Wikileaks, Assange, Mannings, ...

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Wikileaks, Assange, Mannings, ...

Message  Non2 le Jeu 8 Mar - 2:31

Outre les différents sujets dans lesquels on en parle déjà, on finirait par se demander ce qu'ils ont bien pu faire pour qu'on en parle tant. Voici un article qui, sans entrer dans les détails, fait un peu le point sur tout ça.

Le Rapport Anti-Empire
La Saga de Bradley Manning, Julian Assange, et Wikileaks,
de quoi écrire une chanson et tourner un film.
William BLUM, le 7 mars 2012

« Les avocats de la défense disent que Manning était à l’évidence un jeune soldat perturbé, que l’armée n’aurait jamais du envoyer en Irak ou accorder l’accès à des documents classifiés lorsqu’il était en poste là-bas... Ils disent qu’il était dans un état émotionnel fragile, en partie parce qu’il était un soldat gay à une époque où les homosexuels ne pouvaient pas faire officiellement partie des forces armées US. » (Associated Press, 3 février)

Il ets malheureux et troublant que les avocats de Bradley Manning aient choisi une telle ligne de défense, basée sur l’idée que ce sont les problèmes personnels et les déboires qui étaient à l’origine de sa motivation pour remettre des centaines de milliers de documents classifiés du gouvernement à Wikileaks. Ils ne devraient pas le présenter comme ils le présentent pas plus que Bradley ne devrait être jugé comme un criminel ou un traître. Il devrait être salué comme un héros national. Oui, même lorsque les avocats s’adressent à un cerveau militaire. Autant essayer de pénétrer ce cerveau et d’y trouver le meilleur côté de la personne qui y vit. Bradley aussi porte un uniforme.

Voici ce qu’écrit dit Bradley lors d’une conversation via internet : « Si vous aviez libre accès à des réseaux classifiés... et que vous trouviez des choses incroyables, terribles... des choses qui appartiennent au domaine public, pas à un serveur stocké quelque part dans un pièce sombre à Washington DC … que feriez-vous ? … Dieu sait ce qui arrivera maintenant. J’espère que ça provoquera des discussions, des débats, des réformes partout dans le monde... Je veux que les gens connaissent la vérité... parce que sans information, on ne peut prendre en tant que public des décisions en toute connaissance de cause. »

Est-ce que ces phrases vous donnent l’impression d’avoir été écrits par une personne dérangée ? Le Tribunal de Nuremberg et les Conventions de Genève ne mentionnent-ils pas ce devoir supérieur à la simple obéissance à son gouvernement, le devoir de dénoncer les crimes de guerre commis par ce gouvernement ?

En-dessous vous trouverez une liste de révélations trouvées dans les câbles et vidéos du Département d’Etat. Pour avoir révélé des comportements embarrassants et bien plus coupables, Bradley Manning de l’Armée des Etats-Unis et Julian Assange de Wikileaks passeront peut-être le reste de leur vie dans un donjon moderne, dont une partie à subir cette forme subtile de torture appelé « isolement ». Certes, il a été dit que les mauvais traitements infligés à Manning avaient pour objectif de l’obliger à témoigner contre Assange et de l’impliquer. Des dizaines de membres des médias US et des officiels ont appelé à l’exécution ou l’assassinat de Julian Assange. Sous la nouvelle loi National Defense Authorization Act, Assange pourrait être enlevé et assassiné. Dans quel siècle vivons-nous ? Dans quel monde ?

Ce fut après la publication des crimes de guerre américains telles que celle décrite dans la vidéo « collateral murder » et les documents publiés dans la série « Iraq War Logs », rendus publics par Manning et Wikileaks, que les Irakiens ont refusé d’exempter les forces US de toute poursuite en justice pour les crimes futurs. La vidéo montre un hélicoptère américain en train de tuer sans discernement plusieurs civils et deux journalistes de Reuters, et blesser deux jeunes enfants, tandis que les pilotes de l’appareil poussent des cris de joie comme si leur attaque au cœur d’une banlieue de Bagdad n’était qu’un jeu vidéo.

L’insistance du gouvernement irakien à exercer leur juridiction sur les soldats américains en cas de violations de la loi irakienne – quelque chose que les Etats-Unis n’acceptent pour ainsi dire jamais dans les nombreux pays où leurs troupes sont basées – a forcé la main de l’administration Obama qui a du retirer les dernières troupes du pays.

Si Manning avait commis un crime de guerre en Irak au lieu de les révéler, il serait un homme libre aujourd’hui, comme des centaines/milliers de soldats américains coupables de crimes véritablement odieux dans des villes comme Haditha, Fallujah, et d’autres lieux aux noms qui resteront chargés d’infamie dans le pays de l’ancienne Mésopotamie.

A part d’avoir joué un rôle dans la fin de l’affreuse guerre en Irak, les révélations de Wikileaks ont aidé à déclencher le Printemps Arabe, en commençant par la Tunisie.

Lorsque les Tunisiens ont lu ou entendu que les câbles US révélaient toute l’étendue de la corruption et le niveau de décadence de la famille au pouvoir – un long câble détaillé était intitulé « corruption en Tunisie : ce qui est à toi est à moi » - et que le soutien de Washington à Ben Ali n’était pas vraiment très ferme, et que les Etats-Unis se soutiendraient pas la régime en cas de soulèvement populaire, ils sont descendus dans les rues.

Voici un échantillon de certaines révélations de Wikileaks qui pourraient être utiles aux peuples :

  • En 2009, un diplomate japonais, Yukiya Amano, est devenu le chef de l’Agence Internationale pour l’Energie Atomique, une agence qui joue un rôle important dans l’enquête sur le nucléaire iranien pour déterminer si l’Iran cherche à développer l’arme nucléaire ou non. Un câble de l’ambassade US d’octobre 2009 dit qu’Amano « a lourdement insisté sur son soutien aux objectifs stratégiques US pour l’agence. Amano a rappelé à plusieurs reprises à l’ambassadeur (US) … qu’il était solidement implanté dans le camp US sur toutes les questions stratégiques, des nominations aux hauts postes jusqu’au traitement de la question nucléaire iranienne ».

  • La Russie a nié les affirmations US selon lesquelles les missiles iraniens pouvaient atteindre l’Europe.

  • l’enquête officielle du gouvernement britannique sur son implication dans la guerre en Irak a été gravement compromis par la promesse du gouvernement de protéger l’administration Bush au cours de l’enquête.

  • Une conversation entre le président yéménite Ali Abdullah Saleh et le général américain David H. Petraeus où Saleh explique qu’il couvrira le rôle des Etats-Unis dans les frappes par missile contre une branche d’Al Qaeda au Yémen. « Nous continuerons de dire que ce sont nos bombes, pas les vôtres » a dit Saleh à Petraeus.

  • L’ambassade US à Madrid a eu de sérieux points de friction avec le gouvernement espagnol et la société civile : a) en tentant de faire abandonner les charges dans une affaire criminelle contre trois soldats US accusés d’avoir tué un cameraman de la télévision espagnole à Bagdad, lorsqu’un tank US a tiré sans raison sur un hôtel où il résidait en compagnie d’autres journalistes (sans oublier le rôle incongru de RSF pour venir en aide à l’armée US au lieu du journaliste – NdT) ; b) des accusations de tortures présentées par une ONG espagnole contre six haut officiels de l’administration Bush, dont l’ancien ministre de la justice, Alberto Gonzales ; c) une enquête du gouvernement espagnole sur la torture de ressortissants espagnols à Guantanamo ; d) un examen par la Justice espagnole sur l’utilisation de bases et aérodromes militaires espagnols pour les enlèvements illégaux (« renditions ») ; e) une critique permanente contre la guerre en Irak par le Premier Ministre espagnol Zapatero, qui a finit par retirer les troupes espagnoles.

  • Des officiels du Département d’Etat aux Nations Unies, ainsi que des diplomates US dans différentes ambassades, ont été désignés pour recueillir le maximum d’information sur des officiels de l’ONU, dont le Secrétaire Général Ban Ki Moon, des représentants des membres permanents du Conseil de Sécurité, des hauts-fonctionnaires de l’ONU, et des diplomates étrangers : adresses de courrier, sites internet, noms d’utilisateur internet et mots de passe, clés privés de crytage, numéros de cartes de crédit, numéros de cartes de fidélité auprès des compagnies aériennes, horaires de travail, et données biométriques. Des diplomates US à l’ambassade à Asuncion, Paraguay, ont été chargés d’obtenir les dates, heures et numéros de téléphone des appels reçus et émis par les diplomates chinois, iraniens et des pays de gauche en Amérique latine, Cuba, Venezuela et Bolivie. Des diplomates US en Roumanie, Hongrie et Slovénie ont été chargés de fournir les données biométriques sur « les dirigeants actuels et montants et les conseillers » ainsi que des informations sur la « corruption » et sur la santé et la « vulnérabilité » des dirigeants. La directive de l’ONU demandait aussi spécifiquement « des données biométriques sur les haut officiels de la Corée du Nord ». Un câble similaire aux ambassades de la région des Grands Lacs en Afrique précisait que les données biométriques devaient inclure des échantillons de DNA et des images des iris et des empreintes digitales.

  • Un « observateur iranien » spécial dans la capitale de l’Azerbaidjan, Bakou, a fait le compte-rendu d’une dispute qui a éclaté lors d’une réunion avec le Conseil Suprême de Sécurité Nationale de l’Iran. Il est écrit que le chef d’état-major de la Garde Révolutionnaire, Mohammed Ali Jafari, a eu dispute violente avec le président iranien Mahmoud Ahmandinejad et l’aurait giflé au visage parce que le président, généralement conservateur, aurait défendu la liberté de la presse.

  • Le Département d’Etat, pratiquement seul dans tout le monde occidental, n’a pas clairement condamné le coup d’état militaire du 28 juin 2009 au Honduras, même si le câble de l’ambassade stipulait « il ne fait aucun doute que l’armée, la Cour Suprême et le Congrès ont conspiré le 28 juin dans ce qui constitue un coup illégal et anticonstitutionnel contre la branche éxecutive. » Le soutien US au coup d’état n’a pas flanche depuis.

  • La direction du Parti Social Démocrate suédois - la Suède neutre, pacifiste, progressiste, selon le vieux mythe - a rendu visite à l’ambassade US à Stockholm pour demander conseil sur la meilleure manière de vendre la guerre en Afghanistan aux public suédois, en demandant si les Etats-Unis pouvaient faire venir un membre du gouvernement afghan en Suède pour parler des efforts humanitaires de l’OTAN en faveur des enfants, et ainsi de suite. [Depuis quelques années déjà, la Suède est devenue, officieusement, un membre de l’OTAN et, à titre de faveur pour une certaine puissance occidentale, le persécuteur de Julian Assange.]

  • Les Etats-Unis ont tenté de pousser la Suède à adopter des lois sur les écoutes afin de pouvoir intercepter les communications passant par ce pays. L’intérêt des Etats-Unis était clair : 80% de tout le trafic internet de la Russie passe par la Suède.

  • le Président du Conseil Européen, Herman Van Rompuy, a déclaré en janvier 2010 à des officiels de l’ambassade US à Bruxelles que personne en Europe ne croyait plus en l’Afghanistan. Il a dit que l’Europe y participait par respect pour les Etats-Unis et que des résultats devaient être obtenus en 2010, sinon « L’Afghanistan, pour l’Europe, c’est fini ».

  • Les officiels irakiens considéraient l’Arabie Saoudite, et non l’Iran, comme la plus grande menace pour l’intégrité et la cohésion de leur état fragile. Les dirigeants irakiens ne manquaient pas une occasion pour rassurer leurs parrains américains qu’ils étaient capables de « gérer » les Iraniens, qui voulaient la stabilité ; mais que les Saoudiens voulaient un état irakien « affaibli et divisé », et même qu’ils « fomentaient le terrorisme qui allait déstabiliser le gouvernement ». De plus, le roi saoudien voulait que les Etats-Unis procèdent à des frappes aériennes contre l’Iran.

  • Aramco est accusée par les tribunaux US d’avoir trafiqué le prix du pétrole. Le ministre adjoint du pétrole saoudien a dit qu’il voulait que les Etats-Unis accordent l’immunité légale à l’Arabie Saoudite.

  • Des donateurs saoudiens étaient les principaux financiers de groupes militants sunnites tels qu’Al Qaeda, les Taliban, et Lashkar-e-Taiba, qui a organisé les attentats de 2008 à Mumbai.

  • Pfizer, la plus grande compagnie pharmaceutique au monde, a embauché des enquêteurs pour trouver des preuves de corruption chez le ministre de la justice du Nigeria pour le convaincre d’abandonner une action en justice autour de tests cliniques effectués en 1996 qui ont provoqué de méningite chez des enfants.

  • les géant pétrolier Shell a affirmé avoir « placé des hommes » et totalement infiltré le gouvernement du Nigeria.

  • l’administration Obama a rétabli les relations militaires avec l’Indonésie malgré de graves préoccupations exprimées par les diplomates US sur les activités de l’armée indonésienne dans la province de Papouasie occidentale, faisant part de leurs craintes que la négligence, la corruption généralisée et les violations des droits de l’homme du gouvernement indonésien ne provoquerait des troubles dans la région.

  • des officiels US ont collaboré avec le ministre de la défense du Liban pour espionner, et permettre à Israël d’éventuellement d’attaquer, le Hezbollah, quelques semaines avant la violente confrontation militaire qui a éclaté à Beyrouth, en mai 2008.

  • le président du Gabon, Omar Bongo, est accusé d’avoir empoché des millions par des détournements de fonds dans des états africains, et d’en avoir dirigé une partie dans des partis politiques français en soutien à Nicolas Sarkozy.

  • Des câbles de l’ambassade US à Caracas en 2006 demandaient au Secrétaire d’Etat US de mettre en garde le Président Hugo Chavez contre toute tentative de l’armée vénézuelienne de défendre la révolution cubaine dans l’éventualité d’une invasion américaine à la mort de Castro.

  • Les Etats-Unis étaient préoccupés que la chaîne de télévision de gauche en Amérique latine, Telesur, dont le siège est au Venezuela, ne collabore avec al Jazeera du Qatar, dont la couverture de la guerre en Irak avait agacé l’administration Bush.

  • Le Vatican, préoccupé par l’affaiblissement du pouvoir catholique en Amérique latine, a dit aux Etats-Unis qu’il voulait saper l’influence du président vénézuelien sur le continent. Le Vatican craignait que Chavez ne détériore les relations entre l’église catholique et l’état en assimilant la hiérarchie de l’église au Venezuela aux classes privilégiés.

  • Le Saint Siège approuvait la main tendue d’Obama à Cuba et espérait de nouvelles initiatives bientôt, éventuellement l’autorisation des visites pour les épouses des Cinq Cubains (emprisonnés aux US – NdT). De meilleures relations entre les Etats-Unis et Cuba priverait Hugo Chavez d’un de ses soutiens principaux soutiens et limiterait son influence sans la région.

  • Le monde merveilleux des diplomates : en 2010, le premier ministre britannique Gordon Brown a soulevé avec la secrétaire d’état Hillary Clinton la question des visas pour les épouses des Cinq Cubains. « Brown a demandé que les épouses (qui se sont vues refuser des visites pour les Etats-Unis) puissent recevoir des visas pour visiter leurs époux en prison... Après avoir interrogé 10 Downing Street (siège du premier ministre – NdT), il s’avère que Brown a formulé cette demande après un engagement auprès des syndicats britanniques, qui font partie du noyau du Parti Travailliste. Ayant formulé sa demande, Brown n’avait pas l’intention d’y revenir. Aucune action n’est donc requise. »

  • Des officiels GB ont dissimulé au Parlement comment les Etats-Unis ont été autorisés à introduire des bombes à fragmentation sur le sol britannique en violation d’un traité qui interdit la présence de telles armes.

  • Un câble a été envoyé en 2006 par un officiel à la Section des Intérêts Nord-Américains à la Havane (en l’absence d’ambassade, représentation diplomatique US à la Havane – NdT), au cours des préparatifs pour le Sommet du Mouvement des pays Non-Alignés. Il y précisait qu’il cherchait activement « des histoires humaines intéressantes qui briserait le mythe des prouesses de la médecine cubaine ». [apparemment destinées à affaiblir le soutien à Cuba chez les participants au sommet]

  • La plupart des hommes envoyés à Guantanamo était innocents ou de simples exécutants ; beaucoup d’innocents avaient été vendus aux Etats-Unis pour toucher les primes.

  • DynCorp, un grand sous-traitant de l’armée US qui affiche près de 2 milliards de revenus par an grâce aux contribuables US, a organisé des « ballets bleus » pour des recrues de la police Afghane. (Oui, vous avez bien lu).

  • Bien que les administrations Bush et Obama aient toujours affirmé publiquement qu’il n’y avait pas de bilan officiel du nombre de victimes civiles, les documents Iraq War Logs et Afghanistan War Logs ont démontré que c’était faux.

  • Des tortionnaires égyptiens connus ont reçu une formation à l’académie du FBI à Quantico en Virginie.

  • les Etats-Unis ont exercé une forte pression sur le gouvernement haïtien pour interrompre différents projets, sans aucune considération pour le bien-être du peuple haïtien. Un câble de 2005 a souligné l’insistance des Etats-Unis à mettre tout en œuvre pour empêcher l’ancien président Jean-Bertrand Aristide, que les Etats-Unis avaient renversé l’année précédente, de retourner en Haïti ou d’exercer une influence sur la vie politique haïtienne. En 2006, la cible de Washington devint le Président René Préval pour son accord avec le Venezuela pour rejoindre l’alliance pétrolier caribéen de Caracas, PetroCaribe, sous lequel le Haïti pouvait acheter du pétrole vénézuelien à 60 % du prix comptant et le solde sur 25 ans à 1% d’intérêt. En 2009, le Département d’Etat a soutenu une grande entreprise américaine qui s’opposait au relèvement du salaire minimum pour les travailleurs haïtiens, les plus mal payés de tout le continent.

  • Les Etats-Unis ont eu recours aux menaces, à l’espionnage, et plus encore pour peser sur la conférence sur le climat qui s’est tenue en 2009 à Copenhague.

  • Mahmoud Abbas, président de l’Autorité Palestinienne, et dirigeant de mouvement Fatah, s’est adressé à Israël pour l’aider à attaquer le Hamas à Gaza en 2007.

  • Le gouvernement britannique a formé une force paramilitaire au Bangladesh condamnée par les organisations de défense des droits de l’homme comme « un escadron de la mort gouvernemental ».

  • Un ordre militaire US a ordonné aux forces militaires américaines de ne pas enquêter sur la torture des détenus irakiens.

  • Les Etats-Unis ont été impliqué dans la campagne du gouvernement australien en 2006 pour renverser le premier ministre des Iles Salomon, Manasseh Sogavare.

  • En 2009, un câble US a dit que les brutalités policières en Egypte contre les petits délinquants pour leur arracher des aveux étaient monnaie courante et routinières.

  • Les diplomates US ont fait pression sur le gouvernement allemand pour étouffer le procès engagé contre des agents de la CIA pour l’enlèvement et la torture de Khalid El-Masri, citoyen allemand. [El-Masri avait été kidnappé par la CIA pendant ses vacances en Macédonie, le 31 décembre 2003. Il avait emmené par avion à un centre de torture en Afghanistan, où il a été battu, affamé et sodomisé. Le gouvernement US l’a libéré au sommet d’une colline en Albanie cinq mois plus tard, sans un sou en poche et sans moyens pour rentrer chez lui.]

  • Un câble de 2005 faisait état « de graves tortures généralisées » en Inde, la fameuse « plus grande démocratie du monde ». Le Comité International de la Croix-Rouge a signalé : « les mauvais traitements persistants, malgré les dialogues répétés avec le ICRC-GO (gouvernement indien), nous font croire que New Delhi approuve la torture. » Washington en avait été informée des années auparavant. Et qu’ont fait les Etats-Unis, un des plus grands tortionnaires de ces derniers 100 ans ? Les dirigeants US, y compris les dirigeants actuels, ont continué de faire des discours sur « la plus grande démocratie au monde », comme si la torture et l’un des pires taux de misère et de sous-alimentation des enfants au monde n’entrait pas en contradiction avec l’idée même de démocratie.

  • Les Etats-Unis ont levé l’interdiction de former les forces spéciales de l’armée indonésienne – malgré leur bilan de détentions arbitraires, de tortures et de meurtres – après que le président Indonésien ait menacé de perturber la visite du Président Obama dans le pays en novembre 2010.

  • Depuis 2006 au moins, les Etats-Unis financent des groupes d’opposition en Syrie, y compris une chaîne de télévision qui émet des programmes antigouvernementaux dans le pays.


William BLUM

http://killinghope.org/bblum6/aer103.html

Traduction « ouais, bon, bof, c’est vrai que Wikileaks n’a rien révélé. Surtout parce que personne n’a rien lu, et encore moins publié » par VD avec probablement les fautes et coquilles habituelles.
http://www.legrandsoir.info/la-saga-de-bradley-manning-julian-assange-et-wikileaks-de-quoi-ecrire-une-chanson-et-tourner-un-film.html

Lors d’une audience qui a eu lieu à Fort Meade, au Maryland, un juge a lu les charges pesant sur l’accuse Bradley Manning : 22 en tout. La plus grave étant celle d’ aider l’ennemi.

Bradley Manning est arrivé en uniforme militaire noir et s’est assis entre ses avocats. Il a évité de se déclarer coupable ou innocent, ce qui pourrait être une manière de faire baisser la peine pour l’accusé.

Après la lecture des charges on a demandé à l’accusé s’il voulait continuer avec la défense actuelle, composée d’un avocat civil et de deux avocats militaires ou bien changer pour un avocat militaire, mais il poursuivra avec son équipe actuelle.

L’accusé avait aussi la possibilité de proposer comment il voulait être jugé :
- par un juge, qui avait le pouvoir de décider s’il était coupable ou innocent,
- par une équipe d’officiers
- par une autre équipe dont un tiers des jurés désignés seraient des recrues comme Manning.

Mais le soldat a aussi refusé de le faire.

La juge a fixé la prochaine audience au 16 Mars.
Extraits de : http://www.abc.es/20120223/internacional/abci-juicio-manning-wikileaks-201202231935.html

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Re: Wikileaks, Assange, Mannings, ...

Message  Non2 le Dim 24 Juin - 2:20

La Cour suprême britannique refuse le réexamen du cas d'Assange.

Wikileaks est déjà tellement étouffé par le piratage de ses comptes bancaires par les États-Unis, si Assange devait être extradé et disparaître dans les prisons US, l'association disparaîtrait très certainement.

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Re: Wikileaks, Assange, Mannings, ...

Message  Non2 le Jeu 12 Juil - 10:56

Julien Assange ou la faillite morale des médias de masse
12 juillet 2012

La désinformation partiale sur la soi-disant nouvelle fourniture d’hélicoptères russes à la Syrie et les eulogies sur le décès du prince héritier du royaume d’Arabie saoudite (pourtant un fondamentaliste rabique) est à peine tombée qu’on se retrouve devant un autre échantillon d’information nourrie de préjugés.



Assange aurait fait un choix ‘bizarre’ en cherchant l’asile politique en Equateur. Ah bon ? La vérité est une fois de plus un peu plus nuancée

Julian Assange demande l’asile politique en Equateur, un choix ‘ironique’ selon les grands médias qu’il critique si violemment, pourtant un choix très logique selon ceux qui cherchent à s’informer par eux-mêmes.

Radio au petit déjeuner

Le matin du 20 juin 2012, je me suis presqu’étranglé en déjeunant quand vers 8.15 heures, j’entendais le journaliste de la radio flamande du VRT Geert Spillebeen discuter avec son collègue Bert Rymen la nouvelle que Julien Assange, le créateur de Wikileaks - qui attend pour le moment à Londres son extradition vers la Suède - se trouverait à l’ambassade de l’Equateur à Londres où il aurait demandé l’asile politique.

Apparemment la VRT avait cherché en vain un expert juriste pour l’éclairer sur le droit d’asile. Il n’était pas disponible. On a donc fait recours à la formule classique de la ‘conversation improvisée‘ entre collègues où l‘un des deux avait la tâche de donner l‘impression d‘en savoir un peu plus sur le sujet.

La conversation qui suivit enchaînait un exposé erroné à une reproduction déformée des faits, entremêlés de demi-vérités et de commentaires suggestifs déguisés en ’petits faits’ qui devaient donner l’impression d’une analyse objective.

Mais de quoi s’agissait-il ?

Le début de leur conversation était assez neutre. Rymen et Spillebeen rappelaient d’abord les éléments de l’affaire Assange. Ils se trompaient toutefois de terminologie juridique. Assange n’est en effet pas ’inculpé’ de faits de mœurs ; ni en Suède ni en Grande-Bretagne. Aucune plainte n’est déposée contre lui.

Il est seulement ‘recherché’ par la Suède pour être interrogé dans le cadre d’éventuels faits de mœurs, à la suite de quoi il sera décidé s’il y aura procès oui ou non. Ceci n’est pas un détail négligeable, cela signifie qu’Assange est poursuivi en justice depuis plus d’un an sans inculpation officielle, un des principaux arguments de ses défenseurs, élément apparemment superflu pour les journalistes de la VRT.

Drôles d’oiseaux, ces fans d’Assange

Selon les journalistes en question, tout cela n’est clairement pas trop sérieux, car Assange est surtout soutenu par des ’milieux artistiques’ de ‘tendance de gauche’ qui trouvent sa ‘rébellion’ assez sympathique. Spillebeen confond à ce propos Mick Jagger et Bianca Jagger et cite la somme de 100.000 livres de caution alors qu’il s’agit de 240.000 livres. Bon, il fallait faire vite et l’essentiel, ce ne sont pas ces détails. L’idée que le multimilliardaire Mick Jagger aurait des sympathies à gauche est en tout cas une révélation pour moi.

The Guardian, source au-dessus de tout soupçon

Il s’avère que le journaliste Spillebeen s’est basé presqu’uniquement sur un article du site web du journal britannique The Guardian. C’est sur le sujet une source très suspecte, car le journal mène depuis des années une campagne hargneuse contre Assange et Wikileaks.

Mais même les journalistes de la VRT ne sont pas exempts de quelques parti pris. Le milieu feutré de leur conversation diffuse une désapprobation d’Assange à peine dissimulée.

Assange est en effet quelqu’un qui perce à jour le mythe de médias critiques et objectifs. En fait le travail de détective de Wikileaks dévoile la faillite du journalisme d’investigation. Bien des journalistes ont donc des raisons de ne pas apprécier Assange, surtout parce que celui-ci n’épargne pas les critiques à l’endroit de ces mêmes médias.

Parti-pris sélectif

La désapprobation de Spillebeen et Rymen apparaît entre autres dans le choix des termes et des exemples. Ils citent à l’appui d’Assange Mick - il s’agit en fait de Bianca - Jagger mais non John Pilger, peut-être le journaliste investigateur le plus connu au monde, ni Michael Moore qui ont fait de la question Assange une affaire personnelle.

En outre Bianca Jagger peut bien être l‘héritière d‘une famille nicaraguayenne millionnaire, dont le père a été aux côtés du dictateur Somoza, elle défend depuis des années des causes progressistes partout dans le monde et n‘est donc certes pas une nouvelle venue dans cette affaire.

Bianca Jagger n‘a pourtant jamais exprimé rien de plus que de la sympathie et n‘a pas participé au versement de la caution, bien Pilger et Moore, qu’il serait donc plus logique de citer.

Si, les ‘faits’ méritent bien une enquête

En outre la façon de présenter les choses dans cet entretien de la VRT suggère que cette sympathie fait bon marché de la gravité des accusations. Quelqu’examen de sources démontre que tous ceux qui soutiennent Assange estiment que les faits sont assez graves pour exiger une enquête sérieuse.

A leurs expressions de soutien, ils ajoutent toujours qu’au départ Assange était resté plusieurs semaines en Suède après les premières accusations portées peu après les faits, s’est tenu ouvertement à la disposition de la police et que durant son séjour le juge d’instruction n’avait pris aucune disposition pour qu’il soit interrogé.
Après que finalement il ait quitté le pays, l’affaire avait même été classée puis rouverte.

Une commission rogatoire

Assange et ceux qui le soutiennent ont toujours estimé que les autorités suédoises ont le droit et le devoir de l’interroger. Cela pourrait se faire très simplement en appliquant une procédure existante qui est souvent suivie et qui est même la plus courante pour enquêter sur des délits qui vont bien plus loin que dans ce cas-ci. Il s’agit de ce que l’on appelle une commission rogatoire.

La Suède peut toujours envoyer une équipe de juges d’instruction à Londres pour l’y interroger. Les porte-parole d’Assange n’ont cessé de le répéter. Le pays peut même encore le faire maintenant en concluant un accord juridique à ce sujet avec l’Equateur. Ce que les autorités suédoises ont toujours refusé de faire.

Innocent ou non, là n’est pas la question

Last but not least, ses porte-parole n’affirment pas qu’Assange est innocent mais font remarquer que jusqu’ici aucune plainte officielle n’a été formulée et que malgré cela il est depuis près de deux ans poursuivi. Ils y ajoutent que certaines choses laissent supposer qu’un autre agenda se cache derrière les procédures actuelles à son encontre. La supposition qu’il s’agit seulement pour les autorités suédoises de l’avoir en Suède est confortée par tous ces éléments.

C’est en tout cas une tout autre histoire que ce qu’en font les journalistes de la VRT. Une fois que dans leur discours il s’agit de l’Equateur, leur parti pris analogue à celui du Guardian est évident.

Un prêté pour un rendu ?

Assange a récemment interviewé le président de l’Equateur Rafael Correa dans son programme ‘The World Tomorrow’ pour la chaine Russia Today. Spillebeen ne mentionnait que ‘une station russe en langue anglaise’. Je ne puis imaginer que Spillebeen parlerait d’un ’programme d’une station anglaise’ s’il s’agissait de la BBC.

Dans son programme Assange avait présenté Correa comme un ’populiste de gauche’ qui aurait changé l’image de son pays de façon positive.

Il est clair pour Spillebeen qu’Assange attend quelque chose en retour. C’est naturellement pure spéculation et donne une impression de conspiration. Spéculer n’est pas informer. On peut d’ailleurs aussi bien spéculer que c’est le contraire.

Il y a deux ans, l’Equateur avait déjà déclaré qu’Assange serait le bienvenu s’il voulait émigrer chez eux, mais le pays avait renoncé à sa proposition parce qu’à ce moment il n’était pas tout à fait clair si Assange et Wikileaks avaient ou non contrevenu à un certain nombre de règles internationales.

L’Equateur, un choix logique

Il est plus que vraisemblable que d’autres contacts ont suivi. Il serait donc tout à fait possible que l’inverse se soit produit, c’est-à-dire qu’Assange ait ’donné quelque chose en retour’ à Correa par son interview sur Russia Today et non l’inverse. Ceci est bien sûr aussi pure supposition. Au moins je ne veux pas le faire passer pour autre chose.

Le choix de l’Equateur serait donc "ironique", d’après Spillebeen. Il a sans doute repris cela à José Miguel Vivanco, le directeur de Human Rights Watch qui déclare que ‘l’Equateur a - après Cuba - la plus mauvaise réputation de la région en matière de liberté d’expression à cause de la pratique d’y poursuivre les journalistes locaux lorsque leurs déclarations ou leurs enquêtes dérangent…’

L’Ambassade des Etats-Unis sur la brèche pour la démocratie

The Guardian apparaît encore plus clairement comme la seule source d’information quand Spillebeen ajoute qu’en avril 2011 le Président Correa avait fait expulser l’ambassadrice des Etats-Unis Heather Hodger parce qu’il apparaissait dans les révélations de Wikileaks que celle-ci déclarait l’Equateur ‘un pays très corrompu’. Elle aurait marché sur les pieds sensibles du Président, ainsi raisonne la VRT.

Une fois de plus, la vérité est bien plus nuancée. Dans ce fameux télégramme du 10 juin 2009, l’Ambassadrice n’avait pas du tout déclaré que l’Equateur serait un pays corrompu mais bien plus spécifiquement que le chef de la politique équatorienne Jaime Alequilino Hurtado ne devrait pas obtenir de visa pour les Etats-Unis parce qu’il utiliserait sa fonction pour ‘extorquer de l’argent liquide et des propriétés, faire un mauvais usage de fonds publics, faciliter la traite d’êtres humains, empêcher des enquêtes et des poursuites concernant des collègues corrompus’. En outre il se serait agi de ‘corruption systématique dans la politique équatorienne depuis les années’’90.

Le Président Correa connaît très bien la répression en Equateur

Donc, selon la VRT, Correa se fâcha parce que le télégramme suggérait qu’il était au courant et ne voulait rien faire. Alors qu’il a fait de la lutte contre la corruption dans la politique et dans l’appareil judiciaire gangrenés depuis des années par ses prédécesseurs une de ses priorités et a déjà introduit dans ce but la modification de la loi fondamentale qu’il avait promise.

Cette nouvelle loi fut présentée ici dans les médias exclusivement comme une tentative d’acquérir plus de pouvoir personnel. Correa en fut très irrité parce que ce sont justement la police et l’armée, qui pendant des années ont été dans la dépendance des Etats-Unis, qui fermaient les yeux sur les liens de leurs membres avec les trafiquants de drogues, cela parce qu’ils étaient leurs alliés pour le maintien de gouvernements répressifs qui ont tenu le pays dans une poigne de fer jusqu’à l’arrivée de Correa.


Corruption, oui, mais pourquoi seulement maintenant ?

L’accusation portée par l’ambassadrice américaine contre le commissaire politique Hurtado était particulièrement hypocrite parce qu’avant l’élection d’un président de gauche l’ambassade des Etats-Unis n’avait jamais vu de problème dans la corruption flagrante des prédécesseurs de Hurtado.

C’était en outre une décision très hypocrite de ne plus accorder de visa alors que pendant toutes ces années avant l’arrivée au pouvoir de Correa l’ambassade américaine en avait accordé un à tous ses prédécesseurs en sachant qu’ils étaient corrompus.

Que le Président Correa ait fait fermer la base militaire américaine en Equateur est une raison de plus pour donner mauvaise réputation à son régime. Bon, il consentait à ce qu‘ils restent s‘ils payaient une location (ils occupaient la base gratuitement) et s’il pouvait lui aussi installer une base équatorienne en Floride ...

Le chat, je veux dire la CIA, qui revenait sept fois

L’Equateur peut tabler sur une expérience massive de l’ingérence du grand frère du nord.Dans le livreThe CIA Diary de l’ex-agent Philip Agee, on peut lire comment l’ambassade des Etats-Unis en Equateur a fonctionné pendant des années comme centre de coordination pour infiltrer les partis de gauche, les syndicats et organisations populaires, pour financer des transfuges et traîtres, semer la discorde, et commettre des assassinats.

Apparaît aussi dans ce livre la collaboration de l’ambassade des Etats-Unis avec les médias commerciaux équatoriens, notamment pour discréditer toute opposition par des informations tendancieuses. Ces mêmes médias commerciaux sont toujours actifs, maintenant au service de l’opposition à Correa.

En outre les documents Wikileaks sur l’Equateur montrent que la police et l’armée, que l’ambassade accuse maintenant de corruption, avaient été financées pendant des décennies par la même ambassade états-unienne. Une des premières décisions du Président Correa a précisément été de mettre un terme à ce financement de la police par l’ambassade des Etats-Unis.

Et enfin encore ceci : les documents de Wikileaks révèlent que les Etats-Unis sont bien contrariés parce que Correa ‘est le président le plus populaire de l’histoire de l’Equateur’.

Tout ceci est naturellement sans intérêt pour la VRT pour comprendre l’attitude du Président Correa à l’égard de l’ambassadeur des Etats-Unis et de Wikileaks.

Il apparaît que les ’réactions’ datent de deux ans

Selon le journaliste Spillebeen bien des organisations de défense des droits humains
ont été surprises par la décision récente d’Assange. Il cite, comme on peut lire dans l’article d’Esther Adley et Beatrice Woolf du Guardian Reporters Sans Frontières, le Comité de Protection des Journalistes et Amnesty International. Il apparaît toutefois qu’aucune de ces organisations n’a réagi aux évènements récents mais que leurs déclarations sur l’Equateur datent d’il y a deux ans.

Il y a cependant bien une réaction directe, celle du directeur de Human Rights Watch. Cette organisation place l’Equateur en deuxième position après Cuba en ce qui concerne l’absence de liberté d’expression ’dans la région’. Le caractère tendancieux des rapports de Human Rights Watch est bien connu et appelle au moins une comparaison avec d’autres rapports ; c’est en tout cas particulièrement ’ironique’ car dans ses rapports il s’agit de journalistes qui avaient été poursuivis en Equateur pour avoir critiqué la répression sous les prédécesseurs de Correa.

Pour résumer : une organisation états-unienne des droits de l’homme critique la répression des médias dans un pays où cette répression frappe des médias qui avaient pris position contre les régimes soutenus par le gouvernement des Etats-Unis.

Cette organisation de défense des droits de l’homme utilise alors cette critique pour attaquer le premier président du pays qui agit contre cette répression dont il a d’ailleurs été personnellement victime. On bondirait pour moins que cela.

On peut donc plutôt estimer que le choix de l’Equateur est une décision rationnelle mûrement réfléchie. C’est frappant comment la soi-disant pression du temps et d’autres facteurs agissent toujours dans l’autre sens pour la VRT.

Ceci n’est qu’un exemple

Bien sûr les journalistes concernés ne sont pas les pires. Et la VRT elle-même permet parfois la nuance. Ce ne serait dons pas correct de montrer du doigt seulement ces deux journalistes. Le manque de temps est souvent un réel problème et on ne peut toujours être parfaitement au courant de tout.

L’entretien radio dont il est question ici est pourtant symptomatique de ce qui ne va pas dans les grands médias de ce pays et du reste du monde. Le journalisme d’investigation est mort depuis un certain temps et déclaré démodé. Des intérêts commerciaux et idéologiques prévalent.

Le filtre principal est idéologique

Les médias (avant c’étaient surtout des journaux) ont toujours été partisans. Ils présentaient une version des faits colorée idéologiquement. Tout n’était pas parfait, mais les médias d’alors avaient un avantage : le lecteur était au courant de ce qu’ils représentaient.

On a remplacée cette structure de médias clairement et ouvertement idéologiques par d’autres structures médiatiques commerciales. De plus ces anciens médias existaient dans un contexte d’une société de progrès social. Maintenant il n’y a que ‘déglingue sociale’ (la terminologie du jour est ‘austérité’).

‘Commercial’ égale ‘néolibéral’

Ce qu’on a maintenant, ce sont des médias qui affichent l’illusion de la neutralité et de l’objectivité mais qui en sont loin. Il y a un agenda idéologique caché. Si c’était vraiment la pression du temps et des facteurs analogues, on pourrait s’attendre à ce que le résultat aille un peu dans toutes les directions. Ce n’est pas le cas. Les tendances vont toujours dans le même sens.

C’est aussi le cas ici. Les informations concernant Assange sont constamment négatives, dévalorisantes et/ou pas intéressées. Il n’y a pas de contexte, pas d’arrière-plan, pas d’antécédents et évidemment pas d’analyse.

Assange est celui qui a révélé les crimes de guerre des USA et de l’Otan en Afghanistan et en Irak, entre autres avec des images de tueries. Les mêmes médias qui exhibent sans hésiter d’horribles photos de massacres en Syrie (que personne ne nie) refusent systématiquement depuis des années de publier des photos, bien plus nombreuses, des tueries en Afghanistan et en Irak.

Le résultat est ce qu‘on peut attendre. Toutes les enquêtes montrent que la crédibilité des grands médias n‘a jamais été aussi faible. Cette situation ne s’améliore pas. La question est seulement si nous devons continuer à l‘accepter.

Souce originale : De wereld morgen
Traduit du néerlandais par Annette Pagnoulle pour Investig'Action
http://www.michelcollon.info/Julien-Assange-ou-la-faillite.html

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Re: Wikileaks, Assange, Mannings, ...

Message  Non2 le Mar 21 Aoû - 20:15

Après la tentative d'assaut de la police britannique contre l'ambassade d'Équateur !

Déclaration de Julian Assange à l’Ambassade d’Equateur à Londres.
Julian ASSANGE

Je suis ici parce que je ne peux pas être avec vous. Merci d’être venus. Merci pour votre obstination et votre générosité d’âme.

Mercredi soir, après qu’une menace ait été envoyée à cette ambassade et que la police ait assailli le bâtiment, vous êtes venus en pleine nuit pour veiller sur lui, et vos yeux sont devenus les yeux du monde entier.

A l’intérieur de l’Ambassade, après la tombée de la nuit, nous avons pu entendre des équipes de policiers pénétrer dans l’immeuble par la sortie de secours. Mais je savais qu’il y aurait des témoins. Et ceci grâce à vous.

Ce soir-là, si le Royaume Uni n’a pas jeté par-dessus bord les Conventions de Vienne, c’est parce que le monde entier observait. Et le monde entier était en train d’observer parce que vous étiez là en train d’observer.

La prochaine fois que quelqu’un vous dira qu’il est inutile de défendre ces droits qui nous sont chers, rappelez-leur votre nuit de veille devant l’Ambassade d’’Equateur.

Et comment au matin le soleil s’est levé sur un monde différent, et comment un pays courageux d’Amérique Latine a pris position en faveur de la Justice.

Alors, à tous ces gens courageux... Je remercie le Président Correa pour le courage dont il a fait preuve en prenant en compte et en m’accordant l’asile politique.

Et je remercie aussi le Gouvernement et le Ministre des Affaires Étrangères, Ricardo Patiño qui, en examinant mon cas, ont défendu la Constitution équatorienne et la notion de Droits Universels.

Je remercie aussi le peuple d’Equateur qui a soutenu et défendu cette Constitution.

Et j’ai une dette de gratitude envers le personnel de cette ambassade, dont les familles vivent à Londres, et qui ont fait preuve d’hospitalité et de gentillesse en dépit des menaces qu’elles ont reçues.



Ce vendredi, il y aura une réunion d’urgence des Ministres des Affaires Etrangères d’Amérique Latine à Washington DC pour parler de cette affaire.

Aussi suis-je profondément reconnaissant aux peuples et aux gouvernement d’Argentine, du Brésil, du Chili, de la Colombie, du Salvador, du Honduras, du Mexique, du Nicaragua, du Pérou, du Vénézuéla et de tous les pays d’Amérique Latine qui viennent défendre le droit d’asile.

Aux peuples des États-unis, du Royaume Uni, de la Suède et de l’Australie qui m’ont soutenu avec force, même quand leurs gouvernements ne l’ont pas fait. Et à toutes les têtes sages dans les gouvernements qui luttent encore pour la Justice. Votre jour viendra.

Au personnel de Wikileaks, à ceux qui l’ont soutenu et à ses sources, dont le courage, l’engagement et la loyauté n’ont pas connu d’équivalent.

A ma famille et à mes enfants, à qui on a refusé le droit d’être près de leur père. Qu’ils me pardonnent. Nous nous retrouverons bientôt.

Avec Wikileaks sous la menace, le sont aussi la Liberté d’Expression et la santé de nos sociétés. Nous devons profiter de ce moment pour exprimer le choix auquel est confronté le gouvernement des Etats-Unis. Reviendra-t-il et réaffirmera-t-il les valeurs sur lesquelles a été fondé le pays. Ou basculera-t-il dans l’abime en nous entraînant tous dans un monde dangereux et oppressif, devant lequel les journalistes gardent le silence par crainte des persécutions et où les citoyens doivent chuchoter dans le noir.

Je dis qu’il doit faire demi-tour.

Je demande au Président Obama de faire le bon choix. Les États-Unis doivent renoncer à leur chasse aux sorcières contre Wikileaks.

Les Etats-Unis doivent arrêter l’enquête confiée au FBI. Les Etats-Unis doivent s’engager à ne pas persécuter notre personnel et ceux qui nous soutiennent.

Les Etats-Unis doivent donner leur parole devant le monde entier qu’ils ne persécuteront pas les journalistes pour avoir révélé les crimes secrets des puissants.

Ils ne doivent plus tenir de propos ridicules sur la persécution d’un média quel qu’il soit, Wikileaks ou le New York Times.

La guerre menée par l’administration des Etats-Unis contre ceux qui font passer l’’information doit prendre fin.

Thomas Drake, William Binney, John Kirakou et autres héroïques informateurs doivent absolument être graciés, et indemnisés pour les difficultés qu’ils ont rencontrées au service de l’information publique.

Le Soldat de l’Armée qui est actuellement dans une prison militaire à Fort Leavenwroth, dans l’état du Kansas, dont l’ONU a constaté qu’il avait subi des mois de tortures en détention à Quantico, dans l’état de Virginie, et qui n’a pas encore – après deux ans de prison – eu droit à un procés, doit être libéré.

Si Bradley Manning a réellement fait ce dont on l’accuse, c’est un héros, un exemple pour nous tous, et l’un des plus importants prisonniers politiques au monde.

Bradley Manning doit être libéré.

Mercredi, Bradley Manning a passé son 815ème jour en prison sans jugement. Le maximum légal est de 120 jours.

Jeudi mon ami Nabeel Rajab, a été condamné à 3 ans pour un « tweet ».

Vendredi un groupe de musique Russe a été condamné à 2 ans de prison pour une prestation à caractère politique.

Il y a une unité dans la répression.

Il faut une unité absolue et déterminée dans la riposte.

Julian Assange



Source sur Cubadebate
Original en Anglais sur The Telegraph
Traduction de l’espagnol par Alma pour Le Grand Soir « avec probablement les fautes et coquilles habituelles », comme l’écrirait V. Dedaj…
http://www.legrandsoir.info/declaration-de-julian-assange-a-l-ambassade-d-equateur-a-londres.html




EDIT :
Déclaration de Guayaquil en soutien à la République de l’Equateur - Le Conseil des Ministres des Affaires Etrangères de l’UNASUR

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