérialisme et aux monarchies du Golfe. L'instauration d'un Etat islamique libyen pratiquant une politique économique ultra-libérale sanctifiée par la religion est même envisagée. Les monarques rétrogrades du Golfe ont joué un rôle important dans la coordination et la préparation de l'insurrection de groupes intégristes armés infiltrés à partir de l'Egypte avec l'assistance logistique des Frères musulmans de ce pays et d'agents spéciaux des puissances impérialistes. Ces groupes se sont emparés dès les premiers jours de casernes et de dépôts de munitions et d'équipements militaires. Une propagande médiatique mensongère déversée à grands flots par El Djazeera et El Arabya, chaînes satellitaires aux mains des Emirs protégés par les USA, a fait croire que l'aviation libyenne s'est attaquée à la population civile. Cette campagne de propagande a dépassé en ampleur les mensonges sur les "charniers" de Timisoara en Roumanie, ou sur le prétendu viol des 30 000 Bosniaques par les Serbes, ou encore sur la "disparition" de 500 000 Kosovars assénée sur toutes les chaînes du monde par le porte-parole de l'OTAN en plein bombardement de la Serbie. Ces mensonges fabriqués de toutes pièces ont été largement repris pour préparer dans l'opinion, y compris en Algérie, l'acceptation de l'intervention étrangère.


LA SUBVERSION IMPERIALISTE A ETE GRANDEMENT FACILITEE PAR LE CARACTERE ANTIDEMOCRATIQUE DU SYSTEME POLITIQUE DE GESTION ET DE DIRECTION DE LA LIBYE

Ce système a empêché les travailleurs, les jeunes, les femmes, les fellah de s'organiser dans des syndicats indépendants. Des contradictions de plus en plus aiguës minaient le régime. Prisonnier de conceptions populistes petites-bourgeoises niant l'existence des classes et de leurs luttes, le courant représenté par El Gueddafi n'a pas été capable de rompre avec les pratiques hégémonistes et de faire appel à la mobilisation démocratique des masses pour trancher la question de savoir si les richesses libyennes doivent profiter à l'ensemble des couches laborieuses du pays ou seulement à une minorité d'affairistes véreux et aux multinationales. Il a cru que les divergences inconciliables autour de cette question fondamentale pouvaient être réglées dans les coulisses, sans débats démocratiques ouverts, dans le dos des masses populaires, par des compromis boiteux dans les cercles fermés du régime, par la ruse ou par la force pour imposer des solutions "consensuelles" utopiques, incompatibles avec les réalités d'une société traversée par des conflits de classe de plus en plus inconciliables. Il a cru qu'il pouvait obtenir la paix, grâce aux mesures de libéralisation économique de 2003, avec les pays impérialistes et le soutien de gros négociants spéculateurs libyens, de plus en plus nombreux. Il a gravement sous-estimé la duplicité des puissances impérialistes qui ne pouvaient se contenter de ces seules concessions. Elles n'ont cessé de comploter pour obtenir plus, notamment la mainmise pure et simple sur les gisements de pétrole. Elles ont réussi à tisser des liens étroits avec les couches qui ont bénéficié de cette ouverture économique. Ce sont ces couches sociales qui ont formé la base sociale la plus disposée à les aider dans leurs manoeuvres subversives. Les couches sociales compradores nées de cette brutale évolution n'aspiraient qu'à pactiser avec les puissances impérialistes pour défendre leur part du gâteau contre toute velléité d'expropriation par le peuple. Le groupe El Gueddafi, sa ligne anticolonialiste et antiimpérialiste officielle ont été rejetés par cette minorité de plus en plus influente politiquement car ils étaient devenus un obstacle à la satisfaction de ses désirs d'enrichissement sans entrave. D'un autre côté, cette nouvelle politique économique a eu pour résultat de mécontenter les couches laborieuses. Elle a provoqué la chute de leur pouvoir d'achat suite à la suppression de la subvention des produits de base, le chômage en conséquence de la fermeture ou de la privatisation des entreprises publiques, la paupérisation des masses et des jeunes. Enrichissement d'une minorité de bénéficiaires et appauvrissement de la majorité, tel a été le résultat du compromis passé avec l'impérialisme et les couches compradores pour tenter d'obtenir la levée du blocus criminel imposé par les Etat impérialistes. Le régime s'est en conséquence trouvé coupé du peuple.

La résistance à 5 mois de bombardements de l'OTAN a été en soi héroïque. Elle aurait pu être plus forte si le régime d'El Gueddafi avait coupé à temps avec son aile bureaucratico-compradore, s'il avait renoncé aux pratiques hégémonistes révolues, s'il s'était appuyé sur la mobilisation démocratique des masses et la démocratisation du système d'Etat pour isoler et écarter ce courant réactionnaire et antinational, s'il ne s'était pas fait des illusions sur les intentions des Etats impérialistes.

Le régime incarné par El Gueddafi a été un régime foncièrement antimonarchiste, antiintégriste, anticolonialiste et antiimpérialiste. Durant 40 ans il a incontestablement livré une bataille ininterrompue contre le néocolonialisme en Afrique et combattu sans relâche la tendance à pactiser avec les sionistes israéliens. L'Algérie ne peut oublier qu'il l'avait financièrement aidée à un moment crucial après la nationalisation des hydrocarbures du 24 février 1971 pour briser le boycottage du pétrole algérien que le gouvernement français avait tenté de mettre en place en représailles à cette décision historique. Mais ce régime a été inconséquent et s'est caractérisé par des positions instables. Il est difficile d'oublier que c'est El Gueddafi, aveuglé par un anticommunisme primaire, qui a permis au général Numeyri d'instaurer en 1970 une dictature sanglante au Soudan en lui livrant les officiers progressistes qui avaient tenté de le renverser. Ses inconséquences, son instabilité, ses initiatives internationales ou régionales souvent immatures et aventuristes, ou même nuisibles comme son projet d'Etat des Touaregs l'ont isolé des forces progressistes mondiales. C'est ce qui explique pourquoi celles-ci ne lui ont pas témoigné une solidarité inconditionnelle sans pour autant le considérer comme un ennemi à abattre.

De toutes les façons c'est au peuple libyen et à lui seul qu'il appartient de décider de son système politique, sans intervention étrangère. Jamais et nulle part l'impérialisme n'a apporté la démocratie et le progrès social à un peuple. Partout où il est intervenu militairement il n'a semé que mort, désolation, divisions, conflits confessionnels et ethniques. Les objectifs des impérialistes sont toujours de porter des pantins à la tête des Etats asservis. Il ne fait aucun doute que ceux qui seront placés à la tête de la Libye par l'OTAN ne seront que des marionnettes serviles que les antiimpérialistes devront combattre de façon résolue.

LES DIRIGEANTS ALGERIENS PORTENT UNE LOURDE RESPONSABILITE DANS LES CONSEQUENCES SUR LE DEVENIR DE NOTRE PAYS DES EVENEMENTS EN LIBYE, POUR LEUR SILENCE DEVANT CETTE AGRESSION SANS PRECEDENT TOUT PRES DE NOS FRONTIERES

Par son refus de la condamner sous prétexte de respecter une résolution du Conseil de Sécurité de l'ONU, une résolution illégale qui traduit seulement la loi des rapaces, par son attitude indigne face au ministre français des Affaires étrangères venu en juin à Alger pour lui demander des comptes sur son attitude sur la Libye, le gouvernement algérien a indirectement encouragé l'impérialisme à intensifier ses raids aériens sur la Libye. D'une manière générale, la politique du pouvoir, conforme à sa nature de classe comme représentant et défenseur des intérêts de la bourgeoisie compradore, exploiteuse, affairiste et parasitaire, comme expression des couches sociales les plus antidémocratiques, conduit à la compromission objective avec l'impérialisme, à la confusion et à la démobilisation dans la société. L'existence probable au sein du régime de courants encore attachés à la défense des intérêts du pays et plus ou moins indépendantes des couches affairistes et parasitaires n'en modifie pas cette caractéristique de classe essentielle. Ces courants ne pourraient contribuer à changer la situation que s'ils se mettent résolument du côté des classes et couches sociales laborieuses en agissant pour rompre d'abord avec les orientations économiques et sociales qui ont miné le pays depuis 30 ans et en favorisant la mobilisation démocratique des masses dans la lutte contre l'arbitraire, la corruption, les inégalités sociales, l'obscurantisme, l'allégeance aux puissances impérialistes.

Toutes les forces politiques algériennes ainsi que la grande presse dite "démocratique", qui n'ont à aucun moment condamné l'intervention impérialiste ou qui s'en sont même réjouies assumeront elles aussi leur part de responsabilité dans les conséquences dangereuses pour la stabilité, l'unité du territoire et l'indépendance de notre pays. Cette grande presse (El Watan, Le Soir d'Algérie, Liberté, El Khabar, Ech Chourouk) a joué un rôle néfaste de relais dans la diffusion de la propagande mensongère et de l'intox fabriquées par les grands médias des pays impérialistes et des monarchies du Golfe pour justifier l'intervention de l'OTAN et le soutien à la rébellion. Ensemble et aidées par le silence du pouvoir, toutes ces forces ont contribué fortement à désorienter les masses, à les démobiliser, à empêcher le développement d'un courant d'opinion pour dénoncer et condamner les bombardements de l'OTAN. Certains plumitifs sont même allés jusqu'à justifier ouvertement les bombardements au nom du soutien à une "révolte démocratique pacifique". Des dirigeants de partis politiques comme ceux du RCD souhaitent publiquement dans leurs meetings l'intervention des puissances étrangères pour les aider à obtenir l'instauration d'un régime "démocratique" en Algérie!
C'est propager consciemment un mensonge éhonté ou faire preuve d'une grande naïveté impardonnable que de faire croire que l'intervention en Libye a malgré tout pour résultat d'ébranler les "tyrans", de favoriser les luttes pour la démocratie et que la condamner revient à se mettre du côté des despotes. On peut comprendre que de larges secteurs de la population en ont assez de l'arbitraire des dirigeants des pays arabes. Mais croire que l'impérialisme s'est porté au secours des Libyens pour les aider à arracher la démocratie c'est méconnaître sa nature socio-économique et les leçons de l'histoire.

L'impérialisme n'a pas changé de nature même si ses propagandistes ont réussi à charmer par leurs discours sur les nouvelles réalités internationales et les prétendus bienfaits de la "mondialisation" les rêveurs petits-bourgeois ou au contraire à tétaniser des courants vaincus par la couardise face à son agressivité. Il a besoin de tyrans pour protéger ses intérêts et réprimer les peuples. Il ne se décide à s'en débarrasser que lorsqu'ils sont discrédités. Il se dépêche alors de les remplacer par d'autres au nom du soutien hypocrite à "l'aspiration à la liberté" et empêcher préventivement que leur chute sonne le début d'une révolution populaire antiimpérialiste. Il suffit de ne pas fermer les yeux pour voir que les régimes qui ont soutenu avec le plus d'acharnement la croisade impérialiste et qui lui ont fourni le justificatif tant attendu, à travers la position de la Ligue arabe, sont les monarchies théocratiques rétrogrades du Golfe. Par quel miracle, une intervention impérialiste soutenue par ces régimes peut-elle servir la démocratie, le progrès et l'indépendance dans les pays arabes?

Personne ne pourra un jour dire, quand les suites de cette agression se révéleront de façon dramatique pour les intérêts vitaux de notre pays, qu'il s'était simplement trompé en se laissant guider par sa seule haine naturelle et spontanée du despotisme.

Parmi ceux qui se sont tus face à l'agression, certains pensent peut-être qu'il faut éviter de s'attirer la foudre des grandes puissances, qu'il ne sert à rien de tenter de résister à la "toute-puissance" de l'impérialisme, qu'il faut se plier aux nouveaux rapports des forces internationaux, abandonner "l'esprit des années 1970" et qu'il vaut mieux exécuter par avance ses volontés pour ne pas subir le sort du peuple libyen et, avant lui, celui du peuple irakien. Cet esprit défaitiste et capitulard que le chef de l'Etat avait lui-même publiquement développé le 23 février 2005 pour justifier la dénationalisation des hydrocarbures, doit être combattu fermement. Il a tendance à se répandre dans la société. Il encourage l'impérialisme dans son offensive dominatrice. Il prépare le terrain à la réhabilitation de la loi Khelil d'avril 2005.

Ceux qui ont laissé éclater leur joie sur la "Une" de leurs journaux à la vue des insurgés sur la Place Verte de Tripoli dévasté par les bombes de l'OTAN ne sont pas tous des naïfs désinformés par une campagne d'intox sans précédent. Beaucoup d'entre eux ont tenu à marquer de la sorte leur enrôlement dans les complots impérialistes contre notre pays. Par leur soutien inconditionnel et grossier à la campagne anti-Gueddafi, ils ont simplement manifesté leur disponibilité à la collaboration antinationale, en échange de gains matériels qu'ils espèrent tirer dans la nouvelle configuration politique que les forces les plus antinationales préparent avec fébrilité en concertation avec les Etats impérialistes.

DES DANGERS SERIEUX PESENT MAINTENANT SUR LA STABILITE AUX FRONTIERES ORIENTALES DU PAYS ET SUR SA SOUVERAINETE SUR SES RICHESSES PETROLIERES

Désormais notre pays risque de voir se dresser sur les 800 km de ses frontières du sud-est saharien des forces militaires hostiles ne reculant devant aucun prétexte pour mettre la main sur ses ressources pétrolières et gazières. Les pantins du CNT de Benghazi, poussés par les néocolonialistes revanchards français, ne ratent aucune occasion pour distiller la haine contre l'Algérie. Ils s'emploient à justifier à l'avance les actes de belligérance programmés par les impérialistes.

Obama, Sarkozy, Cameron, jubilent devant les caméras. Ils incarnent le retour du colonialisme, cette fois-ci sous le drapeau de la "démocratie". D'une pierre, ils font trois coups: ils banalisent leurs interventions militaires dans le monde, ils contrôlent la Libye et les gisements de Hassi Messaoud ne se trouveront plus qu'à un battement d'ailes des Mirages sans qu'il y ait besoin de survoler ou de bombarder Alger. Il ne manque pas d'aventuriers assoiffés de lucre pour se laisser tenter par les promesses des brigands impérialistes. L'OTAN ne cache pas son intention d'installer de fait son centre de l'Africom en Libye. Le CNT a promis également à Israël de lui concéder des bases à proximité des frontières algériennes. L'Union européenne a déjà signifié une vingtaine de conditions aux fantoches du CNT de Benghazi. Elle ne lui demande pas seulement de tout privatiser. En plus, elle a tenu à lui notifier sa décision unilatérale de s'occuper elle-même de l'organisation des nouvelles forces de sécurité libyenne, notamment et précisément aux frontières!

L'accaparement des puits de pétrole libyens par les multinationales aura de graves répercussions. Elles plongeront le peuple libyen dans une misère aussi épouvantable que celle du peuple irakien depuis que son territoire est occupé par les USA et dirigé par leurs marionnettes. Elles toucheront les conditions de vie de l'ensemble des pays exportateurs de pétrole. Les capacités de manoeuvre de l'OPEP vont être réduites. Il ne faut pas être savant économiste pour prédire les conséquences négatives découlant de cette situation sur les recettes pétrolières de l'Algérie.

LA VICTOIRE DES IMPERIALISTES EN LIBYE N'EST PAS DEFINITIVE

Malgré leur incommensurable supériorité militaire, les puissances impérialistes et leurs marionnettes devront faire face à une résistance populaire qui ne manquera pas de s'organiser sur des bases nouvelles et de leur infliger une défaite inéluctable.

Le devoir de tout authentique démocrate patriote algérien est de dire "non!" à cette intervention et à ses suites, de soutenir les patriotes libyens qui combattent la mainmise impérialiste sur leur pays, quelles qu'aient été leurs positions dans le passé et les clivages secondaires hérités d'un régime qui n'a pas été capable de répondre aux nécessités de la mobilisation populaire démocratique. Le devoir du démocrate patriote progressiste algérien conséquent est d'oeuvrer à la formation d'un front antiimpérialiste solide à l'intérieur de son pays, de soutenir la constitution de ce front dans chaque pays menacé par les ingérences impérialistes, d'encourager la concertation et la coordination des forces antiimpérialistes dans les pays arabes et à l'échelle internationale. Le système capitaliste international est miné par des contradictions insurmontables. La crise économique les aiguise de jour en jour. Il y a un lien étroit entre son agressivité à l'extérieur contre les peuples des pays économiquement dominés et ses attaques redoublées à l'intérieur contre les conquêtes sociales des travailleurs soumis à des politiques de rigueur sans précédent. Les conséquences de cette crise attisent l'agressivité impérialiste mais l'affaiblissent en créant en même temps les bases et les conditions d'un large front mondial antiimpérialiste et anticapitaliste capable de venir à bout des oligarchies bellicistes réactionnaires qui régentent les grandes puissances impérialistes.

Les peuples des pays dominés et les travailleurs des pays impérialistes doivent unir leurs efforts et leurs luttes sur tous les fronts contre la grande bourgeoisie impérialiste.

Aux discours des défaitistes nous opposons notre certitude qu'il existe de larges forces en Algérie, dans les pays arabes, en Afrique, en Europe, en Amérique, en Asie, partout dans le monde, qui sont capables d'opposer un front mondial uni pour enrayer la machine impérialiste de domination et de mort.


CONSTRUIRE UN FRONT INTERIEUR UNI SOLIDE

Sa solidité en Algérie dépendra de la nature des décisions économiques pour lutter contre les privilèges insolents d'une minorité de trafiquants enrichis par l'exploitation féroce des travailleurs et le vol des biens nationaux. Elle dépendra des mesures à prendre pour casser les positions économiques des couches compradores et, partant, leurs liens politiques dans l'Etat et au sein de la société.

La neutralisation des manoeuvres des puissances impérialistes ne peut être obtenue par de nouvelles concessions unilatérales aux multinationales, ni par la conclusion de marchés juteux avec les grandes multinationales françaises, encore moins par les faveurs scandaleuses accordées aux émirs prédateurs du Golfe, comme le port d'Alger et l'argent gracieusement mis à leur disposition par les banques publiques pour réaliser des affaires spéculatives sur le dos du pays.

Contrairement à ce que veulent faire croire les défaitistes capitulards, l'alternative à l'offensive impérialiste existe et les forces capables de la porter représentent l'immense majorité de la population.
Cette alternative c'est le front pour un véritable Etat démocratique populaire réalisant le progrès social le plus radical et garant de l'indépendance du pays, de la défense de ses richesses pétrolières et de l'unité de son territoire, solidaire des luttes antiimpérialistes dans le monde.

Elle sera le fruit de la mise en oeuvre de mesures économiques et sociales qui satisfont les revendications des masses, introduisent la justice sociale, mettent fin à une répartition injuste et scandaleuse du revenu national. Elle est conditionnée par la levée des entraves de toutes sortes à leur mobilisation démocratique nécessaire pour imposer et appliquer de telles mesures.
Tout cela passe par des changements radicaux qui donnent le pouvoir à une large alliance entre la classe ouvrière, les salariés, la paysannerie laborieuse, les couches intermédiaires vivant de leur travail manuel ou intellectuel, les cadres patriotes et honnêtes de l'Etat et des secteurs économiques.

Le front intérieur ne sera cependant solide et durable dans la lutte contre le danger impérialiste que si les efforts sont intensifiés pour construire dans les luttes économiques, sociales, politiques et idéologiques de tous les jours le parti communiste enraciné au sein de la classe ouvrière, de la paysannerie, de la jeunesse, des intellectuels aspirant au renversement du capitalisme. Un parti qui ne cache pas sa volonté d'accumuler les forces indispensables à la préparation de la contre-offensive de masse pour abattre le capitalisme, matrice économique de l'impérialisme, instaurer une véritable république démocratique populaire ouvrant la voie à une révolution socialiste.

Mobilisons-nous pour que tous les enseignements soient tirés de la liquidation du régime d'El Gueddafi par les interventionnistes impérialistes!
Ne nous laissons pas tromper ou intimider par la propagande de l'impérialisme et de ses alliés intérieurs!
Combattons le défaitisme, le fatalisme et l'esprit de résignation!
Démasquons, isolons et neutralisons les forces qui s'allient à l'impérialisme, qu'elles soient dans le pouvoir ou en opposition formelle à lui!
Mettons en échec l'autoritarisme du régime, ses nouveaux projets antidémocratiques qui font le jeu de l'impérialisme!

Unissons-nous dans les luttes sociales et politiques pour une véritable alternative de progrès!

PADS
28 août 2011

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Re: La Libye, un nouvel Irak ?

Message  Loatse le Sam 3 Sep - 3:24

Que dire si ce n'est que la libye c'était la "goutte" de trop qui a fait déborder le vase déjà bien plein de l'ingérence envers les nations africaines...

Comment se fait il que nous ne nous soyons pas renseigné quand à la composition des membres du CNT ?

L'assassinat de Younès démontre que ce parti a déjà des dissensions en son sein..

Plusieurs pays ont tenté de proposer des solutions pacifiques pouvant convenir aux deux partis.. alors que kadhafi avait donné son accord pour une négociation allant dans ce sens, le CNT a refusé...

L'algérie craint pour son pétrole (on la comprend), et il se pourrait qu'une révolution éclate rapidement, les conditions de vie sous bouteflika n'étant pas les mêmes qu'en libye bien que ce pays ne manque pas de ressources pétrolières, la pauvreté qui y règne risque bien de soulever ce peuple déjà partagé...

Allons nous aussi bombarder l'algérie pour des raisons humanitaires ????

On n'entend guère l'iran (c'est inquiétant ca), la russie et la chine non plus... pour l'instant....

que dire du martyr que doivent subir les populations libyennes bombardées en ce moment même...

D'ici à ce que tout ceci se transforme en troisième guerre mondiale il n'y a qu'un pas.. on a déjà fait la moitié du chemin... pourront nous faire marche arrière ? n'est il pas trop tard ? le voulons nous d'ailleurs ?




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Re: La Libye, un nouvel Irak ?

Message  Non2 le Sam 3 Sep - 11:07

L'Algérie a une longue et dure expérience du colonialisme, et dispose d'une armée forte. J'ignore encore si la Libye sera un véritable bourbier pour les coloniaux de l'OTAN, mais ça risque de n'être rien à côté de la résistance de l'Algérie si elle devait être agressée aussi. D'autant plus que tous les pays "arabes" ont de grandes raisons maintenant pour haïr l'occident.

L'Iran, je pense, fait le gros dos, sachant très bien qu'il est au programme des agressions futures.

La Russie, par la voix de Poutine à tout le moins, cherche à faire passer Sarko, Cameron et Obama devant le tribunal pénal international pour crimes de guerre.

La Chine a entamé un changement en profondeur de son système de défense et commence à revendiquer des droits sur des îles du Pacifique qui lui permettraient de contrer une agression US.

Nombre de pays prennent leurs distances vis-à-vis de l'Europe et des Etats-Unis ainsi que de l'OTAN (quoique ce dernier ou les deux autres, c'est pratiquement la même chose). A remarquer la réaction de nombre de pays africains qui parlent de se retirer de l'ONU, devenu inutile puisqu'il n'est plus là que pour avaliser les décisions de l'OTAN.

Le monde change à vitesse grand V, et il est probable que l'on connaisse d'ici peu ce que je comparerais à des frictions entre plaques tectoniques ... pale

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Re: La Libye, un nouvel Irak ?

Message  Non2 le Sam 3 Sep - 20:01

Après les bombes, c'est l'arme de l'eau qui est maintenant utilisée !
4 septembre 2011
30.000 bombes, 60.000 morts : une sacrée mission humanitaire (Counterpunch)
Thomas C. MOUNTAIN

Après environ 8.000 raids aériens, et une estimation de 4 bombes lancées par attaque, l’OTAN a déjà largué plus de 30.000 bombes sur la Libye. Ca fait pratiquement 200 bombes par jour pendant 6 mois, soit des dizaines de milliers de tonnes d’explosifs puissants. Avec une estimation de 2 Libyens tués par bombe et aucune victime du côté de l’OTAN, les régimes occidentaux ont massacré environ 60.000 Libyens au cours des six derniers mois alors que les rebelles eux-mêmes annoncent 50.000 morts. Une sacrée mission humanitaire, n’est-ce pas ?

Le déroulement de la « guerre civile » en Libye peut être mieux décrit par les événements du 21 août. Ce dimanche après-midi, une équipe de télévision de la BBC a montré une colonne rebelle en train de s’enfuir de Zawiya, dans les environs de Tripoli. Battant pitoyablement en retraite, jetant des regards effrayés par dessus l’épaule et fuyant à toutes jambes sur la route par laquelle ils étaient arrivés – même la « presstituée » de la BBC qui était sur place n’a pas pu se retenir d’exprimer son dégoût devant la scène. Une fois de plus, confrontés à une résistance déterminée, les rebelles ont fui et montré leur véritable nature.

Le lendemain matin, une journaliste de France24 a raconté comment, plus tard dans la nuit de ce même dimanche, elle avait accompagné ces mêmes rebelles lorsqu’ils ont traversé Zawiya sans rencontrer la moindre résistance jusqu’à la Place Verte au centre de Tripoli, en croisant cette fois-ci une enfilade de ruines d’immeubles bombardés qui brûlaient encore.

Voilà ce qu’aura été la guerre de l’OTAN et si le monde ne le comprend pas, les rebelles, eux, ne le comprennent que trop bien.

Un problème majeur pour l’OTAN et sa Ligue de Traîtres Libyens, connue aussi sous le nom de Conseil National de Transition, est que la majorité des militaires rebelles sont sous les ordres du Groupe islamique combattant en Libye (GICL), un groupe qui se présente comme affilié au groupe Al-Qaeda du Maghreb. (voir détails déjà rapportés ici http://www.legrandsoir.info/comment-al-qaeda-est-arrive-a-re... – NdT)

(…)

Tandis que d’anciens terroristes de GICL devenus « combattants de la liberté » vont de maison en maison pour arrêter et exécuter des « supporters de Kadhafi » et des « mercenaires africains » à Tripoli, la vie quotidienne pour les habitants de la ville s’est transformée en une opération de survie. Sans eau depuis près de deux semaines, sans gaz pour cuisiner ou de combustible pour les véhicules et avec la nourriture qui commence à manquer, l’avenir pour la population de Tripoli paraît incertain.

Certains médias internationaux ont affirmé que la Grande Rivière Artificielle (GRA), le système d’irrigation qui fournit presque la totalité de l’eau du nord de la Libye, a été bombardée par l’OTAN. D’autres prétendent que les « loyalistes de Kadhafi » contrôlent toujours les puits du sud et qu’ils ont coupé l’eau – si c’est le cas, alors même Benghazi manquera d’eau. Tripoli devra donc importer son eau pendant un certain temps et le fait de savoir comment une ville de près de 2 millions d’habitants pourra vivre avec de l’eau importé par camions-citernes est un sujet que les médias n’abordent plus.

Le « Conseil National de Transition » désormais reconnu comme le « gouvernement légitime de la Libye » par les gouvernements de l’OTAN et leurs alliés est composé de nombreux anciens hauts officiels du gouvernement Libyen et se trouve de plus en plus dans une position délicate. Avec l’Union Africaine qui tente d’empêcher le déblocage des fonds du gouvernement Libyen détenus dans les banques occidentales il n’y a plus beaucoup de temps à perdre si ce CNT veut pouvoir continuer d’exister.

Le président de l’Afrique du Sud, Jacob Zuma, a condamné les dirigeants du CNT qualifiés d’escrocs et exigé la restitution des dizaines de millions de dollars que les hauts dirigeants ont volé lorsqu’ils étaient en fonction dans le gouvernement Libyen avant que l’Union Africaine ne lève son opposition au déblocage des fonds du gouvernement de Kadhafi.

Les dirigeants de l’OTAN doivent se démener pour maintenir le CNT à flots. Les images de palettes chargées sur deux mètres de haut de 200 millions de dinars Libyens acheminés par avion depuis Londres montre la fragilité de l’influence du CNT. Alors que le cirque des « amis de la Libye » organisé par l’OTAN et qui se tient à Paris promet de libérer les milliards de dollars Libyens détenus en otage par l’Occident, la mise en application de ces promesses est une toute autre affaire. La corruption et l’incompétence sont la marque des dirigeants du CNT et il ne sera pas surprenant d’entendre parler plus tard de détournements massifs de fonds.

La grande question est de savoir combien de temps les dirigeants du GICL/AQM laisseront-ils le pouvoir à leurs anciens ennemis jurés au sein du CNT. Déjà le « gouvernement » rebelle dans la ville portuaire de Misrata a annoncé qu’il ne reconnaissait pas l’autorité du CNT et on y signale la tenue de manifestations quasi quotidiennes pour exiger l’expulsion du CNT des anciens fonctionnaires du gouvernement Libyen.

Pendant ce temps, de vastes étendues du désert Libyen dans le sud n’ont pas été conquises par l’OTAN et pratiquement toute l’eau et une partie du pétrole échappe au contrôle du CNT.

Avec de centaines de villages et de petites villes éparpillées à travers un territoire immense, le Colonel Kadhafi et ses supporters ont encore une vaste zone à leur disposition. Avec l’Algérie qui combat Al Qaeda du Maghreb, sa frontière avec la Libye reste ouverte et offre un terrain de repli aux opposants aux rebelles de l’OTAN. Le CNT a déjà sonné l’alarme quant à une insurrection à long terme qui pourrait s’implanter dans le sud de la Libye et qui utiliserait l’Algérie comme base arrière.

Jusqu’à présent les dirigeants Al-Qaeda et les gros bras de l’occident au sein du CNT n’ont pas encore commencé à s’entredéchirer mais une guerre interne paraît inévitable. Il se pourrait que nous assistions à des bombardements par l’OTAN de ses anciens alliés.

Une chose qui est claire est que la tragédie Libyenne ne fait que commencer et la capture de pratiquement tout le nord de la Libye par les rebelles de l’OTAN n’est que le début. 30.000 bombes sur le pays et la mort de quelques 60.000 Libyens marquent plutôt le début que la fin de cette catastrophe.

Thomas C. Mountain
http://www.counterpunch.org/2011/09/02/30000-bombs-over-libya/
http://www.legrandsoir.info/30-000-bombes-60-000-morts-une-sacree-mission-humanitaire-counterpunch.html

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Re: La Libye, un nouvel Irak ?

Message  Loatse le Sam 3 Sep - 22:43

Depuis la découverte accidentelle, lors de travaux d'exploration pétrolière, d'importants gisements d'eaux fossiles sahariennes, l’idée de « grande rivière artificielle » a été annoncée, et mise en place sur 25 ans.



Pour subvenir aux problèmes d’insuffisance alimentaire, l’irrigation par pivots a été installée et des oasis artificielles (culture de la luzerne et cultures maraîchères) furent créées afin d’augmenter la production agricole nationale. On constate aussi l’apparition de périmètres irrigués situés sur les trajets qu’effectue l’eau vers la côte.

Un des autres objectifs du projet est d'alimenter en eau les villes de la côte, au nord, où est concentrée la population.



De nouveaux champs de puits ont été mis en service au nord de l'erg de Murzuq dans le sud-ouest du pays ; au total plus de 480 puits qui alimentent depuis 1997 deux conduites en direction de la Tripolitaine avec un débit de 2,5 millions de m³ par jour. La troisième phase du projet vient récemment de permettre le raccordement entre les deux branches principales du projet : la Tripolitaine et la Cyrénaïque.

Les villes étant approvisionnées en eau, les manques sont moins importants, sans avoir disparu.

Cette Grande Rivière apporte beaucoup à la population et à l’agriculture

Je trouve cela super ! une sorte de geo trouvetou, kadhafi ???? Smile

Naturellement, il se trouve des pessimistes/moqueurs pour critiquer cette avancée technologique

lu sur libé :

ure 13/08/2009 à 06h52
La Grande rivière artificielle, projet démesuré de Kadhafi censé puiser l' eau fossile du Sahara vers les terres cultivables de la Libye, n'aura fait naître que de faux espoirs et quelques tomates. [...] C'est dans les années 70 que le bouillant colonel Kadhafi a eu sa vision de la Grande rivière artificielle. Une manière pour lui de se [...] pays souffrant gravement de pénurie d' eau. [...] Ces pays accepteront-ils longtemps que la Libye [...] renouvelable. Car, à la différence des nappes phréatiques côtières, l' eau du Sahara n'est pas renouvelable. Or, les estimations sur la durée de vie de la Grande rivière artificielle sont très variables. [...]

Le figaro lui titrait en 2007 : "Kadhafi ou les excentricités du "messager du désert""


et alors ?? je suis sure que le colonel aurait trouvé une autre solution aussi ingénieuse pour approvisionner en eau ses habitants et cultiver si les nappes phréatiques s'épuisent... D'immenses récupérateur d'eau de pluie sur le Djebel akhdar en complément d'eau de mer dessalée ???

http://fr.wikipedia.org/wiki/Djebel_Akhdar_(Libye)

La question de l'eau dans cette euh guerre n'aurait jamais dû se poser... depuis quand est il normal de priver les populations d'électricité, d'eau et d'empêcher la nourriture de leur parvenir...On se croirait au temps des cathares et du siège de montségur pas au XXIème siècle !!!

Le résultat :

http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=26170

non 2 dit : Il se pourrait que nous assistions à des bombardements par l’OTAN de ses anciens alliés.

On est en train de ramener la libye à l'age de pierre là... les villes bombardées, les centrales électriques en ruine, le sytème d'irrigation des terres explosé.... Après le passage de l'otan ne restera plus que le désert, des tas de gravats mais des installations pétrolières en état de marche...

Combien de morts attribuait on à la répression de kadhafi envers les rebelles ? 300 ? combien de morts après l'intervention humanitaire des forces de l'otan ???


Dernière édition par Loatse le Sam 3 Sep - 23:31, édité 2 fois

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Re: La Libye, un nouvel Irak ?

Message  Loatse le Sam 3 Sep - 23:07

Suite...

non2 dit : La Russie, par la voix de Poutine à tout le moins, cherche à faire passer Sarko, Cameron et Obama devant le tribunal pénal international pour crimes de guerre

Peux tu me donner la source stp... je ne sais pas si poutine s'y oppose mais apparemment la russie reconnait le cnt et s'apprête à négocier avec eux...

http://fr.rian.ru/world/20110903/190821946.html

Par contre, il semblerait que le maintien de la paix par l'ONU en libye auquel désire participer la russie est refusé par les rebelles ex-futurs membres du gouvernement libyen...

http://fr.rian.ru/world/20110902/190809189.html


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Re: La Libye, un nouvel Irak ?

Message  Non2 le Sam 3 Sep - 23:34

Je ne sais plus où j'avais vu passer ça, il y a eu tellement d'articles.
Oui, la Russie a fini par reconnaitre le "gouvernement" (si on peut appeler ça comme ça) du cnt et de l'otan, ne serait-ce que pour conserver quelques chances de conserver quelques contrats en Libye. Mais je doute que les Russes apprécient vraiment ce nouveau régime.

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Re: La Libye, un nouvel Irak ?

Message  Loatse le Dim 4 Sep - 1:17

Je crois qu'il s'agissait d'un article de la pravda.. lettre ouverte à l'otan

http://translate.google.fr/translate?hl=fr&sl=en&u=http://english.pravda.ru/opinion/columnists/28-07-2011/118611-once_upon_time_libya-0/&ei=10gyTs76Io-Pswaoz5HpBg&sa=X&oi=translate&ct=result&resnum=1&sqi=2&ved=0CEIQ7gEwAA&prev=/search%3Fq%3Dlibya%2Bpravda%26hl%3Dfr%26client%3Dfirefox-a%26hs%3DvU1%26rls%3Dorg.mozilla:fr:official%26biw%3D1152%26bih%3D663%26tbs%3Dqdr:d%26prmd%3Divns

A ce propos, je viens de dénicher une vidéo très intéressante... Cet avocat s'apprête à porter plainte contre l'otan, notamment pour la bavure l'assassinat de cette famille libyenne qui vivait dans une ferme et dont les membres et le personnel ont succombé sous les bombardements de la coalition..

Des révélations sur la propagande du CNT relayée par les médias européens (bon on était tout de même au courant grâce aux médias alternatifs ) mais aussi une synthèse de la situation en libye, de ses très probables conséquences au niveau international et des intérêts qui ont pesé dans la balance en faveur de cette intervention. Quand au rôle qu'a joué bhl dans tout ceci.............

Edifiant !


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Re: La Libye, un nouvel Irak ?

Message  Non2 le Dim 4 Sep - 4:04

Ce n'était pas cet article, si c'était dans le même ton, c'était aussi sous forme d'allusions vagues dans la bouche de poutine lui-même. J'espère que ma mémoire ne me fait pas défaut, mais je ne pense pas.

Il n'a pas sa langue dans sa poche, cet avocat ! Normal, pour un "bavard", mais celui-là, en plus, parle vrai ....

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Re: La Libye, un nouvel Irak ?

Message  Non2 le Mar 6 Sep - 21:56

Vendredi 02/09 :

Les Libyens en danger. Les rebelles commettent des exactions et CNN ... va au zoo.

Les reporters de guerre se sont rendus de leur hôtel au parc zoologique de Tripoli où ils ont pu constater que les animaux souffraient et étaient en train de mourir en raison du départ précipité (ou de la mort) des gardiens. L'eau et l'électricité a été coupé par les rebelles dès leur invasion de la capitale laissant mourir les malades dans les hôpitaux. Source : CNN

Une preuve de plus que les Libyens sont en danger devant l'attaque des rebelles et de l'OTAN. D'autant plus que l'Homme fort de l'Etat français a déclaré qu'il souhaitait que les bombardements continuent jusqu'à la capture de Kadhafi dont tout le monde ignore où il est, ceci encore pour protéger les civils.

"Nous nous sommes mis d'accord pour la poursuite des frappes de l’OTAN tant que M. Kadhafi et ses partisans seront une menace pour la Libye", a déclaré le président Sarkozy.

"Nous avons annoncé que les opérations se poursuivraient aussi longtemps que nécessaire, aussi longtemps qu'il y a une menace pour les civils", a déclaré pour sa part le secrétaire général de l’OTAN le général Anders Fogh Rasmussen.

Belgique : pas de gouvernement, mais des idées. Leterme veut aussi sa part du gâteau.

Alain Juppé a explique lors de la Conférence de Paris pour pillage de la Libye que c'était normal que les gros contributeurs au conflit se taillent un peu la taille du gâteau pétrolier libyen. Yves Leterme : "Mais je ne crois pas seulement la France. Il y a d'autres pays qui ont pris des responsabilités dans une phase très précoce de l'action internationale. Il est clair, sans que cela ait été l'objectif, que cela a son importance, que les responsables du CNT reconnaissent le fait que la Belgique a été très active, très courageuse grâce aux efforts de nos concitoyens sur place et naturellement je ne veux pas nier qu'il y aura des retombées économiques aussi. Pour le Conseil National de Transition, lorsqu'il s'agira de reconstruire il est clair qu'ils auront une attention prioritaire pour les pays qui les auront aidés dans les moments les plus difficiles."

Jeudi 01/09 :

La France veut reconstruire ce qu'elle a détruit. A quel prix ?

Eric Besson : "Ce ne serait pas choquant qu’à partir du moment où la France a été le fer de lance (...) de la chute du colonel Kadhafi et de son régime, elle soit aux avant-postes pour la reconstruction", a-t-il fait valoir. "Il n’y a pas de dû, mais ce serait cohérent. Les entreprises françaises sont d’ailleurs très intéressées et implantées en Libye », a-t-il ajouté.

Bouygues (également propriétaire de TF1) semble être en bonne position. L'action en bourse a déjà remonté depuis le début de la destruction de Tripoli et de Syrte.

Qu'est-ce qu'un civil protégé par l'OTAN ?

Actuellement en Libye, n'est un civil qu'une personne, éventuellement armée jusqu'aux dents, qui a été entraîné par l'OTAN et qui crie « Vive Sarkozy » et/ou « Vive al Qaïda ».

Les noirs assassinés, leurs femmes violées, les Touaregs en exil, les habitants de Tripoli bombardés et dont les maisons ont été pillées ne semblent pas rentrer dans cette catégorie. Leur nombre s'élève à plus de 50.000 soit 10 fois plus que les civils morts à Benghazi que personne n'a jamais trouvé sauf l'AFP, organe de communication de l'Etat français et de son homme fort Nicolas Sarkozy.
http://www.michelcollon.info/Tripoli-Suivez-les-evenements.html

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Re: La Libye, un nouvel Irak ?

Message  Loatse le Mar 6 Sep - 23:27

Qu'est ce que CNN va foutre au zoo ??? cherchent une girafe maltraitée par kadhafi ????? Smile


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Re: La Libye, un nouvel Irak ?

Message  Non2 le Sam 10 Sep - 23:07

La journaliste Lizzie Phelan est également sortie du piège. Elle témoigne :

J'ai vu la transition vers la peur à Tripoli
par Lizzie Phelan, le 8 septembre 2011

Extraite par le CICR de l’hôtel Rixos où elle était restée bloquée durant cinq jours, Lizzie Phelan livre ses premières impressions après la chute de Tripoli. Le danger, la mort et la peur règnent désormais dans la capitale de la « Nouvelle Libye », tandis que paradent l’OTAN et ses Collaborateurs.


Avec ses collègues de TeleSur, de Russia Today, du Centre for Research on Globalization et du Réseau Voltaire, Lizzie Phelan (PressTV) est l’une des rares journalistes a avoir pris le risque de rendre compte de la réalité en Libye, à contre-courant de la propagande relayée par les médias dans les pays de la Coalition.
Il n’est pas aisé, dans la fureur médiatique déclenchée par la chute de Tripoli et le renversement du gouvernement libyen, de trouver une analyse claire de la manière dont les choses se passent maintenant, sous le nouveau pouvoir. Après être restée cinq jours bloquée à l’hôtel Rixos avec 35 journalistes étrangers, j’ai eu du mal à croire que les rues que nous traversions étaient les mêmes que celles qui m’étaient devenues si familières pendant le mois que j’ai passé dans la capitale libyenne.

Les rues, avant si animées, où les familles allaient à la plage ou en venaient et se préparaient pour le dîner qui devait interrompre le jeûne de ramadan, étaient maintenant vides. Aux drapeaux verts s’étaient substitués ceux des rebelles, et les rares check points —occupés auparavant par des volontaires, hommes et femmes, c’est-à-dire par des voisins— avaient été remplacés par des check points installés tous les 100 mètres et surveillés maintenant par des tanks et des combattants, uniquement des hommes, qui portaient des armes sophistiquées fournies par la force militaire la plus puissante du monde : l’OTAN.

Les fiers jeunes libyens noirs qui avaient assuré la protection des quartiers qu’ils habitaient avaient disparus. Nous allions les revoir ultérieurement, acculés, prisonniers sur des pick-up, comme dans ces images que, dans les mois précédents, on ne pouvait prendre qu’à des endroits comme Bengazhi et Misrata. Ils sont victimes de la rumeur selon laquelle Kadhafi aurait recruté des mercenaires dans les pays subsahariens, allégation largement rejetée par les organisations de défense des droits de l’homme vu qu’aucune preuve n’a été fournie pour l’étayer. Mais, dans la nouvelle Libye, les noirs se trouvent, avec les membres des tribus les plus importantes [en termes de population], comme celles de Warfallah, Washafana, Zlitane et Tarhouna, parmi les populations que les rebelles soupçonnent d’apporter leur soutien a Mouammar Kadhafi, un crime qu’ils punissent de mort, sinon d’une manière pire encore.

Le convoi de la Croix-Rouge internationale dont nous faisions partie arriva finalement à l’hôtel Corinthian. Lors de mon précédent séjour, il y a un mois seulement, il n’y avait dans cet hôtel que deux ou trois gardiens armés à l’entrée. Cette dernière était maintenant bondée d’hommes qui brandissaient les armes envoyées par l’OTAN et le Qatar. Il ne restait du personnel qu’un petit groupe, débordé et épuisé.

J’y ai retrouvé plus tard quelques visages des Libyens dont j’avais fait connaissance, mais la douleur assombrissait leur regard. « Comment ça va ? », ai-je demandé à une employée. « Il est toujours dans nos cœurs », m’a-t-elle répondu. Quand nous avons finalement eu l’occasion de parler sans témoins, elle a fondu en larmes, ce dont elle s’est excusée. Elle m’a dit qu’il lui était impossible de se confier à personne d’autre. « La Libye est comme notre mère, mais nous ne pouvons plus parler à notre mère ». Étant membre de la tribu des Warfallah et provenant de la région de Bani Wallid, elle savait que sa famille et elle-même risquaient d’être arrêtés à tout moment, uniquement en raison du soutien sans faille des Warfallah à celui qu’ils appellent leur « guide », Mouammar Kadhafi. Elle m’a dit : « À Bani Wallid on a toujours été des gens très fiers, généreux, humbles, dignes. Sous ce drapeau [qu’arborent les rebelles] du roi Idris, nous étions obligés de baiser les pieds du roi avant de pouvoir lui adresser un seul mot. Nous sommes revenus à ces temps-là. »

Elle a été une des nombreuses personnes qui m’ont conseillé de ne pas me faire remarquer et de partir au plus vite. J’avais été parmi les rares journalistes qui s’étaient concentrés sur les conséquences de la campagne de bombardements que l’OTAN avait déclenchée sur le pays et qui s’étaient efforcés de faire connaître la très forte participation aux marches populaires de soutien au gouvernement libyen ainsi que les conférences des tribus, faits qui indiquaient que ce gouvernement n’était pas aussi impopulaire qu’on essayait de le faire croire.

J’avais également essayé de dénoncer les liens des rebelles avec Al-Qaida, la même mouvance que l’OTAN combattait dans des pays comme Afghanistan. Depuis que les rebelles avaient reconnu que l’assassinat de l’ex-commandant rebelle Abdel Fattah Younès avait été le fait des groupes liées à Al-Qaida qui se trouvaient dans leurs propres rangs, la présence des extrémistes risquait de devenir de plus en plus évidente, tandis que le gouvernement libyen s’apprêtait à rendre publics des documents et des enregistrements téléphoniques qui démontraient l’implication d’Al-Qaida dans la crise et la manière dont l’Occident avait agi de connivence avec les membres de cette mouvance.

Or, après la chute de Tripoli, seul mon ralliement à la nouvelle Libye pouvait garantir ma propre sécurité, et mon amie Warfallah me pressait de rentrer dans mon pays et d’y faire connaître ce qui se passait [ici].

Alors que les combats faisaient rage sur les routes de l’intérieur du pays, ce qui les rendaient particulièrement dangereuses pour toute personne dépourvue de la protection des rebelles, ma seule possibilité de quitter la Libye consistait à traverser la Méditerranée.

Ce fut, pendant plusieurs jours, une possibilité quasi inexistante. L’agitation des rebelles, parmi lesquels des disputes éclataient régulièrement à l’hôtel sur qui était le véritable chef, s’étendait non seulement au trajet qu’il fallait franchir pour gagner le port et pouvoir quitter Tripoli, mais aussi à une très grande partie de la ville. Pendant quatre jours, on vint nous dire, plusieurs fois par jour —aussi bien à moi qu’à d’autres étrangers— que nous allions pouvoir partir. Et, à chaque fois, la personne qui avait approuvé le départ au port disparaissait ou était remplacée par un nouveau décideur.

À cause de l’existence de tant de groupes différentes, dont le Groupe islamique combattant en Libye, le Front national pour le Salut de la Libye et les divers groupes de déserteurs du gouvernement de Kadhafi, les forces occidentales —qui maintenant s’affichent ouvertement sur le terrain— semblent évoluer sur une terre qu’elles ne connaissent pas.

Au deuxième jour de mon séjour à l’hôtel Corinthian, trois Britanniques qui roulaient des mécaniques répétaient constamment que c’étaient eux qui étaient désormais en charge de la sécurité de l’hôtel. L’un d’eux m’a dit qu’il arrivait de Kabul, où « ça se gâte de plus en plus ». « Vous pensez qu’ici ça va devenir comme à Kabul ? », lui ai-je demandé. « C’est fort probable, avec tous ces groupes différents qui se disputent le pouvoir », m’a-t-il répondu.

Entre-temps, le nombre de vies humaines qu’a coûté la chute de Tripoli n’a reçu que très peu d’attention. Les derniers chiffres connus datent de la deuxième journée de combats à Tripoli. Le ministère de la Santé, encore en fonctionnement à ce moment-là, avait fait savoir que les pertes humaines, après 12 heures de combats et rien que dans la capitale, s’élevaient à 1 300 morts et 900 blessés. Le même ministère avait annoncé la veille plus de 300 morts et 500 blessés. Le total dépasse largement le chiffre de 1 400 personnes massacrées pendant l’attaque, qui avait duré deux semaines, de l’Opération « Plomb durci » déclenchée par Israël contre Gaza et qui avait soulevé une vague mondiale d’indignation.

Après les bombardements et les attaques des hélicoptères Apache sur le quartier le plus pauvre de Tripoli, et l’un des derniers à tomber aux mains des envahisseurs, celui de Abou Salim, des témoins oculaires ont rapporté qu’ils avaient pu voir des piles de corps qui jonchaient les rues. Un proche d’une personne dont on estimait qu’elle pouvait se trouver parmi les victimes fatales s’était rendu dans l’hôpital local, où il n’avait trouvé qu’un médecin et deux infirmières. De même que la grande majorité des travailleurs de la capitale, la plus grande partie du personnel de l’hôpital s’était enfui, se cachait ou avait peut-être été tué. Quand la personne en question avait voulu voir les cadavres, les gardiens lui avaient assuré qu’il n’y en avait aucun. Les proches des personnes portées disparues craignent donc que les corps n’aient été jetés dans des fosses communes dont les emplacements risquent de rester inconnus pour longtemps.

Ce bain de sang ne correspond nullement au discours sur une « Libye libre » où les civils sont « protégés ». Mais, dans une atmosphère si raréfiée par la volonté de contrôler le pays à tout prix, il est presque impossible que ceux qui se trouvent sur le terrain puissent faire preuve d’honnêteté par rapport aux images qui défilent devant leurs yeux, du moins tant qu’ils seront sur le territoire contrôlé par les rebelles.

Un jeune rebelle armé qui arborait le drapeau français sur son battle-dress m’avait demandé d’où je venais. « De Londres », lui ai-je répondu. « Ah, Cameron. Nous aimons Cameron », m’a-t-il dit avec un large sourire. Je me suis efforcée d’esquisser un sourire moi aussi. La moindre critique envers mon propre Premier ministre pouvait être perçue comme un signe de désaffection envers les nouveaux gouvernants de la Libye.

Sur le port, pendant que nous observions le bateau dont les victuailles qu’il transportait devaient être déchargées pour laisser la place aux passagers, un Italien commentait qu’ils étaient « comme des enfants qui dirigent une université » en voyant les nouveaux maîtres des lieux essayer de se servir des grues et des machines nécessaires pour activer la décharge des bateaux et le départ des bateaux.

On nous avait dit que le bateau ne pourrait probablement pas partir avant 5 ou 10 jours et que notre seule option pour le départ par voie maritime était un bateau de pêche long de 20 mètres, conçu pour accueillir uniquement 12 personnes et dépourvu de l’essentiel du matériel devant garantir une navigation sûre.

Quarante-trois personnes se sont préparées à embarquer. Le rebelle chargé de contrôler notre bateau vérifia nos papiers de manière répétée pendant 4 heures en insistant sur le fait qu’aucun Russe, Serbe ou Ukrainien ne serait autorisé à partir, pas plus qu’aucun ressortissant de Cuba ou de l’Équateur, pays dont les relations avec Mouammar Kadhafi avaient été trop bonnes tout au long de la crise.

Finalement, près de minuit, nous avons tous pu embarquer, à l’exception d’un Russe.

Tandis que le vacarme des tanks, les fusillades et l’odeur de la mort qui saturait l’air restaient de plus en plus loin derrière nous, ma mémoire évoquait la ville paisible, accueillante et sûre où j’étais arrivée.
Lizzie Phelan
http://www.voltairenet.org/J-ai-vu-la-transition-vers-la-peur

La version originale (en anglais) sur son site propose quelques photos, mais aussi cette vidéo :



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Re: La Libye, un nouvel Irak ?

Message  Non2 le Mar 13 Sep - 22:10

La Libye était un pays n'ayant aucune dette vis-à-vis du FMI et où les gens vivaient plutôt bien, même si tout n'était pas parfait.

Les rebelles de Benghazi, l'OTAN et les autres "amis de la Libye" se sont chargés de faire revenir les choses "à la normale" ... Crying or Very sad

Après les bombes les réformes du FMI
par Manlio Dinucci ; le 13 septembre 2011

Au terme du G8 de Marseille, la néo-directrice du FMI, la française Christine Lagarde, a fait une annonce solennelle : « Le Fonds Monétaire International reconnaît le Conseil de transition comme gouvernement de la Libye et est prêt, en envoyant au plus tôt son staff sur le terrain, à lui fournir assistance technique, conseil politique et soutien financier pour reconstruire l’économie et commencer les réformes ».

Aucun doute, sur la base de l’expérience consolidée du Fmi, que les réformes signifieront ouvrir grand les portes aux multinationales, privatiser les propriétés publiques et endetter l’économie. A commencer par le secteur pétrolier, dans lequel le FMI aidera le nouveau gouvernement à « rétablir la production pour générer un revenu et re-stabiliser un système de paiements ». Les réserves pétrolières libyennes -les plus grandes de l’Afrique, précieuses pour leur qualité élevée et leur bas coût d’extraction- et celles du gaz naturel sont déjà au centre d’une âpre compétition entre les « amis de la Libye ». L’Eni a signé le 29 août un mémorandum avec le Cnt de Benghazi, dans le but de rester le premier opérateur international d’hydrocarbures en Libye. Mais son primat est l’objet de quelques embûches dressées par la France : le Cnt s’est engagé le 3 avril à lui concéder 35% du pétrole libyen. Et sont aussi dans la compétition les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, l’Allemagne et quelques autres. Leurs multinationales obtiendront les licences d’exploitation à des conditions beaucoup plus favorables que celles pratiquées jusqu’à maintenant, qui laissaient jusqu’à 90% du brut extrait à la compagnie nationale libyenne. Et il n’est pas exclu que celle-ci aussi ne finisse entre leurs mains, à travers une privatisation imposée par le FMI.

En plus de l’or noir, les multinationales européennes et étasuniennes visent l’or blanc libyen : l’immense réserve d’eau fossile de la nappe nubienne (estimée à 150mille km3), qui s’étend sous la Libye, l’Egypte, le Soudan et le Tchad. Les possibilités de développement qu’elle offre ont été démontrées par la Libye, qui a construit un réseau d’aqueducs de 4mille Kms de long (qui a coûté 25 milliards de dollars) pour transporter l’eau, extraite en profondeur par 1.300 puits dans le désert, jusqu’aux villes côtières (Benghazi ayant été une des premières servies) et à l’oasis de Khufrah, en fertilisant les terres désertiques. Ce n’est pas un hasard si, en juillet, l’OTAN a bombardé l’aqueduc et détruit la fabrique, près de Brega, qui produisait les conduites nécessaires aux réparations. C’est sur ces réserves hydriques, en perspective plus précieuses encore que les pétrolifères, que veulent mettre la main -à travers les privatisations promues par le FMI- les multinationales de l’eau, surtout françaises (Suez, Veolia et autres) qui contrôlent presque la moitié du marché mondial de l’eau privatisée. Et pour réparer l’aqueduc et les infrastructures, les multinationales étasuniennes comme Kellogg Brown & Root, spécialisées dans la reconstruction de ce que les bombes USA/OTAN détruisent, sont prêtes à s’en occuper : en Irak et Afghanistan elles ont reçu en deux années des contrats d’un montant d’environ 10 milliards de dollars.

Pour les approvisionnements des nouvelles forces armées libyennes en armements, après que l’OTAN ait détruit la plus grande partie de ceux qui existaient, ce sont surtout les industries guerrières étasuniennes, britanniques, françaises et italiennes qui s’en occuperont. Les affaires ont le vent en poupe : les exportations britanniques d’armes en Afrique du Nord et Moyen-Orient ont augmenté de 30% dans les premiers mois de l’année, à cause de la demande accrue de la part de régimes comme ceux du Bahrein et de l'Arabie saoudite, engagés à réprimer leurs mouvements populaires.

L’entière « reconstruction », sous la régie du FMI, sera payée avec les fonds souverains libyens (environ 70 milliards de dollars plus d’autres investissements extérieurs pour un total de 150), une fois « décongelés », et avec les nouveaux revenus de l’export pétrolier (environ 30 milliards annuels avant la guerre). Ils seront gérés par la nouvelle « Central Bank of Libya », qui avec l’aide du FMI sera transformée en une filiale de HSBC (Londres), de Goldman Sachs (NEW York) et d’autres banques multinationales d’investissement. Elles pourront de cette façon pénétrer encore plus en Afrique, où ces fonds sont investis dans plus de 25 pays, et miner les organismes financiers indépendants de l’Union africaine -la Banque centrale, la Banque d’investissement et le Fonds monétaire- nés surtout grâce aux investissements libyens. La « saine gestion financière publique », que le FMI s’engage à réaliser, sera garantie par le nouveau ministre des finances et du pétrole Ali Tarhouni, ancien enseignant de la Business School de l’Université de Washington, autrement dit nommé par la Maison Blanche.

Edition de mardi 13 septembre de il manifesto
http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20110913/manip2pg/08/manip2pz/309832/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio
http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=26537

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Re: La Libye, un nouvel Irak ?

Message  Non2 le Ven 16 Sep - 23:37

Un article que j'avais raté il y a quelques jours :

17 septembre 2011
Libye – La guerre civile a commencé
Pierre PICCININ - Front libyen - Syrte

Dès après l’adoption de la résolution 1973, en mars dernier, par le Conseil de Sécurité de l’ONU, qui permettait l’intervention militaire des appareils de l’OTAN dans l’espace aérien de l’État libyen, d’aucuns avaient prophétisé la fin rapide du chef de facto du gouvernement de la Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire socialiste, le colonel Mouammar Kadhafi.

Tout portait d’ailleurs à le prévoir, puisque, non seulement, l’Alliance atlantique avait anéanti la force aérienne du gouvernement libyen, mais appuyait en outre la progression de la rébellion armée qui s’était déclarée dans l’est du pays, lui assurant la maîtrise de l’air, par le déploiement des avions et bâtiments de guerre des six pays membres de l’OTAN engagés dans cette entreprise. Or, depuis l’avènement de la guerre moderne, sans couverture aérienne, aucune offensive terrestre n’a la moindre chance d’aboutir, à fortiori si l’ennemi seul occupe le ciel.

On rappellera ainsi, à titre d’exemple, comment la puissante armée de Saddam Hussein, en 1991, avait été mise en déroute quasiment sans engagement au sol. Et le principe n’est pas nouveau : c’est ainsi qu’Israël, lors de la Guerre des six jours, en 1967 déjà, après avoir réussi l’exploit d’anéantir l’aviation égyptienne, avait en quelques heures, écrasé les impressionnantes forces arabes massées dans le Sinaï.

Les forces armées libyennes étaient donc condamnées à s’enterrer dans la défensive, sans aucune possibilité de reprendre l’initiative en lançant une offensive contre les rebelles de l’est.

Cependant, après plus de six mois de combats, la rébellion n’a toujours pas vaincu, Mouammar Kadhafi reste introuvable et près de la moitié du pays résiste encore. Assiégées depuis des semaines, Beni Oualid et une partie de la Tripolitaine refusent de se rendre, de même que la province de Syrte, ville natale du colonel, et tout le grand sud-ouest, le Fezzan, centré sur la ville de Shebha.

C’est que les prophètes d’alors n’ont pas pris en compte la caractéristique essentielle du terrain sociopolitique libyen, à savoir sa structure tribale clanique segmentaire, dont les multiples implications réservent aujourd’hui bien des surprises.

D’une part, en effet, si les tribus de l’est se sont montrées hostiles au gouvernement de Tripoli, les tribus de l’ouest lui ont en revanche toujours été fidèles. L’image naïve et manichéenne d’une révolte du « peuple libyen » contre le dictateur Kadhafi est ainsi tout à fait erronée.

D’autre part, le problème consiste dans le fait qu’il ne s’agit pas de combattre seulement l’armée régulière, mais aussi les partisans, les hommes et adolescents des clans, qui se fondent dans la population. Les bombardements aériens sont alors impuissants. Sauf si l’on décide de détruire des quartiers entiers des villes (ce que l’OTAN a fait à Tripoli et semble être en train de faire à Syrte, d’où le grand nombre de victimes civiles).

Enfin, jusqu’à présent, les rebelles, essentiellement les clans de l’est, ont libéré des territoires qui appartenaient à leurs tribus. C’était relativement aisé et ils luttaient uniquement contre l’armée régulière. Maintenant, la donne a changé, car ils attaquent, dans l’ouest, les territoires d’autres tribus, pro- Kadhafi, territoires dont les populations se défendent bec et ongles.

A cela, d’autres difficultés s’ajoutent. Les premières divisons apparaissent au sein de la rébellion : les tribus de l’est n’ont pas apprécié le récent transfert à Tripoli du Conseil National de Transition, autoproclamé « gouvernement de la nouvelle Libye » et déjà contesté car dirigé, pour l’essentiel, par d’anciens ministres kadhafistes désormais de plus en plus ouvertement taxés d’opportunisme. Ces tribus réclament son retour à Benghazi, menaçant de faire défection. Les chefs des clans, qui n’ont jamais été complètement sous le contrôle du CNT et ne lui obéissaient que très partiellement, refusent de rendre les armes et entendent bien conserver le contrôle de leurs fiefs. Surtout, des centaines de combattants islamistes ont fait leur apparition, toute une structure jusqu’alors inconnue : j’étais à Benghazi au moment de l’offensive sur Tripoli, lorsque ces milices dormantes se sont révélées, et j’ai pu constater la panique du président al-Jalil et de la plupart des leaders du CNT, confrontés à cette armée parallèle.

Tandis que la rébellion se fissure, Mouammar Kadhafi résiste donc et, s’il semble qu’il ait décidé de mettre sa famille à l’abri dans plusieurs pays d’Afrique qui lui sont reconnaissants de l’aide économique que la Libye leur a apporté des décennies durant (rappelons que l’Union africaine a refusé de coopérer avec la Cour pénale internationale dans le cadre du mandat d’arrêt lancé contre Kadhafi), c’est peut-être pour avoir lui-même les coudées franches et organiser une résistance de guérilla en Libye, où il se trouverait toujours.

En dépit de longues négociations qui devaient livrer Beni Oualid et Syrte au CNT, les chefs tribaux de ces deux régions restent fidèles au gouvernement, et c’est par la force, c’est-à-dire contre la volonté populaire des Libyens de l’ouest, qu’il faudra « conquérir » (et non plus « libérer ») ces territoires.

Quoi qu’il en soit, il apparaît à présent sans ambigüité que Kadhafi a le soutien effectif d’une partie de la population, et pas seulement de l’armée et de mercenaires étrangers.

Deux perspectives dès lors sont envisageables : l’aboutissement de négociations entre le CNT et les tribus de l’ouest pro-Kadhafi (mais il semble que cette tentative ait déjà échoué) ; ou la guerre civile.

Sera-t-il dit qu’un vieux bédouin armé de sa seule kalachnikov, avec son « air folklorique », drapé dans sa gandoura et logeant sous une tente en poil de chameau, aura bousculé, ne fût-ce que l’espace d’un moment, les desseins de la première puissance militaire de la planète ?

Pierre PICCININ
Historien – Politologue (Bruxelles)
http://www.legrandsoir.info/libye-la-guerre-civile-a-commence.html

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