Les départements d'outre-mer

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Les départements d'outre-mer

Message  minette le Ven 23 Mar - 2:15

19 mars 1946
La République française prend des couleurs

Le 19 mars 1946, la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane, et la Réunion deviennent des départements d'outre-mer sur un vote à l'unanimité de l'Assemblée nationale.

Ces «confettis de l'empire» auraient pu, comme les îles à sucre britanniques, devenir indépendants. C'était en tout cas le souhait des propriétaires blancs, descendants des premiers planteurs, qui voulaient ainsi faciliter leurs relations avec les États-Unis et échapper aux lois sociales de la République française.

Mais le projet de départementalisation a été défendu bec et ongles par le député martiniquais Aimé Césaire, poète de la «négritude», qui eut finalement gain de cause.


L'euphorie de la Libération

Dans l'euphorie de la Libération, les quatre vieilles colonies ont donc obtenu d'être promues au statut départemental grâce à l'effort conjoint de leurs députés noirs ou métis, Léon Lepervanche et Raymond Vergès (La Réunion), Gaston Monnerville (Guyane), Eugénie Éboué-Tell (Guadeloupe), Léopold Bissol et Aimé Césaire (Martinique), Aimé Césaire étant le rapporteur de la loi.

Quelques mois plus tard, le 24 septembre 1946, d'autres colonies, qui ont conservé le souvenir d'une histoire antérieure à la colonisation, sont transformées en territoires ou collectivités d'outre-mer. C'est le cas de la Polynésie française (ou Établissements français du Pacifique), de la Nouvelle-Calédonie, des Comores, de Wallis-et-Futuna, des Nouvelles-Hébrides (aujourd'hui le Vanuatu)... avec vocation d'accéder à une autonomie de plus en plus large puis à l'indépendance.

Amères désillusions

Après la décolonisation de l'Indochine, de l'Afrique et de l'Algérie, la République française a consacré de gros efforts financiers à ses DOM-TOM (départements et territoires d'outre-mer). Mais les espoirs de la Libération se sont très vite heurtés à l'atavisme colonial et aux combines électorales et politiciennes.

Dans les Antilles et dans une moindre mesure à la Réunion, le pouvoir économique reste concentré entre les mains des descendants des planteurs, quelques milliers de personnes et quelques dizaines de familles tout au plus (les békés).

La classe politique locale, bien qu'issue majoritairement des descendants d'esclaves, s'accommode de la situation et en tire profit. C'est ainsi qu'elle défend bec et ongles le maintien de taxes locales archaïques, comme l'«octroi de mer» qui pèse sur les importations, y compris celles provenant de la métropole et des autres DOM-TOM.

Ces taxes, qui contribuent à l'enchérissement des prix, ont conduit le gouvernement à offrir des primes substantielles aux fonctionnaires appelés à travailler outre-mer. En augmentant de moitié ou du double les revenus des fonctionnaires, les primes contribuent à leur tour à faire monter les prix de détail, pour le plus grand profit des patrons locaux mais au détriment des gens ordinaires qui doivent se satisfaire des aides sociales et de salaires nettement inférieurs à ceux de la métropole...

Ces conditions sociales font fuir les investisseurs, y compris dans le tourisme, en dépit d'atouts naturels importants. Autant de frustrations et d'incohérences qui nourrissent les rancoeurs et réveillent les vieux antagonismes du passé esclavagiste.

La Guadeloupe, qui a cruellement souffert de la Terreur révolutionnaire, y est plus sensible que ses consoeurs. Suite à la fuite ou à l'exécution de la plupart des planteurs, sa population compte aujourd'hui à peine 5% d'Européens dont une moitié de métropolitains. S'y ajoutent environ 15% de descendants des travailleurs tamouls amenés des Indes après l'abolition de l'esclavage (1848). La population restante est noire ou métisse.

Cette situation contraste avec la Martinique, qui a conservé une assez forte proportion d'habitants de souche européenne, y compris ses békés, lesquels, après la Révolution, ont mis la main sur les ressources de la Guadeloupe. Elle n'a rien à voir avec la Réunion dont la population est très bariolée (Africains et Malgaches, métis, Européens, Tamouls hindous et Indiens musulmans, Chinois, «petits Blancs» des Hauts etc.

L'outre-mer en panne

Depuis 1946, les départements et territoires français d'outre-mer cumulent les inconvénients du système colonial et de l'assistanat, avec pour résultat une société empêchée de se développer.

La comparaison de La Réunion et de Maurice est édifiante. Les deux îles sont similaires par leur peuplement comme par leur histoire ; la première étant mieux dotée par la nature. Mais l'île Maurice est indépendante depuis un demi-siècle tandis que La Réunion est département français.

Résultat, la Réunion bénéficie de routes asphaltées et les statistiques lui attribuent un PIB/habitant supérieur à celui de sa voisine mais ces avantages sont le résultat de la manne étatique. Comme le reste de l'outre-mer français, l'île compte près d'un tiers de fonctionnaires, près d'un tiers de personnes qui vivent des aides sociales et près d'un tiers de commerçants qui recyclent l'argent des premiers. À la marge, quelques activités traditionnelles (rhum, canne à sucre...) survivent à coup de subventions avec une main-d'œuvre de clandestins des pays voisins.

Rien de tel et pour cause sur l'île Maurice, qui a su attirer les capitaux et bénéficie d'une très importante activité exportatrice (textile, tourisme...). Sa population s'en montre d'autant plus épanouie. Les indicateurs de santé témoignent plus justement de cette réalité. Les taux de mortalité infantile et l'espérance de vie sont du même ordre dans les deux îles des Seychelles en dépit des moyens colossaux déployés par l'État français dans son outre-mer.
(Joseph Savès.)


Mayotte, le petit dernier

En 2011, l'île de Mayotte a rejoint la cohorte des départements d'outre-mer au terme d'un processus politique hasardeux.

En effet, cette île, qui a une forte identité pré-coloniale - à la différence des autres départements d'outre-mer -, avait vocation à devenir indépendante dans le cadre de l'archipel des Comores. Très pauvre et surpeuplée, aux antipodes de la culture française et qui plus est en tension permanente avec le reste de l'archipel, elle n'a guère de perspective de développement.

source : Herodote.net
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minette

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Localisation : bande de p'tits curieux va !!

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