Le bon, la dette et… les truands ; France et autres.

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Le bon, la dette et… les truands ; France et autres.

Message  Non2 le Sam 12 Mai - 9:56

Présidentielles françaises
Le bon, la dette et… les truands !
Charlotte GEHIN, le 12 mai 2012

Que retenir de cette campagne sinon un silence commun sur la Dette. Chut ! Pas un mot sur les conséquences, en France, de la crise financière européenne. Et pourtant, concernant cette affaire, ce ne sont pas les questions qui manquent.

Quelle voie sera forcée d’emprunter le président et son gouvernement ? The economist, journal quasi officiel de la City, tout au long de la campagne, a martelé la même antienne : « Au lendemain du 6 Mai, le vainqueur, quel qu’il soit, devra s’attaquer brutalement aux déficits », attaque qui débouchera sur un « choc pour les français ».

La soupe à la rigueur

Difficile donc de satisfaire un électorat qui a soif de réformes sociales et qui a voté non à la montée du chômage en considérant comme principal coupable Nicolas Sarkozy.

C’est pourtant bien d’un programme imposé à tous les pays appartenant à la zone euro dont il s’agit aussi pour la France et la recette est connue : Flexibilité du marché du travail, les « famous CDI », contrats uniques(1), démantèlement de l’assurance maladie, de l’assurance chômage, des retraites, des allocations familiales.

Vrai ou faux ? Pour ceux qui en douteraient encore, la réponse réside en un mot : la Dette publique. Grande absente des débats électoraux, alors qu’elle était au faîte de l’actualité juste après le « nécessaire » renflouement des banques(2) ou de la réforme des retraites, la dette publique est pourtant le levier qui fera basculer les autorités politiques vers la rigueur ou non. « Pour plusieurs pays, le nœud coulant de la dette publique s’est serré et ils sont pris à la gorge par les marchés financiers » dénoncent Damien Millet et Eric Toussaint.

Les victimes font grise mine

Sous-couverts du remboursement de leurs créances, envers les organismes privés(3) que les citoyens renflouent chaque jour par le biais des hausses d’impôts et des coupes sociales, le FMI et la Banque Centrale Européenne imposent une gouvernance guidée par la rigueur à tous les membres de l’Europe. « Il n’y a pas de compromis possible » arguait Jacques Sapir(4) sur France Inter. Les premières victimes des plans d’austérité l’ont déjà bien compris. Grèce, Portugal, Irlande…. Ou on arrête de payer la dette, ou on enterre le pays sous la vague de la compression libérale. Dimitris Christoulas(5) portait le deuil de cette triste réalité quand il a appuyé sur la gâchette de son arme. Il criait « pas de dette à mes enfants » et laissait la trace des conséquences bien concrètes des plans de rigueur « Le gouvernement d’occupation a littéralement anéanti tous mes moyens de subsistance, qui consistaient en une retraite digne, pour laquelle j’ai cotisé pendant 35 ans. ». La Grèce, ce pays aujourd’hui incapable de gouverner. En Espagne, déjà, le slogan de l’audit pour la dette est clair « No debemos, no pagamos ! ». En France, ce ne sont pas les 27 milliards d’euros d’économie imposés à l’Espagne qui vont retentir dans le quotidien des citoyens, mais les 80 milliards d’euros intégrés dans le plan du TSCG(6) à son égard. Ce n’est pas non plus un protocole concernant la croissance(7) ajoutée au Traité qui libérera François Hollande des recommandations de la Troika(Cool. Surtout quand le remboursement du service de la dette dévore 65% des ressources de l’Etat.

Quelle issue ?

La France de François Hollande, « le bon », peut-elle ouvrir ses portes aux émissaires de la Troika « les truands » ? C’est ce que stipulent les forces européennes armées d’un nouveau traité et d’un programme clé en main. Le TSCG porte en lui les germes de la catastrophe : il rend obligatoire le paiement de la dette. L’alternative est donc claire : ou le paiement de la dette est assuré et la protection sociale est disloquée, les besoins sociaux et les services publics sacrifiés(9), ou il y a arrêt du paiement de la dette et droit du travail, droits sociaux et services publics sont préservés. Qui pour porter ces exigences ? Quel front du refus ?

Charlotte Géhin, vice -présidente du CADTM France.
http://www.cadtm.org/

(1) Projet de forme unique du contrat du travail qui allégerait notamment les exigences juridiques de licenciement à l’égard de l’entreprise. Projet déjà mis en place en Italie, en Espagne…

(2) La Banque centrale européenne (BCE), financée par les pays membres, accorde des prêts des aux banques, elles-mêmes détentrices des créances des Etats. Rien qu’en Décembre 2011, 523 banques ont emprunté à la BCE près de 500 milliards d’euros pour 3 ans à un taux voisin de 1% lorsqu’elles prêtent aux Etats à des taux variant de 7% pour l’Espagne, jusqu’à 18% pour la Grèce…

(3) Les investisseurs institutionnels : banques, fonds de pension, compagnies d’assurance et autres organismes de placements collectifs.

(4) Economiste à l’école des Hautes Etudes. Il dirige depuis 1996 le Centre d’études des modes d’industrialisation (CEMI-EHESS). Emission Là-Bas si j’y suis, « Les financiers au coin du feu ».

(5) Le 4 Avril 2012, Dimitris Christoulas, pharmacien retraité de 77 ans, s’est suicidé à Syntagma, place principale d’Athènes.

(6) Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance. Il inscrit dans la Constitution des pays la « Règles d’Or », donc un déficit proche de 0 qui oblige à l’austérité, il donne le pouvoir aux autorités européennes non démocratiquement élues, il inclut des clauses de sanctions en cas de déficits. Il prévoit des projets de réforme pour chacun des pays membres et l’envoi d’émissaires pour assurer son bon fonctionnement.

(7) François Hollande a annoncé la renégociation du TSCG. Il la fera avaliser auprès du Conseil Européen. Un compromis entre Hollande et Merkel fait part d’une annexe ajoutée au Traité concernant la croissance.

(Cool FMI, Banque Centrale Européenne, Commission Européenne.

(9) Le chantier est déjà en œuvre : RGPP, flexibilité du marché du travail, durée légale, retraites… La révision générale des politiques publiques entamée en 2007consiste en une restructuration des missions et actions de l’État, avec de la mise en œuvre de réformes structurelles (non-remplacement de postes de départ à la retraite etc.). Les mesures de défiscalisation des heures supplémentaires prises par le gouvernement de François Fillon en 2007 avantagent le patronat français.
http://www.legrandsoir.info/le-bon-la-dette-et-les-truands.html

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Re: Le bon, la dette et… les truands ; France et autres.

Message  Loatse le Dim 13 Mai - 11:36

Le Fn fait souvent référence à jacques sapir, le front de gauche à Genéreux... quoiqu'il en soit les économistes ne savent plus trop ou donner de la tête il me semble tant la situation est complexe et surtout est devenue embrouillée.. enfin le terme exact qui se base sur mon ressenti profond est : verrouillée...

la dette... cette fichue dette que certains collent sur le dos de sarkozy qui n'a fait que la creuser encore davantage (mais c'était déjà de trop je trouve !), d'autres sur celui des banques, d'autres sur les marchés financiers..

voyons si j'ai tout bien compris.... : Suspect

Au départ de ce merdier, il y a Maastrich et la soudaine décision prise par notre gouvernement de ne plus emprunter pour financer nos besoins en équipements (écoles, hopitaux etc..)auprès de la banque centrale.. mais exclusivement auprès des banques privées...

Ensuite c'est l'Europe, bruxelles donc qui impose cette folie aux états européens... nous voici donc pieds et poings liés et redevables à des fonds privés nationaux ou étrangers... obligés d'emprunter avec des intérêts qui, quasiment, double le capital...

A ceci, il faut rajouter les mauvaises gestions de nos budgets avec des dépenses publiques qui ne correspondent pas aux recettes, une politique de délocalisation qui, qu'on le veuille ou non a in fine une répercution sur la croissance, ainsi que le déséquilibre au niveau du libre échange avec une balance à l'exportation déficitaire ne serait ce que par rapport à l'allemagne...

Je passe sur la crise des subprimes et les titres pourris, que nos établissements publics, tels que la caisse de dépot et consignation ainsi que la banque postale détiennent (du dexia) encore à ce jour, la non régulation de certaines opérations boursières qui font qu'il est possible de spéculer sur la faillite d'un état et ramasser ainsi un bon paquet de fric sur le malheur des autres...

Là dessus, il faut prendre en compte le MES qui, si j'ai tout bien compris, finalise ce qui semble être la main mise du monde de la finance sur nos nations...avec in fine, cerise sur le gateau une immunité totale accordée aux banques dans le cadre de cet accord..

la boucle est bouclée...

et la pelote si bien emmêlée, que tirer sur un fil à gauche c'est à coup sur resserer le noeud d'un autre fil à droite...

Bref, je m'explique.. les marchés financiers, ce ne sont pas seulement des sommes investies par des fonds privés de riches nantis (le fil de gauche) mais aussi, le placement des petites gens pour leurs retraites, les fonds d'assurances vies et les dépôts sur les comptes bancaires, etc... (le fil de droite)

donc si nous décidons de ne pas régler cette dette en totalité ou partiellement, ce sont les peuples qui trinqueront méchamment, pas ceux qui se trouvent tout en haut de la pyramide..

Quand au chomage de masse, quelque chose m'a sauté aux yeux à ce sujet sur l'une de ces vidéos (voir lien ci dessous) que j'ai trouvées très pertinentes...

l'incidence de celui ci sur l'inflation dés lors qu'on le réduit ou pas.... c'est kafkaien mais il semble que cela se tient... puisque qui dit chômage entretenue = moins de revendications salariales = pas de hausse des salaires donc pas de répercution de la ceux ci sur le coût de la vie...

chômage résolu = plus de facilité à négocier les salaires donc hausse de ceux ci et répercution par le patronat sur le côut des produits...

D'ou le besoin d'importer une main d'oeuvre étrangère conséquente ( que l'on s'empressera de montrer du doigt lorsque les élections approchent) main d'oeuvre qui permet de maintenir artificiellement ce chômage... avec aussi, les délocalisations qui semblent par moment évitables, notamment à l'approche des élections encore, lorsque qu'apparaissent soudainement des repreneurs....

(quel bande de fum....rs quand j'y pense !)

tout ceci pour te dire, non2, qu'à mon avis on est cuits....et bien cuits. parce que même en sortant de l'UE avec cet article 50 du traité de lisbonne et en retrouvant notre monnaie, il nous reste cette dette dont nous devrons nous acquitter sous peine de nous voir refuser tout emprunt auprès des marchés ou alors à des taux d'intérêts exhorbitants...

mais comme déjà cela semble impossible, il ne reste plus qu'à tenter de sauver ce qui peut l'être...sans céder aux sirènes des extrêmes comme en grèce.. comment ? ca je n'en sais fichtrement rien... Rolling Eyes

http://www.agoravox.tv/actualites/europe/article/l-ue-selon-n-farage-democratie-35022

ps : je relis ton article là, pétard, c'est vraiment une politique commune qui se profile là... le jour ou ils vont décider d'uniformiser les salaires de la zone euro, on va avoir de drôles de surprises je crois..

restera plus que lisieux pour pleurer quoi.... et un futur à la mad max...






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Re: Le bon, la dette et… les truands ; France et autres.

Message  Non2 le Dim 13 Mai - 12:44

Mouais ... bon, la politique commune au niveau de l’Europe, on y est presque, leur but est maintenant une politique commune UE/USA pour le grand marché transatlantique qui doit être fait pour 2015.

Par contre, tout n'est pas forcément plié, c'est la raison pour laquelle j'ai passé ce week-end "en formation". Donc tu te doutes bien que c'est un sujet sur lequel je compte revenir, mais c'est tellement dense qu'il me faudra un temps pour tout remettre en ordre. drunken

Edit : bonne nuit. Wink

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Re: Le bon, la dette et… les truands ; France et autres.

Message  Loatse le Dim 13 Mai - 13:21

tu dois en avoir des choses à raconter là. ils ont même réussi à te rendre optimiste on dirait.... What a Face je suis curieuse de connaitre ce qu'il s'est dit à ta conférence...


merci. bonne nuit à toi aussi non2





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Re: Le bon, la dette et… les truands ; France et autres.

Message  Non2 le Dim 13 Mai - 21:44

Optimiste, c'est beaucoup dire ! Mais il y a des arguments juridiques pour faire annuler une partie des dettes des états au niveau de l'un ou de l'autre des pouvoirs, selon les cas (tribunaux, conseil d'état, conseil constitutionnel ou autre).

Pour ce qui s'est dit, je n'en n'ai eu qu'une compréhension générale, tellement c'était dense. Mais on tentera de débrouiller cette histoire ...

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